Le procès contre le «polisario» pour génocide s'ouvre en Espagne
Les violations des droits de l'homme commises par le «polisario» ont été mises à nu, lundi, par des victimes sahraouies à l'Audience nationale, la plus haute juridiction pénale espagnole.
Ces victimes, qui avaient déposé plainte contre des dirigeants du «polisario» pour génocide et violations graves des droits de l'Homme à Tindouf, ont livré au juge de l'Audience nationale, Pablo Ruz, un témoignage poignant sur le calvaire qu'elles ont vécu dans les camps de Tindouf et les pires souffrances endurées sous les ordres du «polisario».
Dahi Aguai, président de l'Association des portés disparus au Polisario, et victime lui-même de ces actes, et Saâdani Malainine, ayant reçu des notifications du tribunal madrilène pour témoin, ont décrit les conditions inhumaines dans lesquelles ils ont vécu dans les camps de Tindouf ainsi que les pratiques de torture qu'ils ont subies et dont ils gardent de graves séquelles.
«Nous avons décrit au juge les violations des droits de l'homme dont nous avons été victimes pendant des années dans les camps de Tindouf», a déclaré Dahi Aguai à la presse au terme de sa comparution, ajoutant que les deux victimes ont ratifié les accusations de «génocide, torture, disparitions forcées, détention illégale et violations graves des droits de l'Homme» contre une trentaine de responsables du «polisario».
Aguai, qui porte encore sur son corps les traces de la torture infligée par les mercenaires du «polisario», a, dans le même sens, indiqué qu'il a saisi le juge des conditions de vie déplorables dans les camps de Tindouf, faisant savoir que les victimes ont été soumises aux pires pratiques dégradantes et inhumaines.
Saâdani Malainine, fille du défunt El Wali Seikh Slama, a souligné, dans une déclaration similaire, que «ce jour est historique pour les victimes du +polisario+ ayant subi le calvaire dans les camps de Tindouf», notant que les victimes veulent que l'opinion publique espagnole et internationale soit informée des souffrances des milliers de sahraouis dans les camps de la honte.
Cette ancienne déportée à Cuba à l'âge de 5 ans, a affirmé avoir dévoilé devant le juge les pires abus et violations que sa famille a subis à Tindouf et les tortures infligées à son père devant ses yeux, notamment par Sid Ahmed Batal, «ministre» de l’Information.
«Nous voulons que justice soit faite et que les accusés dans cette affaire n'échappent pas à la justice et répondent de leurs crimes graves contre des milliers de victimes innocentes», a-t-elle insisté, faisant part de la confiance des victimes en la justice d'un «pays démocratique» comme l'Espagne pour que la vérité soit connue.
Pour sa part, l'avocat des victimes, José Manuel Romero, a signalé dans une déclaration à MAP-Madrid que Dahi Aguai et Saâdani Malainine ont été soumis à une expertise médicale pour faire constater les tortures subies par leurs clients avant de délivrer leurs témoignages devant le juge, ajoutant que d'autres victimes seront convoquées dans le cadre de cette affaire.
La juge espagnole, qui avait jugé recevable cette plainte, déposée en 2007, prend au sérieux ce procès et ira jusqu'au bout pour dévoiler la vérité, a-t-il fait observer.
Outre les deux victimes, le juge a entendu également un témoin. Il s'agit de Mustapha El Kouri qui a indiqué à MAP-Madrid avoir décrit à Pablo Ruz les affres endurées par les victimes dans les camps de Tindouf, ainsi que les pratiques suivies par les dirigeants du «polisario» afin de massacrer la population.
Les populations séquestrées dans les camps de la honte continuent de vivre dans des conditions déplorables, en violation flagrante des plus élémentaires des droits humains, a-t-il encore dit.
Le juge de l'Audience nationale chargé de ce dossier avait demandé dernièrement à la police espagnole de localiser les personnes accusées dans cette affaire et de leur notifier la plainte.
Il est à rappeler que le juge de l'Audience nationale avait accepté la plainte, déposée le 14 décembre 2007 par des victimes sahraouies contre des dirigeants du «polisario» et des officiers de la sécurité et de l'armée algériennes, pour «génocide, torture, disparitions forcées, détention illégale et violations graves des droits de l'Homme».
Parmi les 29 accusés objet de la plainte figurent notamment l'ex-représentant du «polisario» en Espagne, Brahim Ghali (actuellement en Algérie), le «ministre» de l'information, Sid Ahmed Batal, «ministre» de l'éducation, Bachir Mustapha Sayed, et l'actuel représentant des séparatistes en Espagne, Jandoud Mohamed. Figurait également sur la liste l'ex-représentant du «polisario» aux Iles Canaries, Mohamed Luchaâ, décédé dernièrement à Las Palmas.
Les dénommés Khalil Sidi Mhamed, «ministre» des colonies, et Mohamed Khaddad, actuel coordinateur avec la MINURSO et ancien directeur général de la sécurité militaire, devront également répondre de leurs crimes devant la juridiction espagnole pour tortures à l'encontre des populations des camps de Tindouf.
(Avec MAP)
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