Pour George Papandréou, la région méditerranéenne doit renforcer la coopération régionale et la démocratie

L’ancien Premier ministre grec, qui s’est exprimé à Rabat, appelle à davantage de cohésion, de justice et de transparence pour faire avancer la démocratie autour du bassin méditerranéen.  

Pour George Papandréou, la région méditerranéenne doit renforcer la coopération régionale et la démocratie

Le 25 juin 2013 à 15h39

Modifié 25 juin 2013 à 15h39

L’ancien Premier ministre grec, qui s’est exprimé à Rabat, appelle à davantage de cohésion, de justice et de transparence pour faire avancer la démocratie autour du bassin méditerranéen.  

Entre crise économique en Europe du Sud et instabilité politique en Afrique du Nord, les populations ne se retrouvent plus et leurs jeunes gens traduisent leur frustration à travers la résignation, laviolence, de la xénophobie au populisme et de l'autoritarisme au fondamentalisme. Tel est le constat dressé par George Papandréou, ancien Premier ministre grec, au cours d’une allocution lundi 24 juin à Rabat.

George Papandréou s’exprimait à l’Ecole de Gouvernance et d’Economie (EGE) dans la cadre d’une conférence sur la «crise financière internationale et son impact sur la zone euro-méditerranéenne». Il était l'invité de l’Union Socialiste des Forces Populaires (USFP) en tant que Président de l’Internationale Socialiste depuis juin 2006.

Pour l’homme politique, les défis actuels sont différents et portent sur la création de plus de justice et de cohésion sociales. D’ailleurs, les pays qui ont su demeurer les plus productifs et les plus compétitifs «sont ceux qui ont tôt investi dans l’éducation, la recherche, la santé, la protection des droits de la femme et de l’enfant et ont su maintenir une cohésion sociale des plus solides sans exclure leurs minorités» a-t-il avancé.

Le besoin le plus urgent est donc de renforcer les véritables piliers de la démocratie. Pour ce faire, l’ex-chef du gouvernement hellénique estime que cela revient à dépasser les conflits politiques et régionaux, favoriser le travail d’ensemble, de coopération et orienter les investissements vers des pôles stratégiques susceptibles d’améliorer la compétitivité des pays, de réduire le chômage des jeunes et de répondre également à des problématiques contemporaines telles le changement climatique ou encore la protection de données personnelles.

Pour Papandréou, la transparence en politique, la responsabilisation et la méritocratie sont également des préoccupations auxquelles il faut savoir trouver réponse, et «cela ne passera que par une participation collective et créative de nos citoyens» a-t-il déclaré.

M. Papandreou a particulièrement insisté sur la complexité de la transformation des Etats autoritaires dans la région méditerranéenne vers des systèmes plus démocratiques et plus ouverts. Il a évoqué la nature clientéliste de certains systèmes en place et insisté sur la nécessaire transformation à travers des instruments de transparence fort. A ce titre il a précisé que, selon une étude de Brookings Institution, l’impact de la mise en place de procédures transparentes dans les processus d’attribution des marchés publics peut être extrêmement puissant et aurait pu représenter 8% du PIB grec

Il est également revenu sur l’idée d’arriver à mettre en place des niveaux de coopération plus ambitieux en Méditerranée notamment à travers les projets d’énergie verte.

Au sujet des niveaux et modèles de coopération, M. Papandréou a accordé à Médias 24 les réponses suivantes :

Dans votre discours, vous avez appelé à davantage d’intégration et de renforcement des modèles d’union. La Grèce a pourtant fait les frais d’une union monétaire qui ne lui a pas profité véritablement. Il y a-t-il encore une partie idéale dans ce type de modèle ?

A mon sens, le problème n’est pas vraiment celui de l’union monétaire, le problème aujourd’hui est celui d’une union démocratique des sociétés et la nécessité d’un travail d’ensemble. Certaines personnes pensent qu’en raison de la crise, nous oublions de parler de ce type de coopération. Or, c’est faux. Je dirai même que c’est l’opposé. C’est à cause de la crise et de sa nature, qui a par ailleurs dépassé nos frontières, que nous avons besoin de plus de compréhension, de coopération et de solidarité.

Les économies sont disparates et leurs structures différentes. Comment peut-on assurer que l’union leur profitera ?

Si nous avons des unions monétaires comme c’est le cas aujourd’hui, nous devons prendre les mesures nécessaires pour remédier aux déséquilibres des différents pays. Si vous prenez l’exemple des Etats-Unis, c’est un modèle fédéral de plus de 50 Etats qui comptent des Etats riches et d’autres pauvres. Ils estiment qu’il est possible de subventionner l’emploi, la santé et l’éducation. En Europe, le cas est différent, nous avons d’autres traditions et des problèmes liés à notre identité qui n’est pas aussi solide. Cela rend les choses plus difficiles. A ce niveau, on se pose alors d’autres questions comme, par exemple : devons laisser tomber notre souveraineté au profit d’institutions plus intégrées ?

La souveraineté des pays est-elle donc compromise dans ce cas ?

Si, par exemple, vous donnez le pouvoir à Bruxelles, alors la question devient : comment pouvons-nous contrôler ce pouvoir ? Une solution pourrait être d’avoir un président européen élu par le peuple européen ou, comme il a été proposé auparavant, un ministère européen des finances et de l’économie élu par le gouvernement européen. Donc, nous devons, en somme, repenser les différents moyens de coopération. Ce qui est intéressant pour l’Europe aujourd’hui, et qui devrait l’être pour toutes les régions du monde,  c’est que nous essayons de coopérer davantage au-delà de nos frontières. Il devrait y avoir une intégration régionale partout dans le monde, en Asie, en Amérique latine et également en Afrique.

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