Fitch Ratings alerte sur la vulnérabilité des banques marocaines
L’agence de notation Fitch Ratings vient de publier un nouveau rapport sur les banques marocaines où elle estime que la faible qualité des engagements (crédits) et des fonds propres continue de peser sur leur viabilité.
Ce n'est pas la première fois que cette agence alerte sur la situation des banques marocaines. En 2016, elle attirait l'attention sur la pression que subit leur profitabilité et la dégradation de la qualité des actifs.
Dans ce nouveau rapport, Fitch en remet une couche et affirme que la notation de toutes les banques marocaines est soutenue par l’hypothèse selon laquelle elles recevraient un soutien, si nécessaire, de la part de l’Etat (noté BBB-/stable) ou de leurs actionnaires institutionnels.
L'agence signifie qu'elle aurait dégradé la note des banques s'il n'y avait pas cette garantie. Au Maroc, plusieurs responsables ont, à plusieurs reprises, jugé excessives ses prises de position répétées sur le sujet.
L'argumentaire de Fitch est le suivant: le taux d’impayés (prêts douteux / prêts bruts) des sept premières banques du Maroc était tout juste en dessous de 10% au cours des cinq dernières années, précisément à 9,8% à la fin du premier semestre 2018.
« Un niveau beaucoup plus élevé que sur les marchés développés. Nous pensons que la situation pourrait être pire étant donné que l’application de la norme IFRS9 (sur la classification et le provisionnement des actifs) doit encore être testée au fil du temps », alertent les analystes de l’agence de notation.
Cette dernière attire également l’attention sur le risque de concentration des engagements des banques sur les gros emprunteurs. Au premier semestre 2018, les 20 prêts les plus importants représentaient en moyenne 20% du total des prêts de toutes les banques notées par Fitch. « La concentration est beaucoup plus élevée pour les banques axées sur les grandes entreprises », précise-t-on.
S’agissant des capitaux propres, l’agence note que l’entrée en vigueur de la norme IFRS9 a incité les banques à augmenter les provisions pour pertes de crédits. Ces dernières couvraient en moyenne 83% des prêts douteux des sept plus grandes banques à fin juin 2018 contre 73% fin 2017.
Mais l’introduction de cette norme a mis la lumière sur l’insuffisance des capitaux propres du secteur. Ces derniers ont fortement diminué à cause de la hausse des provisions .
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