La radicalisation, qui est responsable?
"Quand le passé n'éclaire plus l'avenir, l'esprit marche dans les ténèbres" Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, 1840
En janvier dernier, au lendemain des attentats à Paris contre Charlie, j’avais écrit un papier sur les causes et des motivations des auteurs de ces actes innommables. J’avais aussi cherché à expliquer les responsabilités qui ont conduit à un tel comportement.
Depuis cet évènement douloureux et tragique, un débat intense et controversé s’est emparé de l’élite française sur la question de la liberté d’expression et de la responsabilité des uns et des autres. De nombreux ouvrages ont été écrits pour expliquer ce phénomène dans les sociétés occidentales (j’en ai recensés plus d’une vingtaine dont celui du grand sociologue Edgar Morin: "Avant, pendant, après le 11 janvier").
Aujourd’hui, après les attentats dans la capitale des lumières, de nouveau le débat est relancé notamment sur la responsabilité de la déviation d’une partie de la jeunesse européenne de culture musulmane.
Aux origines de la violence et de l’horreur islamistes: la vraie responsabilité n’est pas déterminée
Depuis quelque temps, on cherche les raisons de cette dérive: l’absence d’éducation et de pratique d’un islam modéré, la vie dans les ghettos des cités, des séjours en prison, l’absence d’horizon... Tout cela peut expliquer, mais ce n’est pas suffisant.
On ne doit pas se demander pas pourquoi ces illuminés ont commis ces actes mais plutôt pourquoi ils sont devenus ce qu’ils sont pour agir de la sorte. Et quelles sont les véritables responsabilités?
Dans les différents débats diffusés par les chaînes françaises -aussi bien en janvier qu’en novembre 2015-, on relève que les raisons du dévoiement des "islamistes" et de la dérive de la jeunesse de culture musulmane évoquées portent essentiellement, pour ne pas dire exclusivement, sur la marginalisation, la ghettoïsation, la stigmatisation, l’échec scolaire, l’absence de diffusion des valeurs républicaines…
Si ces facteurs existent et jouent un rôle dans ce processus de repli de cette communauté, ils ne peuvent en constituer la seule explication.
Il n’est pas question de dédouaner qui que soit, notamment les dirigeants du monde arabo-musulman, et ce depuis au moins 1945. On connait suffisamment l’argumentaire qui consiste à tout mettre sur le dos des anciennes puissances coloniales pour en abuser.
Toutefois, il n’est pas non plus question de passer sous silence la responsabilité des puissances occidentales (ou des grandes puissances en général y compris l’URSS, dont le système est le produit de la pensée occidentale) dont les rapports avec ce monde étaient dictés (c’est toujours le cas) essentiellement par l’intérêt et le jeu d’influence.
Des politiques peu cohérentes
Quelques voies solitaires et peu entendues malgré leur statut et leur personnalité telles que celles de l’ancien 1er ministre français Dominique de Villepin, l’homme politique Bruno LeMaire, le juge antiterroriste Marc Trévidic, l’écrivain Jean-Christophe Rufin et le philosophe Michel Onfray (même si sa position est critiquable sur un autre plan) s’évertuent à donner une explication autre que celle galvaudée et qui domine dans les médias.
Tous appellent, avec des nuances différentes sur des divers sujets, à appeler les choses par leur nom et demandent à la France, entre autres, une révision de sa diplomatie au Moyen-Orient. Sa diplomatie avec les pays du Golf, considérés comme les financiers et le référentiel idéologique et religieux des groupes terroristes, pose surtout question.
Ces voies ne sont pas entendues parce qu'elles sont noyées dans le bruit des chaînes d’information en continu et parce qu'il n'y a que peu (voire pas du tout) d’émissions de débat serein et de qualité. Pourquoi cette jeunesse européenne -très minoritaire pour le moment- de culture musulmane est-elle devenue ce qu’elle est maintenant?
Les Chebel, Meddeb (avant sa mort), Benzine… parlent de toutes les causes sauf de la responsabilité occidentale. Préoccupation de carrière, de rente? Peut-être. Doit-on se taire face au silence penaud des Etats arabo-musulmans et occidentaux sur une responsabilité diluée et polluée par un trop plein d’informations ou de désinformation?
Pour faire court et ne pas me répéter, je peux me contenter de cet extrait dudit papier qui résume bien, selon moi, les causes et les véritables responsabilités:
"En somme, le pétrole, la sécurité d’Israël, la permanence du conflit palestinien, la complicité des pays occidentaux avec des régimes arabes autoritaires, l’apparition et le développement fulgurant de l’islam politique -dont une grande composante est devenue violente-, l’émergence de puissances régionales et le retour de la Russie... Tels sont les ingrédients de ce cocktail explosif et qui font de cette région le "premier" exportateur de la mort."
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