Une publication scientifique suscite doutes et craintes sur la chroloroquine

Ce n'est pas un essai randomisé. C'est un travail documentaire effectué à partir des nombreux articles scientifiques d'observation, compilés dans les revues scientifiques. Ce travail documentaire a été publié dans le prestigieux The Lancet.

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  Une publication scientifique suscite doutes et craintes sur la chroloroqui (Photo AFP)

Le 23 mai 2020 à 07:52

Modifié le 23 mai 2020 à 13:32

Des doutes et des craintes. Doutes quant à l'efficacité, craintes au sujet des effets indésirables, dont des arythmies ventriculaires. Voire au sujet d'une diminution de la survie en cas d'administration de ces traitements. Mais ne s'agissant pas d'une étude randomisée (en double aveugle), ce travail ne permet pas encore de trancher sur l'efficacité ou pas de l'hydroxychloroquine et de la chloriquine dans la prise en charge du Covid-19. Il sème des doutes mais devant l'absence actuelle d'alternative, de nombreux protocoles dans le monde continueront à garder la chloroquine comme traitement.
Par contre, il est probable que dans les prochaines semaines, la question de l'usage ou non de la chloroquine sera dépassée puisque plusieurs études cliniques auront été achevées. D'autres traitements devraient voir le jour.

La conclusion de l'article de The Lancet est résumée en deux phrases: "Nous n'avons pas été en mesure de confirmer un avantage de l'hydroxychloroquine ou de la chloroquine, lorsqu'ils sont utilisés seuls ou avec un macrolide [famille d'antibiotiques dont fait partie l'azythromycine, très utilisée pour les infections respiratoires] sur les résultats à l'hôpital pour COVID-19. Chacun de ces schémas thérapeutiques était associé à une diminution de la survie à l'hôpital et à une fréquence accrue des arythmies ventriculaires lorsqu'il était utilisé pour le traitement de COVID-19."

Les auteurs ont analysé les registres de plusieurs pays et relatifs à l'utilisation de l'hydroxychloroquine ou de la chloroquine avec ou sans macrolide pour le traitement de Covid-19. "Le registre comprenait des données de 671 hôpitaux sur six continents. Nous avons inclus des patients hospitalisés entre le 20 décembre 2019 et le 14 avril 2020, avec un résultat de laboratoire positif pour le SRAS-CoV-2. Les patients qui ont reçu l'un des traitements d'intérêt dans les 48 heures suivant le diagnostic ont été inclus dans l'un des quatre groupes de traitement (chloroquine seule, chloroquine avec un macrolide, hydroxychloroquine seule ou hydroxychloroquine avec un macrolide), et les patients qui n'ont reçu aucun de ces traitements se sont formés le groupe témoin. Les patients pour lesquels l'un des traitements d'intérêt a été initié plus de 48 h après le diagnostic ou alors qu'ils étaient sous ventilation mécanique, ainsi que les patients ayant reçu du remdesivir, ont été exclus. L'étude a porté sur 96.032 patients avec Covid-19".

Le Maroc  a adopté le 20 mars l'association "chloroquine ou hydroxychloroquine + azythrimycine" en première intention. Le ministre de la Santé a imputé à ce traitement l'amélioration notable de la létalité, du taux de guérison et de la rapidité de guérison au Maroc. A ce stade, il nous paraît impossible de trancher. Il faudra plus de recul, des études marocaines, et attendre les résultats des études internationales randomisées, sur la chloroquine et sur d'autres traitements possibles. Mais d'ores et déjà, des pays comme la France envisagent d'arrêter le recours à la chloroquine.

(Photo AFP)

Une publication scientifique suscite doutes et craintes sur la chroloroquine

Le 23 mai 2020 à07:55

Modifié le 23 mai 2020 à 13:32

Ce n'est pas un essai randomisé. C'est un travail documentaire effectué à partir des nombreux articles scientifiques d'observation, compilés dans les revues scientifiques. Ce travail documentaire a été publié dans le prestigieux The Lancet.

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Des doutes et des craintes. Doutes quant à l'efficacité, craintes au sujet des effets indésirables, dont des arythmies ventriculaires. Voire au sujet d'une diminution de la survie en cas d'administration de ces traitements. Mais ne s'agissant pas d'une étude randomisée (en double aveugle), ce travail ne permet pas encore de trancher sur l'efficacité ou pas de l'hydroxychloroquine et de la chloriquine dans la prise en charge du Covid-19. Il sème des doutes mais devant l'absence actuelle d'alternative, de nombreux protocoles dans le monde continueront à garder la chloroquine comme traitement.
Par contre, il est probable que dans les prochaines semaines, la question de l'usage ou non de la chloroquine sera dépassée puisque plusieurs études cliniques auront été achevées. D'autres traitements devraient voir le jour.

La conclusion de l'article de The Lancet est résumée en deux phrases: "Nous n'avons pas été en mesure de confirmer un avantage de l'hydroxychloroquine ou de la chloroquine, lorsqu'ils sont utilisés seuls ou avec un macrolide [famille d'antibiotiques dont fait partie l'azythromycine, très utilisée pour les infections respiratoires] sur les résultats à l'hôpital pour COVID-19. Chacun de ces schémas thérapeutiques était associé à une diminution de la survie à l'hôpital et à une fréquence accrue des arythmies ventriculaires lorsqu'il était utilisé pour le traitement de COVID-19."

Les auteurs ont analysé les registres de plusieurs pays et relatifs à l'utilisation de l'hydroxychloroquine ou de la chloroquine avec ou sans macrolide pour le traitement de Covid-19. "Le registre comprenait des données de 671 hôpitaux sur six continents. Nous avons inclus des patients hospitalisés entre le 20 décembre 2019 et le 14 avril 2020, avec un résultat de laboratoire positif pour le SRAS-CoV-2. Les patients qui ont reçu l'un des traitements d'intérêt dans les 48 heures suivant le diagnostic ont été inclus dans l'un des quatre groupes de traitement (chloroquine seule, chloroquine avec un macrolide, hydroxychloroquine seule ou hydroxychloroquine avec un macrolide), et les patients qui n'ont reçu aucun de ces traitements se sont formés le groupe témoin. Les patients pour lesquels l'un des traitements d'intérêt a été initié plus de 48 h après le diagnostic ou alors qu'ils étaient sous ventilation mécanique, ainsi que les patients ayant reçu du remdesivir, ont été exclus. L'étude a porté sur 96.032 patients avec Covid-19".

Le Maroc  a adopté le 20 mars l'association "chloroquine ou hydroxychloroquine + azythrimycine" en première intention. Le ministre de la Santé a imputé à ce traitement l'amélioration notable de la létalité, du taux de guérison et de la rapidité de guérison au Maroc. A ce stade, il nous paraît impossible de trancher. Il faudra plus de recul, des études marocaines, et attendre les résultats des études internationales randomisées, sur la chloroquine et sur d'autres traitements possibles. Mais d'ores et déjà, des pays comme la France envisagent d'arrêter le recours à la chloroquine.

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