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Selon une étude américaine, 66% des Marocains croient que la charia est révélation divine

Il s’agit bien sûr d’une construction humaine, dont une partie s’inspire de la Révélation. Voici les principales conclusions de cette étude.  

Selon une étude américaine, 66% des Marocains croient que la charia est révélation divine
Raja Khabcheche
Le 3 mai 2013 à 13h58 | Modifié 11 avril 2021 à 2h35

Le Pew Research Center vient de publier une vaste étude qui éclaire sur la perception que les musulmans se font de leur propre religion. Focus sur les cas du Maroc, de la Tunisie  et de l’Egypte.

Réalisée de 2008 à 2012, dans 39 pays auprès de 38.000 personnes, l’enquête de terrain Pew porte sur le thème « Religion, politique et société », dans le monde musulman de 1,6 milliard de personnes, étalé sur l’Asie, l’Afrique et le Moyen-orient.

La charia est-elle une révélation divine ?

La plupart des musulmans croient que la charia est la parole révélée de Dieu plutôt qu'un système normatif développé par les hommes, sur la base de la parole de Dieu. Dans 17 pays sur les 23 pays sélectionnés pour la question, au moins la moitié des musulmans pensent que la charia est une révélation de Dieu.

C’est en Afrique du Nord-Moyen-Orient que cette croyance est la plus grande. Au Maroc, comme en Tunisie, près de 7 personnes sur 10 (66%) et 8 personnes sur 10 en Egypte (75 %) comprennent la charia comme une révélation divine.

La charia est-elle ouverte à de multiples interprétations ?

Les opinions des musulmans diffèrent largement quant à savoir si la charia devrait être ou pas sujette à des interprétations multiples. Alors que beaucoup disent qu'il n'y a qu'une seule vraie interprétation, une grande majorité des Tunisiens et des Marocains (72% et 60%, respectivement) estiment que cette loi islamique ne devrait pas être appliquée à la lettre.

La charia concerne-t-elle tous les citoyens d’un même pays ?

Parmi les musulmans qui prônent la charia comme loi universelle, la plupart ne croient pas qu’elle devrait être appliqué aux non-musulmans.

Cette croyance est plus répandue surtout au Moyen-Orient et Afrique du Nord. Ce sont les Egyptiens (74%) qui  sont les plus grands défenseurs  de cette croyance.  4 Tunisiens sur 10, (40%)  et près de 3 Marocains sur 10 (29%) pensent que la charia devrait s'appliquer aux musulmans et non-musulmans.

Domaines d’application de la charia ?

Quand les musulmans dans différentes régions du monde disent qu'ils veulent la charia comme loi officielle du pays, ils partagent également une vision de la façon dont la charia doit être appliquée.  

Famille et Propriété, différends

Dans l'ensemble, les musulmans sont très favorables à l'application de la charia dans la sphère privée. Le sondage révèle un large soutien de l’idée de donner aux juges religieux le pouvoir de trancher en cas de différends, touchant aux questions domestiques et personnelles, tels que le mariage, le divorce et l’héritage.

Au moins la moitié des musulmans de 17 pays sur 20 pays échantillons, veulent bien de cette forme de justice. Ils sont neuf sur dix en Egypte (95%) et plus de 4 sur 10 (44%) en Tunisie à y être favorable.

Pénalité pour vol

Parmi les partisans de la charia, dans 10 pays étudiés sur 20, au moins la moitié disent qu'ils soutiennent les châtiments corporels tels que coups de fouet ou amputation d’organes (les mains pour les voleurs, par exemple.)

Au Moyen-Orient-Nord de l’Afrique, les Egyptiens sont les plus grands férus de ces peines (70%). En Tunisie, moins de la moitié (44%) des partisans de la loi islamique ont également appuyé ce type de sanctions pénales.

Lapidation pour adultère

Dans 10 des 20 pays où des échantillons d'analyse ont été relevés, au moins la moitié des musulmans prônant la charia, sont favorables à la lapidation des époux infidèles.

En Egypte, plus de huit sur dix défenseurs de la charia croient que les personnes adultères doivent être lapidées (81%). En Tunisie, ils sont près de 5 sur 10 (44%).

Pénalité pour la conversion à une autre religion

Dans la majorité des pays étudiés, on n’est pas favorable à l'exécution des musulmans convertis à une autre religion. En Égypte, la peine de mort déjà appliquée aux apostats est acceptée par la majorité de ses citoyens (86%). Environ le tiers des tunisiens qui défendent la charia aspirent également au retour de cette peine en Tunisie (29%).

La question de la femme

La plupart des musulmans estime qu'une femme doit pouvoir décider toute seule de porter ou non le voile. C’est le cas des Tunisiens (89%) et des Marocains  (85%). Les Egyptiens sont mitigés sur la question, moins de la moitié des personnes questionnées pensent que le voile est obligatoire (46%).

Une grande majorité de femmes et d’hommes pense que la femme doit obéir au mari, notamment au Maroc  (92%), en Tunisie (93%) et en Egypte (85%). En matière de divorce, ils sont nombreux les Marocains (73%) et les Tunisiens (81%) à croire que la femme a le droit de demander le divorce et seulement 22% des Egyptiens adhèrent à l’idée.

En matière d’héritage, les musulmans du Moyen-Orient-Nord de l’Afrique se démarquent du reste du monde musulman, par le faible pourcentage de ceux qui acceptent le partage à égalité entre la femme et l’homme : 15% au Maroc, 15% en Tunisie et 26% en Egypte. 

Le document intégral de l’étude (en anglais), ici.


 

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Raja Khabcheche
Le 3 mai 2013 à 13h58

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