Le temps du festival : Mogador, une mine d'or
C’est le weekend ! Essaouira, l’air chaloupé, a célébré la 16ème édition du Festival Gnaoua et des musiques du monde, du 20 au 23 juin. Estivants, locaux et commerçants, tous y trouvent leur compte. Reportage sur les activités économiques en marge du festival.
Bordant l’enceinte de la médina, un stand d’exposition regroupant quelques coopératives venues présenter leurs produits, œuvres ou réalisations. Dimanche sera le dernier jour d’exposition, l’occasion d’écouler ce qui reste encore dans les étalages. Touria est une des exposantes, membre d’une coopérative de production d’huile d’argan. Pour elle, le festival d’Essaouira fait partie des rares occasions où elle peut faire connaître son produit. « Hormis ce genre de foires, il est difficile de trouver des partenaires commerciaux,» nous confie-t-elle.
Quelques mètres plus loin, forçant l’étonnement, un restaurant bar animé affiche complet. Les clients attablés écoutent religieusement la musique entraînante d’une troupe de musiciens gabonais. « Il n’y a jamais autant de monde que lors du festival,» constate la chanteuse du groupe, au nom évocateur, Divine Parviendra.
Les propriétaires d’appartements destinés à la location se frottent les mains à leur tour, et pour cause, ils pratiquent des prix deux fois plus chers que la normale. Ainsi, le prix d’un deux chambre plus salon qui, au cours de l’année, coûte environ 300 DH/nuit, passe à plus de 500 DH durant les 4 jours du festival.
Najat, une propriétaire d’appartements dans le quartier Chaabi, nous explique les raisons de cette hausse : « Comprenez ! La plupart du temps, quand ils arrivent en printemps ou durant l’automne, les visiteurs étrangers préfèrent être logés à l’hôtel. Mais durant le festival, ils ne trouvent d’autres endroits que les appartements. Ce n’est pas une aubaine pour nous, c’est seulement un moyen de combler, un tant soit peu, le manque d’affluence constaté durant l’année ».
Du coup, les commerces de quartier ne sont pas non plus en reste, leurs prix sont revus à la hausse. Pour certains, le prix du pain est 30 centimes plus cher, et la facture du sucre est plutôt salée, 8 DH le kilo au lieu des 6,50 DH habituels … etc. Bref, le plaisir du voyage a décidément un prix !
Dans les rues de la ville, une bande de jeunes Souiris au look facétieusement insolent, courtisent quelques touristes françaises et espagnoles en mal de compagnie. « La nationalité, mon frère ! » nous lance un Don Juan entre deux clins d’œil.
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