img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
LE FIL

Ryanair tente encore, en vain, d'échapper à son procès pour travail dissimulé

La compagnie aérienne irlandaise à bas coûts Ryanair, poursuivie pour avoir enfreint le droit social français à l'aéroport de Marseille, a tenté de nouveau, jeudi, d'échapper à son procès devant le tribunal correctionnel d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), sans réussir cette fois.  

Ryanair tente encore, en vain, d'échapper à son procès pour travail dissimulé
AFP
Le 30 mai 2013 à 11h21 | Modifié 30 mai 2013 à 11h21

Le champion européen du «low cost» avait obtenu un renvoi fin janvier en faisant valoir qu'il n'avait pas reçu de citation à comparaître, pourtant remise aux autorités irlandaises, et qu'un de ses conseils fraîchement arrivé sur le dossier - en cours depuis fin 2009 - avait encore besoin de temps pour préparer sa défense.

La juridiction aixoise, agacée, soupçonnait à demi-mot une obstruction de la justice irlandaise et des manoeuvres dilatoires. Elle avait renvoyé l'audience à fin mai et comptait bien, désormais, juger Ryanair pour travail dissimulé; entrave au fonctionnement du comité d'entreprise, à celui des délégués du personnel, à l'exercice du droit syndical; et emploi illicite de personnels navigants (non affiliés au régime complémentaire obligatoire de retraite).

Plusieurs compagnies comme easyJet ont été condamnées en France pour des faits similaires depuis 2010.  «Je constate que l'avocat qui avait demandé le renvoi n'est plus dans le dossier aujourd'hui», soulignait d'emblée jeudi la présidente du tribunal, Véronique Imbert.

Mais la remarque n'empêchait pas Ryanair, représentée par quatre avocats en l'absence de tout dirigeant, de plaider encore la nullité de la procédure. «Aucune citation n'a été délivrée à Ryanair et rien dans le dossier ne démontre qu'elle l'a été», soutenait Luc Brossollet.

Son confrère Marc-Antoine Lévy écartait toute obstruction irlandaise et reprochait également à l'accusation de ne pas avoir précisé, dans l'ordonnance de renvoi de l'affaire devant le tribunal, la liste des salariés concernés par la procédure - une liste figure cependant au dossier. «En l'état, il apparaît à la défense que le tribunal ne peut retenir cette affaire», martelait l'avocat, estimant aussi que la demande d'indemnisation de l'Urssaf, l'une des parties civiles qui réclame quatre millions d'euros de cotisations non versées à Ryanair, relevait du tribunal des Affaires sociales, et non d'une juridiction pénale.

«Malhonnêteté intellectuelle »

Après une suspension d'une heure, la procureure balayait ces arguments. «La compagnie est particulièrement mal placée pour donner des leçons à votre juridiction», assénait un avocat de l'Urssaf, accusant Ryanair de «malhonnêteté intellectuelle». Le tribunal joignait les incidents au fond et l'audience se poursuivait.

A l'origine de l'affaire, qui suscita un fracassant faux départ de Ryanair de Marseille en janvier 2011, des syndicats de personnels navigants - également parties civiles avec Pôle emploi - avaient porté plainte contre les pratiques de la compagnie sur l'aéroport de Marignane.

Début 2007, la compagnie décide d'y baser quatre avions et 127 salariés - dont une partie mise à disposition par des sous-traitants - sans déclarer cette activité ni au registre du commerce, ni à l'Urssaf. Pas plus qu'elle ne remplit de déclaration fiscale en France, ni n'applique à ses employés la législation française du travail.

C'est que le droit irlandais prévaut, argue Ryanair, qui nie avoir une «base d'exploitation» en Provence, ses salariés prenant selon elle leurs consignes au siège, à Dublin, pour une activité marseillaise temporaire, et volant dans des avions irlandais.

La justice estime à l'inverse que la compagnie mène une activité pérenne, et même croissante, depuis Marignane. L'enquête montre d'ailleurs que Ryanair y dispose de 300 m2 de locaux, avec des lignes fixes, 95 casiers, des sous-traitants et deux cadres reconnus comme supérieurs hiérarchiques. Une surveillance des parkings révèle aussi que les salariés vivent dans la région. Pour l'accusation, c'est le droit français qui s'applique aux personnels navigants des compagnies installées en France, comme le stipule un décret de 2006 transposant des règlements européens.

Mise en examen fin 2010, Ryanair avait répliqué en fermant sa base, bénéficiant du soutien d'élus locaux dont le maire UMP de Marseille, Jean-Claude Gaudin. Trois semaines plus tard, la compagnie rouvrait la plupart des lignes en affectant à Marignane deux avions pour la saison estivale, et non toute l'année, contournant ainsi la loi. Le réquisitoire est attendu vendredi.


 

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
AFP
Le 30 mai 2013 à 11h21

à lire aussi

Lancement du programme “Riaya” : deux conventions pour accompagner les jeunes après 18 ans
Quoi de neuf

Article : Lancement du programme “Riaya” : deux conventions pour accompagner les jeunes après 18 ans

Deux conventions-cadres ont été signées, jeudi 16 avril 2026 à Salé, dans le cadre du lancement du programme national "Riaya", visant l’accompagnement et l’insertion des enfants et des jeunes issus des établissements de protection sociale après l’âge de 18 ans.

Météo : le Sud et le centre sous la chaleur, un rafraîchissement prévu dès jeudi 23 avril 2026
Les prévisions à moyenne échéance

Article : Météo : le Sud et le centre sous la chaleur, un rafraîchissement prévu dès jeudi 23 avril 2026

Une vague de chaleur touche en cette mi-avril 2026 le sud et le centre du Maroc, avec des températures dépassant les normales saisonnières de 5 à 10°C. Cet épisode devrait se maintenir jusqu’au jeudi 23 avril 2026, avant un retour progressif à des conditions plus fraîches et instables en fin de semaine prochaine.

Élections 2026 : le gouvernement adopte un soutien financier aux candidats de moins de 35 ans
Elections 2026

Article : Élections 2026 : le gouvernement adopte un soutien financier aux candidats de moins de 35 ans

À quelques mois des législatives de 2026, l’exécutif a validé un nouveau décret destiné à faciliter l’accès des moins de 35 ans aux mécanismes de financement électoral. Le texte prévoit une prise en charge publique pouvant atteindre 75 % des dépenses validées.

CGEM : Mehdi Tazi et Mohamed Bachiri lancent officiellement leur campagne
BUSINESS

Article : CGEM : Mehdi Tazi et Mohamed Bachiri lancent officiellement leur campagne

Mehdi Tazi a officialisé, aux côtés de Mohamed Bachiri, le lancement de sa campagne pour la présidence de la CGEM. Une première réunion avec les fédérations industrielles a permis de recueillir attentes, défis et ambitions du secteur productif national.

Settavex : une condamnation à 104 MDH, des actifs aux enchères
BUSINESS

Article : Settavex : une condamnation à 104 MDH, des actifs aux enchères

Condamnée à payer plus de 104 millions de dirhams à Bank of Africa, le textilien Settavex traverse une séquence judiciaire critique. Son site industriel et ses équipements ont déjà été ciblés par des procédures de vente forcée.

La Région Casablanca-Settat lève 1 milliard de DH par emprunt obligataire
ECONOMIE

Article : La Région Casablanca-Settat lève 1 milliard de DH par emprunt obligataire

La Région Casablanca-Settat a annoncé ce jeudi 16 avril le succès d’une émission obligataire d’un montant de 1 milliard de DH sur le marché national des capitaux. Cette opération s’inscrit dans une stratégie de diversification des sources de financement du développement territorial.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité