Vaccination anti-Covid : des experts marocains répondent aux complotistes

Puce 5G, remplacement des pauvres par des robots, détérioration du système immunitaire, manque d'efficacité... Les critiques et théories complotistes sur les vaccins anti-Covid fusent. Voici les réponses de deux experts marocains.

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Vaccination anti-Covid : des experts marocains répondent aux complotistes

Le 29 novembre 2020 à 18:49

Modifié le 01 décembre 2020 à 16:08

Dès que les premiers cas de Covid-19 sont apparus dans le monde, ils ont été accompagnés de théories complotistes remettant en question la genèse du virus, voire même son existence. 

Une vague de scepticisme comparable accueille les dernières annonces relatives aux candidats-vaccins qui dévoilent les uns après les autres leurs taux d'efficacité, les partenariats signés avec les Etats, la préparation de la commercialisation desdits vaccins, etc. Les critiques qui fusent sont parfois rationnelles (demande d'accès aux datas des essais par exemple). D'autres sont complètement farfelues et fantaisistes.

Pour certains, le vaccin anti-Covid est peu voire pas du tout efficace car il a été préparé "beaucoup trop rapidement". D'autres prétendent qu'il s'agit d'un moyen pour introduire des puces (5G généralement) dans les corps humains afin de tracer la population ou encore d'en éliminer une partie (la plus pauvre) pour la remplacer par des robots. Sans oublier ceux qui se positionnent contre les campagnes de vaccination par peur d'être des cobayes ou "souris de laboratoires". 

De plus, une catégorie s'oppose au vaccin chinois uniquement, tandis qu’une autre craint la nouvelle technologie utilisée par les Américains Pfizer et Moderna.

En somme, il s'agit de scénarios différents qui ne se recoupent pas. Ces théories sont répandues dans le monde entier et sont même rassemblées dans des films documentaires dont le contenu (très) contradictoire et mensonger a facilement été réfuté, puisqu'il ne s'agit que d'accusations qui n'ont pas été démontrées. 

Médias24 a sollicité deux experts. Il s'agit de Dr Said Afif, président de la Société Marocaine des Sciences Médicales et membre du comité technique et scientifique de la vaccination Covid, ainsi que du Dr Kamal Marhoum El Filali, chef de service des maladies infectieuses au CHU Ibn Rochd qui supervise les essais cliniques du vaccin du chinois Sinopharm à Casablanca. 

Les vaccins ont fait leurs preuves malgré l'existence des antivax

Dr My Said Afif rappelle qu'une "ligue anti-vaccin s'y oppose depuis l'apparition du premier vaccin dans le monde". Pourtant, c'est grâce aux vaccins que nous avons éradiqué certaines maladies. Il s'agit notamment de la poliomyélite, dont le dernier cas au Maroc date de 1987, ou encore du tétanos néonatal qui, lui aussi, a disparu grâce au vaccin. Le nombre de méningites à pneumocoque a également diminué et ce, de façon drastique". 

Ici, notre interlocuteur vise à rappeler que, dans le passé, la vaccination a fait ses preuves à maintes reprises, notamment au Maroc. 

Quant à ce qui nous attend, Dr Afif déclare que "le vaccin que nous allons recevoir de la Chine (Sinopharm, ndlr) est un virus tué et donc inactivé". C'est ce qu'a annoncé Sinopharm en avril dernier à travers un communiqué.

Ce procédé de fabrication, qui consiste à tuer le virus afin de l'inactiver est une méthode classique et donc sûre. D'autant plus que, comme l'ont rappelé maintes spécialistes, il s'agit de la même technique de fabrication utilisée pour les vaccins des enfants. Autrement dit, cette technique est connue et maîtrisée. 

Dans ce cas, pourquoi certaines personnes prétendent-elles que ce vaccin va modifier l'ADN de l'individu vacciné ? 

Non, le vaccin ne modifiera pas l'ADN des vaccinés 

Pour Dr Kamal Marhoum El Filali, "le vaccin chinois n'a rien à avoir avec l'ADN. Il s'agit d'un vaccin qui concerne essentiellement le virus SARS-CoV2 inactivé; c'est-à-dire qu'il n'est plus capable de se multiplier". 

En prenant en considération le fait que le chef du gouvernement, Saad Eddine El Otmani, a récemment déclaré à Reuters que le Maroc est en pourparlers avec Pfizer, il est donc possible que nous nous dirigions vers l'acquisition de ce vaccin qui, comme le précise Dr Marhoum El Filali, "fait appel à l'acide ribonucléique (ARN) ou même à l'acide désoxyribonucléique (ADN) du virus".

Cette méthode ne modifie pas l'ADN de l'individu vacciné. Elle consiste à "prendre un morceau du matériel génétique qui sert à fabriquer une protéine virale dite "protéine Spike" ou "protéine S", qui est normalement fabriquée par le virus lorsqu'il se multiplie. Les informations de fabrication existent dans le matériel génétique du virus. On prend donc la portion qui correspond à l'information de fabrication de la protéine S et on va l'incorporer dans une cellule qui va se mettre à fabriquer des protéines Spike", explique Dr Marhoum El Filali qui précise que seule la protéine S est fabriquée et non pas le virus.

"L'utilisation de cette protéine a pour intérêt de permettre au système immunitaire de la voir et la reconnaître comme étrangère au corps humain pour pouvoir fabriquer des anticorps contre elle. Ainsi, lorsque le virus SARS CoV-2 (porteur de la protéine spike) entrera dans le corps de l'individu, il sera directement attaqué", poursuit la même source. 

Les Marocains ne sont pas des cobayes, le vaccin a été testé sur plus d'un million de Chinois

Sur les réseaux sociaux, certains ont réagi à l'annonce de la campagne de vaccination prévue pour mi-décembre au Maroc, en traduisant cette nouvelle comme une opération de test sur des cobayes. Pourtant, la stratégie du Maroc a été de participer à la troisième phase des essais cliniques du vaccin chinois dans le but de suivre de très près leur évolution mais aussi pour faire partie des premiers pays à recevoir le vaccin. Eventuellement, pour le fabriquer dans un stade ultérieur.

Or, faire partie des premiers ne signifie pas être des souris de laboratoires puisque d'une part, comme le soulève Dr Marhoum El Filali, le vaccin est passé par plusieurs étapes dont la phase préclinique où il a été testé sur des animaux, puis les phases 1 et 2 suivie de la 3ème qui a commencé il y a trois mois et qui ont compté la participation de nombreux individus volontaires.

D'autre part, la Chine a vacciné un million d'habitants. Les Emirats arabes unis et le Bahreïn (qui ont participé à la phase 3 des essais cliniques) ont lancé leurs campagnes de vaccination il y a un mois

"Le vaccin a démontré son efficacité lors de son utilisation en Chine. Nous pouvons constater que les cas positifs y sont peu nombreux et que le pays a recouvré sa santé économique", indique Dr Afif.  

Ce dernier souligne, par ailleurs, l'absence d'effets secondaires graves dans le cadre des essais cliniques faits au Maroc sur 600 volontaires. "300 d'entre eux ont reçu le vaccin en deux doses l'une à J0 et l'autre à J21. Aucun des patients n'a eu d'effets secondaires graves. Les seuls effets secondaires observés sont bénins et ont disparu quelques jours après l'injection. De plus, ces patients sont suivis quotidiennement de manière rigoureuse et continueront à être surveillés de près pendant un an", ajoute-t-il.

"Les comités et institutions sont là pour veiller à la sécurité de tous" 

Tout en remettant en question l'efficacité des vaccins anti-Covid, certains assurent qu'il produira des effets secondaires très graves, dont la diminution de fertilité, la détérioration du système immunitaire ou encore l'apparition de maladies neurologies telles que la sclérose en plaques. 

Des théories que Dr Marhoum El Filali décrit comme "un mélange de différents effets indésirables qui sont plus au moins confirmés pour certains vaccins, sachant que même pour la sclérose en plaques il n'y a aucune certitude qu'elle soit liée au vaccin contre l'hépatite B". 

Or, assurer que ce vaccin va produire de tels effets est "totalement faux, car il s'agit d'un vaccin testé sur le plan sécuritaire tout au long des phases 1 et 2 ainsi que durant la phase 3 des essais cliniques qui est en cours", poursuit la même source. 

Si les plus sceptiques ou complotistes prétendent que cette campagne de vaccination, sur le plan international, voire la propagation même du virus a pour but d'arriver à la vaccination générale afin "d'introduire dans les corps humains des puces 5G sous forme de nanoparticules", les experts joints par Médias24 estiment que cette théorie relève de la science-fiction.

Il convient de rappeler qu'au Maroc, la vaccination n'est pas obligatoire. La stratégie du Royaume vise à vacciner 80% des plus de 18 ans. Les mineurs ne sont pas concernés et au meilleur des cas (si nous arrivons à atteindre l'objectif des 80%), 20% de la population adulte ne sera pas vaccinée. 

Pourtant, selon cette théorie, ce complot (dont la durée dépasse un an et dont les conséquences économiques sont indéniables) a pour objectif de  généraliser le "traçage à la 5G".

Pour Dr Afif, "le comité scientifique et technique, l'OMS, ainsi que d'autres organismes nationaux, étrangers ou internationaux sont là pour veiller à la sécurité de tous. D'autant plus qu'au Maroc, les essais cliniques ont obéi aux normes internationalement reconnues, en passant notamment par le comité d'éthique, la Commission nationale de contrôle de protection des données à caractère personnel (CNDP), ainsi que le comité scientifique. Les procédés ont certes été accélérés mais toutes les étapes ont été respectées". 

C'est ce que confirme Dr Marhoum El Filali. Selon lui "le vaccin est passé par plusieurs phases de développement mais il s'agit des phases normales. La seule différence avec la préparation d'autres vaccins c'est que, dans ce cas, le processus est plus rapide, car il y a urgence. D'où les moyens financiers mis en place par les Etats, qui contribuent aussi à la rapidité du processus. Les étapes de sécurité sont respectées au niveau de toutes les phases, on ne gagne du temps qu'entre les phases. Ainsi, on commence par exemple la fabrication du vaccin avant de terminer la phase 3". 

Par ailleurs, Dr Marhoum El Filali considère que le terme "nanoparticule" est employé dans un sens péjoratif qui a tendance à effrayer.

"Lorsqu'on parle de nanoparticules, cela évoque chez certains des éléments bizarres qui peuvent être associés à de l'espionnage. Mais en réalité, ce terme fait référence, dans le cadre des procédés de fabrication du vaccin, à de petites protéines, en particulier "la protéine S", puisque l'industrie pharmaceutique peut actuellement fabriquer, de toute pièce, une partie de cette protéine", explique-t-il.

Voici, en vidéo, une remarquable intervention du Pr Ahmed Aziz Bousfiha, pédiatre et immunologue, sur le même sujet, lors du 7ème congrès national de l'association des médecins spécialisés dans le diabète et la nutrition, organisé du 25 au 29 novembre :

Quelques liens utiles:

> Peut-on délivrer des autorisations avant la fin des études cliniques phase 3 ? Oui, répond la FDA (Food and Drug Administration américaine).

> Le vaccin de Sinopharm (appelé BBIBP-CorV) est-il sûr ? Voici les explications de Sinopharm.

> Où sont les données scientifiques du vaccin chinois ? Voici le lien des publications dans Cell, Jama et The Lancet (cliquer sur chaque nom de publication pour accéder à l'article)

Vaccination anti-Covid : des experts marocains répondent aux complotistes

Le 29 novembre 2020 à18:49

Modifié le 01 décembre 2020 à 16:08

Puce 5G, remplacement des pauvres par des robots, détérioration du système immunitaire, manque d'efficacité... Les critiques et théories complotistes sur les vaccins anti-Covid fusent. Voici les réponses de deux experts marocains.

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Dès que les premiers cas de Covid-19 sont apparus dans le monde, ils ont été accompagnés de théories complotistes remettant en question la genèse du virus, voire même son existence. 

Une vague de scepticisme comparable accueille les dernières annonces relatives aux candidats-vaccins qui dévoilent les uns après les autres leurs taux d'efficacité, les partenariats signés avec les Etats, la préparation de la commercialisation desdits vaccins, etc. Les critiques qui fusent sont parfois rationnelles (demande d'accès aux datas des essais par exemple). D'autres sont complètement farfelues et fantaisistes.

Pour certains, le vaccin anti-Covid est peu voire pas du tout efficace car il a été préparé "beaucoup trop rapidement". D'autres prétendent qu'il s'agit d'un moyen pour introduire des puces (5G généralement) dans les corps humains afin de tracer la population ou encore d'en éliminer une partie (la plus pauvre) pour la remplacer par des robots. Sans oublier ceux qui se positionnent contre les campagnes de vaccination par peur d'être des cobayes ou "souris de laboratoires". 

De plus, une catégorie s'oppose au vaccin chinois uniquement, tandis qu’une autre craint la nouvelle technologie utilisée par les Américains Pfizer et Moderna.

En somme, il s'agit de scénarios différents qui ne se recoupent pas. Ces théories sont répandues dans le monde entier et sont même rassemblées dans des films documentaires dont le contenu (très) contradictoire et mensonger a facilement été réfuté, puisqu'il ne s'agit que d'accusations qui n'ont pas été démontrées. 

Médias24 a sollicité deux experts. Il s'agit de Dr Said Afif, président de la Société Marocaine des Sciences Médicales et membre du comité technique et scientifique de la vaccination Covid, ainsi que du Dr Kamal Marhoum El Filali, chef de service des maladies infectieuses au CHU Ibn Rochd qui supervise les essais cliniques du vaccin du chinois Sinopharm à Casablanca. 

Les vaccins ont fait leurs preuves malgré l'existence des antivax

Dr My Said Afif rappelle qu'une "ligue anti-vaccin s'y oppose depuis l'apparition du premier vaccin dans le monde". Pourtant, c'est grâce aux vaccins que nous avons éradiqué certaines maladies. Il s'agit notamment de la poliomyélite, dont le dernier cas au Maroc date de 1987, ou encore du tétanos néonatal qui, lui aussi, a disparu grâce au vaccin. Le nombre de méningites à pneumocoque a également diminué et ce, de façon drastique". 

Ici, notre interlocuteur vise à rappeler que, dans le passé, la vaccination a fait ses preuves à maintes reprises, notamment au Maroc. 

Quant à ce qui nous attend, Dr Afif déclare que "le vaccin que nous allons recevoir de la Chine (Sinopharm, ndlr) est un virus tué et donc inactivé". C'est ce qu'a annoncé Sinopharm en avril dernier à travers un communiqué.

Ce procédé de fabrication, qui consiste à tuer le virus afin de l'inactiver est une méthode classique et donc sûre. D'autant plus que, comme l'ont rappelé maintes spécialistes, il s'agit de la même technique de fabrication utilisée pour les vaccins des enfants. Autrement dit, cette technique est connue et maîtrisée. 

Dans ce cas, pourquoi certaines personnes prétendent-elles que ce vaccin va modifier l'ADN de l'individu vacciné ? 

Non, le vaccin ne modifiera pas l'ADN des vaccinés 

Pour Dr Kamal Marhoum El Filali, "le vaccin chinois n'a rien à avoir avec l'ADN. Il s'agit d'un vaccin qui concerne essentiellement le virus SARS-CoV2 inactivé; c'est-à-dire qu'il n'est plus capable de se multiplier". 

En prenant en considération le fait que le chef du gouvernement, Saad Eddine El Otmani, a récemment déclaré à Reuters que le Maroc est en pourparlers avec Pfizer, il est donc possible que nous nous dirigions vers l'acquisition de ce vaccin qui, comme le précise Dr Marhoum El Filali, "fait appel à l'acide ribonucléique (ARN) ou même à l'acide désoxyribonucléique (ADN) du virus".

Cette méthode ne modifie pas l'ADN de l'individu vacciné. Elle consiste à "prendre un morceau du matériel génétique qui sert à fabriquer une protéine virale dite "protéine Spike" ou "protéine S", qui est normalement fabriquée par le virus lorsqu'il se multiplie. Les informations de fabrication existent dans le matériel génétique du virus. On prend donc la portion qui correspond à l'information de fabrication de la protéine S et on va l'incorporer dans une cellule qui va se mettre à fabriquer des protéines Spike", explique Dr Marhoum El Filali qui précise que seule la protéine S est fabriquée et non pas le virus.

"L'utilisation de cette protéine a pour intérêt de permettre au système immunitaire de la voir et la reconnaître comme étrangère au corps humain pour pouvoir fabriquer des anticorps contre elle. Ainsi, lorsque le virus SARS CoV-2 (porteur de la protéine spike) entrera dans le corps de l'individu, il sera directement attaqué", poursuit la même source. 

Les Marocains ne sont pas des cobayes, le vaccin a été testé sur plus d'un million de Chinois

Sur les réseaux sociaux, certains ont réagi à l'annonce de la campagne de vaccination prévue pour mi-décembre au Maroc, en traduisant cette nouvelle comme une opération de test sur des cobayes. Pourtant, la stratégie du Maroc a été de participer à la troisième phase des essais cliniques du vaccin chinois dans le but de suivre de très près leur évolution mais aussi pour faire partie des premiers pays à recevoir le vaccin. Eventuellement, pour le fabriquer dans un stade ultérieur.

Or, faire partie des premiers ne signifie pas être des souris de laboratoires puisque d'une part, comme le soulève Dr Marhoum El Filali, le vaccin est passé par plusieurs étapes dont la phase préclinique où il a été testé sur des animaux, puis les phases 1 et 2 suivie de la 3ème qui a commencé il y a trois mois et qui ont compté la participation de nombreux individus volontaires.

D'autre part, la Chine a vacciné un million d'habitants. Les Emirats arabes unis et le Bahreïn (qui ont participé à la phase 3 des essais cliniques) ont lancé leurs campagnes de vaccination il y a un mois

"Le vaccin a démontré son efficacité lors de son utilisation en Chine. Nous pouvons constater que les cas positifs y sont peu nombreux et que le pays a recouvré sa santé économique", indique Dr Afif.  

Ce dernier souligne, par ailleurs, l'absence d'effets secondaires graves dans le cadre des essais cliniques faits au Maroc sur 600 volontaires. "300 d'entre eux ont reçu le vaccin en deux doses l'une à J0 et l'autre à J21. Aucun des patients n'a eu d'effets secondaires graves. Les seuls effets secondaires observés sont bénins et ont disparu quelques jours après l'injection. De plus, ces patients sont suivis quotidiennement de manière rigoureuse et continueront à être surveillés de près pendant un an", ajoute-t-il.

"Les comités et institutions sont là pour veiller à la sécurité de tous" 

Tout en remettant en question l'efficacité des vaccins anti-Covid, certains assurent qu'il produira des effets secondaires très graves, dont la diminution de fertilité, la détérioration du système immunitaire ou encore l'apparition de maladies neurologies telles que la sclérose en plaques. 

Des théories que Dr Marhoum El Filali décrit comme "un mélange de différents effets indésirables qui sont plus au moins confirmés pour certains vaccins, sachant que même pour la sclérose en plaques il n'y a aucune certitude qu'elle soit liée au vaccin contre l'hépatite B". 

Or, assurer que ce vaccin va produire de tels effets est "totalement faux, car il s'agit d'un vaccin testé sur le plan sécuritaire tout au long des phases 1 et 2 ainsi que durant la phase 3 des essais cliniques qui est en cours", poursuit la même source. 

Si les plus sceptiques ou complotistes prétendent que cette campagne de vaccination, sur le plan international, voire la propagation même du virus a pour but d'arriver à la vaccination générale afin "d'introduire dans les corps humains des puces 5G sous forme de nanoparticules", les experts joints par Médias24 estiment que cette théorie relève de la science-fiction.

Il convient de rappeler qu'au Maroc, la vaccination n'est pas obligatoire. La stratégie du Royaume vise à vacciner 80% des plus de 18 ans. Les mineurs ne sont pas concernés et au meilleur des cas (si nous arrivons à atteindre l'objectif des 80%), 20% de la population adulte ne sera pas vaccinée. 

Pourtant, selon cette théorie, ce complot (dont la durée dépasse un an et dont les conséquences économiques sont indéniables) a pour objectif de  généraliser le "traçage à la 5G".

Pour Dr Afif, "le comité scientifique et technique, l'OMS, ainsi que d'autres organismes nationaux, étrangers ou internationaux sont là pour veiller à la sécurité de tous. D'autant plus qu'au Maroc, les essais cliniques ont obéi aux normes internationalement reconnues, en passant notamment par le comité d'éthique, la Commission nationale de contrôle de protection des données à caractère personnel (CNDP), ainsi que le comité scientifique. Les procédés ont certes été accélérés mais toutes les étapes ont été respectées". 

C'est ce que confirme Dr Marhoum El Filali. Selon lui "le vaccin est passé par plusieurs phases de développement mais il s'agit des phases normales. La seule différence avec la préparation d'autres vaccins c'est que, dans ce cas, le processus est plus rapide, car il y a urgence. D'où les moyens financiers mis en place par les Etats, qui contribuent aussi à la rapidité du processus. Les étapes de sécurité sont respectées au niveau de toutes les phases, on ne gagne du temps qu'entre les phases. Ainsi, on commence par exemple la fabrication du vaccin avant de terminer la phase 3". 

Par ailleurs, Dr Marhoum El Filali considère que le terme "nanoparticule" est employé dans un sens péjoratif qui a tendance à effrayer.

"Lorsqu'on parle de nanoparticules, cela évoque chez certains des éléments bizarres qui peuvent être associés à de l'espionnage. Mais en réalité, ce terme fait référence, dans le cadre des procédés de fabrication du vaccin, à de petites protéines, en particulier "la protéine S", puisque l'industrie pharmaceutique peut actuellement fabriquer, de toute pièce, une partie de cette protéine", explique-t-il.

Voici, en vidéo, une remarquable intervention du Pr Ahmed Aziz Bousfiha, pédiatre et immunologue, sur le même sujet, lors du 7ème congrès national de l'association des médecins spécialisés dans le diabète et la nutrition, organisé du 25 au 29 novembre :

Quelques liens utiles:

> Peut-on délivrer des autorisations avant la fin des études cliniques phase 3 ? Oui, répond la FDA (Food and Drug Administration américaine).

> Le vaccin de Sinopharm (appelé BBIBP-CorV) est-il sûr ? Voici les explications de Sinopharm.

> Où sont les données scientifiques du vaccin chinois ? Voici le lien des publications dans Cell, Jama et The Lancet (cliquer sur chaque nom de publication pour accéder à l'article)

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