Turquie: la justice invalide le projet urbain de la place Taksim à l'origine des derniers troubles
Un tribunal d'Istanbul a annulé le projet d'aménagement urbain de la place Taksim, à l'origine du mouvement de contestations anti-gouvernement, qui a secoué plusieurs villes turques pendant plus de trois semaines, a rapporté la presse turque.
La première cour administrative, qui a rendu son verdict début juin, mais dont les détails viennent d'être dévoilés par la presse turque, a justifié sa décision par le fait que la «population locale» n'avait pas été consultée sur ce projet très controversé, qui était à l'origine d'un large mouvement de protestation sans précédent contre le gouvernement et son Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, accusé de «dérives autoritaires».
La cour a justifié également son jugement par le fait que le plan directeur du projet viole les règles de préservation en vigueur et l'identité de la place et de son Parc Gezi, selon le texte du jugement cité par la presse turque.
Erdogan avait annoncé, le 14 juin dernier, que son gouvernement allait respecter la décision finale de la justice dans ce dossier et qu'il suspendait les travaux d'aménagement jusqu'au verdict définitif.
La Turquie a fait face à des troubles sans précédent qui ont commencé par un sit-in d'une poignée de militants associatifs, qui protestaient contre le déracinement des arbres du Parc Gezi de la place Taksim, dans le cadre d'un projet urbanistique, prévoyant notamment la construction à sa place d'un centre commercial, qui a dégénéré, suite à une intervention musclée des forces de l'ordre, en un mouvement de contestation général contre le gouvernement et ses politiques jugées trop conservatrices et menaçant les valeurs de la laïcité.
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