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ECONOMIE

Economie : les dossiers chauds sur la table du chef du gouvernement

Plusieurs dossiers en instance sur la table du chef du gouvernement, que ce soient la compensation, les retraites, le commerce extérieur ou la fiscalité. D’autant que plusieurs partenaires du développement du pays attendent un signal fort de la part du Maroc, au premier rang desquels le FMI. Médias 24 revient sur les grands chantiers qui attendent le gouvernement. 

Economie : les dossiers chauds sur la table du chef du gouvernement
Mélanie Xuereb
Le 5 juillet 2013 à 17h24 | Modifié 5 juillet 2013 à 17h24
La compensation : quels sont les éléments de l’équation ?
 
Avec la hausse des prix des produits énergétiques et alimentaires, la facture de compensation a atteint un niveau insoutenable pour les finances de l’Etat, malgré la hausse des prix de l’essence à la pompe en juin 2012. La réforme apparaît donc nécessaire, d’autant plus que selon les études menées par le HCP, la compensation bénéficie davantage aux tranches les plus aisées de la population qu’aux plus pauvres.
 
Cette réforme est hautement sensible car elle va nécessairement entraîner une hausse des prix généralisée, les produits subventionnés étant des entrants dans la production de beaucoup d’autres produits. Cette hausse de l’inflation aura donc nécessairement des répercutions sur le niveau de vie des ménages, en particulier des ménages les plus pauvres, avec un risque d’aggravation des tensions sociales. Les effets de la réforme doivent donc être amortis par la mise en place de mécanismes de filets sociaux ciblés sur les populations les plus pauvres.
 
Face à ces enjeux, le gouvernement, comptant sur une stabilisation des cours après la baisse de ces derniers mois, n’annonce pour l’instant que la mise en place après le ramadan d’un système d’indexation partielle pour les produits pétroliers et une couverture du risque de hausse des cours, pour limiter la hausse de la facture de compensation.
 
Les retraites : vers quoi s’achemine-t-on ?
 
La réforme des retraites, devant laquelle le Chef du gouvernement a affirmé il y a quelques semaines qu’il ne reculerait pas, est justifiée par la multiplicité des caisses de retraite, la faiblesse de la population active occupée et la faiblesse de la part des travailleurs affiliés à un régime de retraite. Cette conjonction de facteurs menace la pérennité du système de retraite marocain sur le long terme.
 
Un premier axe de réforme concerne donc la fusion des caisses de retraite, si ce n’est des trois régimes obligatoires, au moins des deux régimes publics (CMR et RCAR) qui subissent le contre coup à la fois de la limitation des recrutements dans le secteur public et des privatisations.
 
Mais le véritable challenge de cette réforme consiste à accroître le nombre des cotisants à la fois par une réforme du marché du travail qui permette un meilleur accès à l’emploi des jeunes et des femmes et par une lutte contre l’économie informelle dont les travailleurs ne sont pas protégés. Cette lutte passe notamment par une réforme de la fiscalité.
 
Le commerce extérieur : à la recherche de la compétitivité perdue
 
Sous la poussée des importations, le déficit commercial s’est considérablement accru ces dernières années, la progression des exportations étant insuffisante pour maintenir l’équilibre. En effet, l’offre marocaine sur le marché mondial est concentrée sur quelques produits et quelques marchés, son contenu technologique reste faible avec un faible niveau d’innovation et une main d’œuvre encore insuffisamment qualifiée.
 
Face à ce manque de compétitivité, grande est la tentation d’une dévaluation qui boosterait les ventes de produits marocains par la diminution mécanique de leur prix en devise. Mais la nouvelle tendance à la hausse de l’endettement extérieur et la part importante des importations incompressibles du fait notamment de la dépendance énergétique du pays invitent à y réfléchir à deux fois. D’autant que près des trois quart des exportations marocaines sont des réexportations suite à un perfectionnement actif, ce qui limite encore l’effet compétitivité attendu d’une dévaluation.
 
Par conséquent, face à l’érosion de la compétitivité du pays sur le marché mondial, la voie la plus pérenne est de nouveau la voix des réformes qui vont dans le sens d’une mise à niveau des secteurs exportateurs ou potentiellement exportateurs, telle que prévues dans la stratégie Maroc export plus, et la mise en œuvre d’une stratégie de remontée des filières. Le Maroc est effectivement positionné jusqu’à présent essentiellement sur des segments à faible valeur ajoutée.
 
La réforme fiscale : faire de l’impôt un outil de développement
 
Cette réforme vise à rationaliser la collecte de l’impôt en répartissant plus équitablement sa charge par un accroissement de la lutte contre la fraude fiscale, qui passe aussi par une formalisation de l’informel, par une fiscalité adaptée aux TPE et PME, une disparition progressive de l’exonération de certains secteurs de l’économie, tels que l’agriculture, ou encore l’instauration d’une réellement progressivité dans le barème de l’impôt sur le revenu.
 
La question fiscale est donc au cœur de toutes les autres réformes puisqu’elle touche à la fois la compétitivité des entreprises, aussi bien pour l’exportation que pour la substitution aux importations, la pérennité du système de retraite via le secteur informel ou encore le financement de la compensation ou des mécanismes qui pourraient lui être substitués.
 
Au final, le gouvernement de Abdelilah Benkirane est donc attendu sur plusieurs dossiers chauds. Face au caractère sensible de certaines réformes, la tentation est forte de les contourner ou de se contenter de demi-mesures, mais le pays a besoin de ces réformes pour ne pas s’enfoncer dans l’endettement et renouveler les moteurs d’une croissance qui montre des signes de faiblesse.
 

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Mélanie Xuereb
Le 5 juillet 2013 à 17h24

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