La BM s'engage à bâtir des systèmes de santé équitables et responsables dans la région MENA
La Banque mondiale (BM) a lancé, mercredi à Tunis, la nouvelle stratégie régionale dans le secteur de la santé qui définit des modalités d'intervention visant à établir des systèmes de santé équitables et responsables dans la région du Moyen-Orient et Afrique du Nord.
«Notre stratégie d'engagement en faveur du secteur de la santé dans la région MENA vient à point nommé et répond aux aspirations des populations qui veulent plus d'équité et de responsabilité financière», a déclaré Inger Andersen, vice-président de la Banque mondiale pour la région MENA.
Cité par un communiqué de la Banque mondiale, Andersen a également relevé que les équipes du groupe sont résolues à travailler en étroite collaboration avec tous les pays de la région MENA pour définir des solutions pratiques et durables permettant d'améliorer l'accès à des soins de santé de qualité.
La Banque relève, dans son communiqué, que les pays de la région MENA comptent parmi ceux qui ont les plus faibles dépenses publiques en faveur de la santé et juge que l'accès aux services de santé n'est pas équitable, et que la qualité des soins est très inférieure aux attentes des populations.
De ce fait, la toute dernière stratégie régionale de la Banque mondiale pour la santé ambitionne d'inverser la situation en investissant dans des systèmes de santé équitables et responsables, indique le communiqué.
Lancé sous le thème, «œuvrer pour l'équité et la responsabilité financière des systèmes de santé au Moyen-Orient et en Afrique du Nord», le rapport de la Banque souligne que les gouvernements des pays de la région affectent en moyenne seulement 8% des budgets nationaux à la santé, contre 17% en moyenne dans les pays de l'OCDE.
Par ailleurs, la BM précise que dans les régions à faible revenu et les régions à la traîne, la concrétisation des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) demeure un défi de taille compte tenu des taux importants de mortalité maternelle et infantile et de malnutrition, d'autant que près de 60% des enfants yéménites présentent des retards de croissance.
«La réponse à la double difficulté posée par la réalisation des OMD et la prise en charge du fardeau croissant de MNT et de traumatisme ne réside pas seulement dans l'augmentation des dépenses de santé», a déclaré Enis Baris, directeur sectoriel de la Banque mondiale pour la santé dans la région MENA et co-auteur de la stratégie.
«Notre stratégie appelle une révision fondamentale des valeurs et des principes qui régissent les systèmes de santé et des cadres institutionnels existants en vue de la mise en place d'une gouvernance pluraliste et responsable des systèmes de santé. Guidée par cette réflexion, notre stratégie est le fruit d'un processus itératif qui s'est déroulé sur une année entière et qui vise à répondre aux vœux des populations de la région MENA», a-t-il ajouté.
Sur l'échelle nationale, le communiqué précise que, plus de la moitié de l'ensemble des dépenses de santé sont privées, ce qui limite considérablement l'accès aux soins pour les Marocains, notamment les pauvres, les personnes non assurées et les ruraux.
«En dépit des progrès considérables dans la santé publique du Maroc au cours des dernières décennies, notamment le recul de la mortalité maternelle et infantile, les indicateurs de développement humain restent en-deçà des résultats escomptés», a déclaré Simon Gray, directeur des opérations de la Banque mondiale dans le Maghreb.
«Cette stratégie sera adaptée au contexte de chaque pays et aura pour principes de base d'autonomiser les citoyens et de responsabiliser le secteur en vue de mettre en place une prestation de soins de haute qualité. La Banque mondiale est tout acquise à apporter son assistance au Maroc dans cette entreprise et à lui fournir une aide financière et technique pour relever les défis actuels et ceux qui se profilent à l'horizon», a-t-il noté.
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