Coronavirus: les entreprises marocaines à gros effectif sur le qui-vive
Aucun arrêt de la production pour le moment. Des mesures de précaution ont été prises par les entreprises structurées : fermetures de cantines, interdictions de visites, sensibilisation… Les petites structures et l’informel demeurent problématiques.
Le Maroc a enregistré son deuxième cas de contamination au coronavirus. Le gouvernement a décidé d’interdire plusieurs types de rassemblements. Mais les transports, les administrations et le tissu productif continuent de fonctionner normalement, malgré l’impact sur la demande subi par plusieurs secteurs (aérien, tourisme, export…).
L’OMS et le ministère de la Santé ont formulé plusieurs conseils aux citoyens, pour limiter les risques de contamination par le virus et sa propagation. Parmi ces conseils, éviter les rassemblements non indispensables. Dans certains secteurs, en cas d'aggravation de la situation, il est possible de basculer vers le télétravail. Mais ce n'est pas partout; pas dans l'industrie ni dans la plupart des services ou la distribution par exemple.
Le personnel des entreprises, qui sont nombreuses à employer des dizaines, des centaines voire plus d’un millier de personnes dans les mêmes locaux, est, lui, contraint de continuer à se rendre au travail tant qu’aucune décision de fermeture ou d’arrêt n’est prise par les autorités.
Ces travailleurs courent un grand risque en cas de propagation du virus. Y a-t-il des mesures prises ou à venir pour ces personnes?
Des cellules de suivi au ministère du Commerce et de l'Industrie
Contactée par Médias24, une source autorisée au ministère du Commerce et de l’Industrie assure que des cellules de suivi ont été mises en place dans les différentes directions mais qu’à ce jour, aucun problème n'a été constaté, aucune alerte donnée.
Pour sa part, la CGEM affirme être sur le point de communiquer avec ses membres dans le but de les sensibiliser sur les précautions à prendre pour faire face au risque d’épidémie.
Cela dit, les entreprises structurées sont déjà sur le qui-vive. "Elles ont pris un ensemble de dispositions en interne", affirme Mohamed Fikrat, président du Groupement interprofessionnel de prévention et de sécurité et PDG de Cosumar.
Médias24 a sondé quelques patrons d’entreprises qui ont confirmé avoir déjà pris des mesures contre le coronavirus.
Karim Tazi, patron de l’enseigne d’habillement Marwa, précise que "sa direction des ressources humaines et le médecin du travail ont mis en place un dispositif qui comprend un ensemble de mesures", dont celles-ci:
-Installation d’affiches contenant les best practices à adopter par les employés pour se protéger et éviter la propagation,
-Réunions de sensibilisation de l’ensemble du personnel,
-Distribution de gels désinfectants,
-Désactivation des ascenseurs,
-Interdiction au personnel de se serrer les mains pour se saluer,
- Instauration d’une distance d’au moins un mètre entre chaque employé.
Interrogé sur l’éventualité de fermer ses unités de production en cas de propagation du coronavirus au Maroc, M. Tazi dit qu’il attendra les instructions des pouvoirs publics. "Nous ne savons pas encore comment faire en cas de contamination. Nous sommes en train de préparer un plan dans ce sens".
Même son de cloche auprès d'un industriel du secteur automobile. "Nous avons mis en place un dispositif d’urgence visant la protection et l’anticipation". Les mesures prises consistent entre autres en :
- l'augmentation de la cadence de production pour éviter une rupture de stocks en cas d’arrêt de l’usine,
- la fermeture du restaurant d’entreprise,
- l'interdiction des visites d’externes, surtout des étrangers,
- l'interdiction des rassemblements,
- et la limitation des réunions aux plus importantes.
Les TPME et l'informel problématiques
Selon Karim Tazi, toutes les entreprises structurées avec lesquelles il est en contact sont mobilisées contre le risque lié au coronavirus. "Le problème est que la majorité des entreprises au niveau national sont des TPME, dont beaucoup dans l’informel", affirme-t-il l’attention.
Il est en effet difficile de s’assurer si ces structures font respecter les règles d’hygiène et de sécurité en interne. Tout dépendra de l’attitude individuelle des employés, qui semble difficile à changer vu le comportement de beaucoup de nos concitoyens dans l’espace public.
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