7 points pour aller de la RSE à l’engagement territorial !

Le 23 décembre 2020 à 9h43

Modifié 10 avril 2021 à 5h12

Au-delà des exigences de performance économique ou de profitabilité, les entreprises – parce qu’elles peuvent avoir un impact sociétal considérable- ont un rôle important à jouer au service de l’intérêt général.

Les pouvoirs publics et les citoyens sont d’ailleurs de plus en plus nombreux à s’intéresser à leur contribution dans des domaines qui dépassent parfois largement le cadre de leurs activités productives : l’éducation et la formation, l’emploi et l’insertion professionnelle, la santé publique, les défis de l’agriculture…

Je trouve ces interpellations légitimes. Les entreprises sont naturellement appelées à œuvrer en faveur du bien commun et pas seulement pour limiter l’impact des externalités négatives liées à la nature ou aux fluctuations de leurs activités. Elles sont installées sur un territoire, au contact des citoyens qui y vivent, au cœur d’un environnement dont elles utilisent les ressources… Elles ont, de ce fait, un rôle et une responsabilité manifestes à assumer pour le bien-être de la communauté. 

Pour certaines entreprises, la responsabilité découle même de motivations beaucoup plus profondes. Car à leur origine ne se trouvent pas uniquement des entrepreneurs et des investisseurs dont le seul projet est de créer une activité profitable mais, avant tout, des femmes et des hommes avec une histoire, un vécu, des représentations et des convictions porteuses d’engagements sincères, déterminant une vision, une « raison d’ être » qui va bien au-delà de la simple recherche de profit. 

Aujourd’hui, la situation dans certains territoires devient de plus en plus difficile. Certaines zones, notamment rurales, concentrent de forts taux d’inactivité et souffrent d’une insuffisance d’équipements et d’un faible développement des infrastructures (centres de santé, maternités, écoles, internats). Or, ces problématiques sont au cœur des préoccupations sociales.

Mais force est de constater que les entreprises peinent à avoir un impact positif, même lorsque leur engagement est authentique et leur contribution réelle. En témoigne le développement fulgurant de l’économie circulaire, sociale et solidaire, en tant qu’alternative dont les enjeux environnementaux et économiques viennent répondre aux failles présumées de notre système capitaliste qui favorise le positionnement classique de l’entreprise en tant que principal agent économique.

Alors comment faire ? A nouvelle époque, nouveaux enjeux, auxquels ne peuvent s’appliquer les recettes traditionnelles du passé. Les fractures nouvelles qui divisent notre société sont avant tout spatiales : elles prennent naissance au cœur de nos territoires.

Beaucoup d’entreprises dont Masen ont, en raison même de leurs activités, un fort ancrage local. Nous nous approvisionnons localement, nous recrutons et formons des employés issus des bassins d’activité locaux. Pour ce faire, nous travaillons avec tous les acteurs de ces territoires, publics et privés : producteurs, agriculteurs, tissu associatif et coopératif, acteurs institutionnels… Cette proximité est un atout, sur lequel il est primordial de capitaliser pour avoir un impact réel sur la vie des personnes, notamment celles qui en ont le plus besoin, là où elles se trouvent.

Pour faire bénéficier le plus grand nombre de leur connaissance intime du terrain, les entreprises pourraient développer une vision élargie de leur responsabilité au service des territoires. Mais elles n’y parviendraient pas seules. La détermination de tous les acteurs à unir leurs forces pour avancer dans le même sens est indispensable au changement.

Entreprises, collectivités locales et acteurs de l’économie sociale et solidaire devraient s’associer pour identifier les enjeux propres à leur territoire, prioriser les actions qui permettraient de redynamiser l’activité et de recréer du lien social, et trouver ensemble les ressources nécessaires pour concrétiser leur vision au service des territoires. 

C’est de là que viendra l’impact réel et il se mesurera simplement, au regain d’attractivité de nos territoires et à la relance de l’économie locale, voire son émergence, signes que la responsabilité territoriale sera à son tour devenue un enjeu de différenciation et de compétitivité pour les entreprises, comme l’est aujourd’hui leur responsabilité sociale et environnementale (RSE).

Il est à mon sens opportun d’œuvrer désormais à transformer les engagements RSE des entreprises ou leurs démarches « Développement Durable » en stratégies volontaristes de développement territorial.

Les aspects de développement durable inclusif ne devraient plus être traités en périphérie des activités business des entreprises, par le biais d’actions philanthropiques ou de démarches sociales et environnementales parfois insuffisantes, voire décalées.

Si cette approche a pu auparavant porter ses fruits, elle trouve aujourd’hui ses limites, les parties prenantes des entreprises étant de plus en plus averties et exigeantes sur l’origine des produits, sur l’empreinte carbone des activités, sur le respect des droits de l’homme, l’implication effective des populations et acteurs locaux ou encore sur la transparence de la chaîne d’approvisionnement.

Je suis convaincu que pour mieux capter les opportunités de marchés que représentent les Objectifs de Développement Durable et sécuriser leur business, les entreprises devront modifier en profondeur leur activité et leur gouvernance pour aller au-delà des efforts réalisés jusqu’à maintenant. Demeurer à l’écoute des signaux faibles que renvoient les territoires représente un défi collectif majeur.

Enfin, pour relever les défis liés au développement inclusif, il semble nécessaire d’instaurer des facteurs de bonne gouvernance pour la conduite d’un développement économique durable, la consolidation du lien social et le renforcement de la confiance dans ses dimensions interpersonnelle et institutionnelle.

En sept points essentiels, je dirais qu’il va falloir que l’entreprise marocaine s’associe aux efforts visant à :

1. Parachever l’édification de son capital institutionnel dans l’objectif de mieux canaliser les demandes des citoyens et d’assurer le règlement paisible des conflits sociaux.

2. Accélérer le processus d’accumulation du capital humain.

3. Recourir à l’évaluation systématique pour assurer une visibilité de l’implémentation des programmes publics ou privés, notamment territoriaux.

4. S’inscrire dans les efforts de promotion de la territorialisation des politiques publiques.

5.  Faire de l’innovation et du progrès technologique les facteurs déterminants de ses avantages comparatifs.

6. Elargir le champ de réflexion stratégique en intégrant le développement territorial durable au cœur de la stratégie et l’organisation de l’entreprise.

7. Instaurer un bilan de la performance extra financière de l’entreprise avec une communication dédiée aux responsabilités territoriales en tant qu’enjeu de différentiation et de compétitivité.

L’entreprise deviendrait ainsi indissociable de son territoire d’implantation ou d’influence à travers une vision, des stratégies et des pratiques innovantes et performantes, au service du bien commun.

De la TPE à l’entreprise publique en passant par la multinationale, cet engagement pour les territoires devrait contribuer à leur rayonnement et à l’édification de cercles vertueux de développement !

Tarik MOUDDEN occupe le poste de Directeur Développement Durable des Territoires  à Masen. A ce titre, ce spécialiste des politiques publiques de développement se voit confier la mise en place de la stratégie de développement des zones d’implantation des complexes énergétiques du groupe. 

A partir d’un mode de gouvernance transverse et d’une démarche concertée impliquant les acteurs du territoire, Tarik MOUDDEN multiplie pour Masen les projets de développement local dans des domaines prioritaires, tels que la santé, l’éducation, l’agriculture, les équipements et infrastructures de base, les animations sociales, culturelles et sportives. 

Tarik MOUDDEN démarre son expérience professionnelle au sein du Ministère du Tourisme, avant de rejoindre le Ministère de l’Intérieur, en tant que Chargé de mission au Secrétariat Général où il est étroitement associé à des programmes majeurs et novateurs comme l’Initiative Nationale pour le Développement Humain.

Titulaire d’un Bachelor en Gestion et Administration des affaires de l’Université Al Akhawayn d’Ifrane, dans le cadre duquel il effectue un semestre d’échange aux Etats-Unis, au Beloit College, Tarik MOUDDEN poursuit son cursus par un master Marketing et Etudes à Sciences Po Paris. Avant d’entreprendre quelques années plus tard, un Mastère Management et Direction de Projets à Ecole Centrale de Paris.

Son expertise est le fruit du parcours académique et professionnel d’un homme particulièrement porté par le sens de l’intérêt général et doté d’une fibre sociale très développée. 

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