Un jour par an, le 8 mars
Bientôt le 8 mars, journée internationale de la femme. Cette consécration de la femme une fois par an a un effet allergisant sur moi. A chaque fois, j’ai l’impression que les femmes sont une race en voie d’extinction au lieu de constituer la moitié de l’humanité 365 jours par an!
Comme chacun sait, cette charmante distinction nous est amoureusement concoctée par des hommes qui eux sont fêtés tout le long de l’année.
A force de gratter mon urticaire, il me vient une idée que j’aimerai partager. Et si, au Maroc, les femmes prenaient à la lettre cette consécration et décidaient de n’exister qu’un jour par an ? Vous ne voyez pas ce que je veux dire ? Je m’explique…
Imaginez que, nous femmes, décidions d’aller travailler un jour par an, le 8 mars. Nous ne regagnerons ainsi notre lieu de travail qu’une fois l’an au lieu d’accomplir toute l’année un travail de second plan. Nous n’aurons pas à nous battre quotidiennement pour exister professionnellement et prétendre à une promotion. Nous n’aurons pas à nous entendre dire que les postes de responsabilité exigent une compétence que nous n’avons pas même si ce critère semble ne pas concerner les responsables hommes. Ou alors que nous manquons d’ambition et nous ne répondons que rarement aux appels à candidature concernant les hauts postes. On oublie que cet état de chose est lié au fait les femmes ont l’obligation, mise à part leur emploi, de s’occuper de leur foyer et de leurs enfants surtout quand ils sont en bas âge, leur mari étant exonéré d’office.
Ainsi, ne contribuer à la valeur ajoutée du pays qu’une fois par an. Ne payer que l’impôt du 8 mars et ne plus être ponctionnée à la source 365 jours par an malgré que les femmes et, pour être honnête, les hommes aussi, ne bénéficient pas d’infrastructures et de politiques publiques adéquates. Nos routes sont en général solubles dans l’eau et agrémentées de trous abyssaux. Nos enfants jusqu’à l’âge 15ans ne bénéficient pas d’un enseignement public gratuit et de qualité qui nous éviterait l’humiliation d’avoir à supplier les missions étrangères de les intégrer. De même, le paiement d’impôts le long de l’année n’a pas pour corollaire l’existence de dispensaires et d’hôpitaux de proximité d’accès facile et avec un personnel compétent et intègre qui évite aux femmes d’accoucher dans des salles d’attente.
Et surtout, ne s’occuper du foyer et des enfants que le 8 mars. Laissez les hommes se lever tôt les autres 364 jours pour préparer le petit déjeuner de la famille, réveiller les enfants, les aider à s’habiller, mettre en chantier le déjeuner ou préparer les sandwichs à emporter et accompagner les enfants à l’école. Le soir, faire avec eux les devoirs, préparer le diner, poser le diner, débarrasser, faire la vaisselle, préparer ce qui doit être préparé pour le lendemain pour finalement regagner leur lit sur les rotules.
Alors, chères amies, vous voyez d’ici la pagaille que connaitra notre pays 364 sur 365 jours !
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