img_pub
Rubriques

Le bonheur peut s'apprendre

Depuis quelques années, la manière dont on conçoit le bonheur s’est profondément transformée. 

Le 17 novembre 2015 à 9h45

Jusqu’à peu, il semblait raisonnable de penser que notre bonheur était déterminé par des facteurs tels que la chance, le destin ou des gênes, échappant à notre contrôle. Il était facile de se dire, comme Samuel Beckett, que "les larmes du monde sont immuables". Mais de nouvelles découvertes ouvrent des perspectives inédites sur la façon de penser le bonheur, comme étant un sentiment que nous pouvons contrôler et enseigner.

Le bonheur dépend de nombreux facteurs, allant de ceux qui sont évidents, comme être en bonne santé et entretenir des relations étroites avec autrui, à d’autres qui ne sont pas immédiatement évidents, comme adopter un comportement généreux. Certaines de ces attitudes peuvent être apprises ou développées, et les cours qui enseignent des habitudes mentales positives – comme apprécier ce qui compte réellement ou éviter de s’attarder sur des échecs – se traduisent par des améliorations notables du bien-être. Le Dalai Lama a récemment contribué au lancement de cours de ce genre, développés par Action for Hapiness, une organisation dont je suis l’un des fondateurs.

Les sociétés peuvent aussi collectivement améliorer le bonheur de leurs citoyens. Le Premier ministre britannique David Cameron a fait en sorte que la mesure du bonheur soit intégrée dans les statistiques nationales et plus récemment, la chancelière allemande Angela Merkel a lancé un programme destiné à promouvoir le bien-être des citoyens.

Des politiques adaptées

La manière dont les pays sont gouvernés a d’énormes répercussions sur le bonheur de chacun. Parvenir à maintenir la paix, l’État de droit et un fonctionnement démocratique ont une importance fondamentale. Ces conditions ont souvent une corrélation avec le bien-être et en sont probablement la cause, pour des raisons compréhensibles. Vivre dans un pays en paix ne permet pas forcément à chacun d’être heureux; mais cette conjoncture supprime des raisons évidentes d’être malheureux.

Des politiques spécifiques ont également une grande influence. Beaucoup d’éléments plaident en faveur du fait qu’il faut porter une plus grande attention à la santé mentale et physique et donner la priorité à une réduction du chômage. Les données dans d’autres domaines sont disparates. Nous ne savons par exemple pas si des politiques différentes en matière de mariage ont un effet sur le bien-être, même si nous savons qu’il y a une corrélation entre les deux.

De même, nous ne savons pas si plus ou moins de scolarité obligatoire, ou quels programmes scolaires, ont un effet positif ou négatif. Dans l’ensemble, l’éducation a étonnamment peu d’impact sur le bonheur (peut-être parce que les attentes concernant la réussite scolaire augmentent souvent plus rapidement que les capacités à y répondre). Les données scientifiques ne sont plus non plus dénuées d’ambiguïté en ce qui concerne les effets prévisibles du congé parental, de la flexibilité du temps de travail, du recul de l’âge de la retraite ou des lois encourageant le partage du travail.

L'argent ne fait pas nécessairement le bonheur

Le problème tient en partie au manque de données disponibles; mais la complexité des interactions fait que la causalité est souvent difficile à déterminer. A première vue, l’on pourrait penser qu’un abaissement des impôts rendrait les gens plus heureux parce qu’ils auraient plus d’argent à consacrer à leur bien-être. Mais d’autres facteurs entrent en compte, par exemple la question de savoir si ces réductions d’impôts sont perçues comme étant équitables ou si elles s’accompagnent de réductions concomitantes et impopulaires des dépenses publiques.

Il existe par contre une grande quantité de données au niveau des programmes spécifiques. De nombreux manuels décrivent les effets de différents types d’exercice sur la santé physique et psychologique. Pour les personnes âgées, maintenir une activité est clairement une condition du bien-être, que ce soit une activité sportive, du volontariat ou un emploi rémunéré (en fait, une étude menée au Canada a montré qu’un emploi rémunéré est l’activité la plus satisfaisante pour les personnes de plus de 65 ans).

Différentes preuves suggèrent de manière grandissante qu’une orientation dans les programmes scolaires encourageant la résilience et l’empathie peut avoir un effet bénéfique sur le bien-être. Et d’autres pistes laissent à penser que l’urbanisation a également une influence sur le bonheur, particulièrement lorsqu’elle réduit le temps de transport ou allège les craintes concernant la criminalité.

Il est bien sûr impossible d’éradiquer la souffrance. Elle est partie intégrante de la nature humaine. Mais tant les individus que les gouvernements ont les moyens de faire du monde un endroit plus heureux. Les larmes du monde ne sont pas nécessairement immuables.

Traduit de l'anglais par Julia Gallin

© Project Syndicate 1995–2015

Par Rédaction Medias24
Le 17 novembre 2015 à 9h45

à lire aussi

Au-delà du bilan Akhannouch, lecture des indicateurs du marché du travail
ECONOMIE

Article : Au-delà du bilan Akhannouch, lecture des indicateurs du marché du travail

Sous le gouvernement Akhannouch, le marché de l’emploi reste le principal point de fragilité de l’économie. Ce problème est ancien mais s’aggrave au fil du temps. Médias24 confronte les engagements du gouvernement à ses réalisations et analyse, au-delà du mandat, plusieurs indicateurs du marché du travail sur une longue période.

Secteur minier. Après une année 2025 record, 2026 s'annonce déjà comme un cru très prometteur
Mines

Article : Secteur minier. Après une année 2025 record, 2026 s'annonce déjà comme un cru très prometteur

2025 restera comme un millésime d'exception pour les mines marocaines. Cours au plus haut, volumes en hausse, nouveaux projets en maturation... Le secteur profite pleinement d'un cycle mondial porteur. Et 2026 s'annonce tout aussi favorable, sous l'effet de plusieurs signes.

Ordre des experts-comptables. Élections sur fond de réflexion sur l’ouverture du capital
ECONOMIE

Article : Ordre des experts-comptables. Élections sur fond de réflexion sur l’ouverture du capital

Le 21 mai 2026, les experts-comptables élisent les membres du Conseil national et des conseils régionaux de leur Ordre pour les trois prochaines années. Au-delà de ce renouvellement, la profession réfléchit à faire évoluer son cadre, notamment sur la question de l’ouverture du capital des cabinets. Détails.

Le trafic aérien en hausse de 11,15% à fin mars 2026
Quoi de neuf

Article : Le trafic aérien en hausse de 11,15% à fin mars 2026

L'Office national des aéroports (ONDA) a annoncé que le trafic aérien commercial dans les aéroports du Royaume a enregistré 8.913.041 passagers à fin mars 2026, soit une croissance de 11,15% par rapport à la même période de l'année précédente.

Mondial 2026. Le double pivot, pierre angulaire du projet Ouahbi
Football

Article : Mondial 2026. Le double pivot, pierre angulaire du projet Ouahbi

Les deux milieux de terrain devant la défense constituent l’élément central du dispositif tactique du sélectionneur national. Un principe qui assure l’équilibre des Lions de l’Atlas, conditionne la récupération du ballon et la première phase de construction. Mais qui n’est pas sans risque.

SIAM 2026 : malgré un taux de couverture de 60%, 450 communes rurales restent exclues des services financiers selon Bank Al-Maghrib
SIAM 2026

Article : SIAM 2026 : malgré un taux de couverture de 60%, 450 communes rurales restent exclues des services financiers selon Bank Al-Maghrib

À Meknès, le directeur général de Bank Al-Maghrib, Abderrahim Bouazza a indiqué que 450 communes rurales restent sans services financiers malgré une couverture de 60%. Il a aussi annoncé l’équipement de 50 coopératives en TPE et rappelé que 25% des programmes d’éducation financière ont ciblé le monde rural.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité