Au Maroc, les travailleurs intérimaires réintègrent peu à peu leurs postes

L’industrie agroalimentaire a limité la casse, aussi bien pendant qu'après le confinement, selon le constat de plusieurs cabinets de recrutement spécialisés dans l’intérimaire. Globalement, la reprise est en marche mais elle est lente.

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Au Maroc, les travailleurs intérimaires réintègrent peu à peu leurs postes (Photo Médias24)

Le 06 août 2020 à 11:25

Modifié le 06 août 2020 à 11:27

A l’image des recrutements en CDI, les recrutements des travailleurs intérimaires reprennent progressivement.

Contacté par Médias24, le cabinet Plus Intérim constate que 80% des sociétés avec lesquelles il travaille ont repris leurs activités. ''Mais elles n’ont pas récupéré la totalité de l’effectif des intérimaires qu’elles avaient avant le confinement'', nuance Cyril Glenisson, fondateur et directeur général de Plus Intérim.

Cette reprise de l’activité n’est donc pas synonyme d’un redémarrage des recrutements sur le même rythme que celui observé avant la crise sanitaire. ''Les intérimaires que nous avons arrêtés pendant les trois mois de confinement redémarrent tout doucement ; nous les réintégrons progressivement. La reprise est bonne mais nous ne sommes pas sur les même effectifs qu’en début d’année. C’est donc un redémarrage lent mais, par rapport aux derniers mois qui viennent de s’écouler, nous sommes globalement satisfaits'', souligne Cyril Glenisson.

Chez Plus Intérim, la baisse des effectifs – c’est-à-dire le nombre d’intérimaires mis à disposition auprès de diverses sociétés – se chiffre à -46% en avril 2020 par rapport à avril 2019, -39% en mai, -27% en juin et -22% en juillet. ''Beaucoup de sociétés dans le secteur de l’industrie, notamment le BTP, ont fermé en avril et mai et ont redémarré en juin, ce qui explique la réduction des effectifs moins importante en juin et juillet qu’en avril et mai'', précise Cyril Glenisson.

Concernant les prochains mois, notamment la rentrée de septembre, ce chef d’entreprise dit n’avoir aucune visibilité ''parce que les entreprises elles-mêmes n’en ont pas''. Et d’ajouter : ''On avance à l’aveuglette car les entreprises sont dans l’incapacité de prévoir quoi que ce soit.''

L’industrie agro-alimentaire a limité la casse

Cette relance progressive, le cabinet Crit la constate lui aussi. ''Le redémarrage est lent mais il est bien là. Il a repris à la fin du Ramadan et se poursuit depuis le déconfinement'', indique ce cabinet joint par Médias24. Parmi les secteurs qui recrutent le plus, l’agroalimentaire, l’électroménager et la grande distribution – ''les mêmes que ceux qui recrutaient déjà pendant le confinement''.

L’agroalimentaire revient en effet régulièrement dans la bouche de ces spécialistes du recrutement intérimaire. ''L’industrie agroalimentaire n’a pas arrêté de tourner. Il y avait certes moins de commandes, mais les gens avaient toujours besoin d’aller faire leurs courses… Même pendant le confinement, ce secteur a continué à recruter des travailleurs intérimaires'', constate auprès de notre rédaction Claudia Gaudiau Francisco, secrétaire générale de l’entreprise Tectra, spécialisée dans le travail temporaire au Maroc. ''L’agroalimentaire, qui a fonctionné à plein régime pendant le confinement, a quelque peu sauvé les intérimaires'', appuie Cyril Glenisson.

Il y a bien sûr des secteurs laminés par la crise sanitaire, comme l’hôtellerie, la restauration et l’aéronautique, mais d’autres, comme le BTP et l’industrie, reprennent peu à peu les travailleurs intérimaires, à en croire ces différents cabinets. ''Les entreprises vont probablement se tourner davantage vers les intérimaires que vers les contrats CDI, car ces derniers génèrent une charge salariale en plus ; ce sont des coûts fixes sur lesquels les entreprises ne peuvent pas faire d’économies'', avance Claudia Gaudiau Francisco.

Dynamisme des recrutements chez les laboratoires médicaux

D’autres cabinets sont en revanche beaucoup moins optimistes. C’est le cas du groupe Aquequat Interim, qui constate une ''très faible activité'' au niveau des recrutements intérimaires.

''Les viviers de recrutements que sont le BTP, l’agroalimentaire, la logistique et le tertiaire ont stagné. Aucun nouveau contrat n’a été signé pour ces secteurs ; les entreprises ne reprennent que les intérimaires avec lesquels elles travaillaient avant la crise sanitaire'', observe-t-on au sein de ce cabinet. En revanche, les laboratoires médicaux sont à nouveau sur les starting-block : ''Certains laboratoires avaient déjà repris avant le déconfinement et accélèrent désormais les recrutements, aussi bien pour les anciens intérimaires que pour les nouveaux.''

Le cabinet Euronet Intérima, dont les clients font face à ''de grosses difficultés financières'', ne cache pas non plus son pessimisme. Il en veut pour preuve le nombre extrêmement faible de propositions de recrutement reçus depuis le déconfinement en juin concernant les intérimaires : trois – un poste de comptable, d’assistante administrative et de chauffeur livreur. ''Les salaires varient entre 3.000 et 4.000 DH pour des contrats de trois mois qui, de toute façon, ne seront pas renouvelés.''

(Photo Médias24)

Au Maroc, les travailleurs intérimaires réintègrent peu à peu leurs postes

Le 06 août 2020 à11:27

Modifié le 06 août 2020 à 11:27

L’industrie agroalimentaire a limité la casse, aussi bien pendant qu'après le confinement, selon le constat de plusieurs cabinets de recrutement spécialisés dans l’intérimaire. Globalement, la reprise est en marche mais elle est lente.

A l’image des recrutements en CDI, les recrutements des travailleurs intérimaires reprennent progressivement.

Contacté par Médias24, le cabinet Plus Intérim constate que 80% des sociétés avec lesquelles il travaille ont repris leurs activités. ''Mais elles n’ont pas récupéré la totalité de l’effectif des intérimaires qu’elles avaient avant le confinement'', nuance Cyril Glenisson, fondateur et directeur général de Plus Intérim.

Cette reprise de l’activité n’est donc pas synonyme d’un redémarrage des recrutements sur le même rythme que celui observé avant la crise sanitaire. ''Les intérimaires que nous avons arrêtés pendant les trois mois de confinement redémarrent tout doucement ; nous les réintégrons progressivement. La reprise est bonne mais nous ne sommes pas sur les même effectifs qu’en début d’année. C’est donc un redémarrage lent mais, par rapport aux derniers mois qui viennent de s’écouler, nous sommes globalement satisfaits'', souligne Cyril Glenisson.

Chez Plus Intérim, la baisse des effectifs – c’est-à-dire le nombre d’intérimaires mis à disposition auprès de diverses sociétés – se chiffre à -46% en avril 2020 par rapport à avril 2019, -39% en mai, -27% en juin et -22% en juillet. ''Beaucoup de sociétés dans le secteur de l’industrie, notamment le BTP, ont fermé en avril et mai et ont redémarré en juin, ce qui explique la réduction des effectifs moins importante en juin et juillet qu’en avril et mai'', précise Cyril Glenisson.

Concernant les prochains mois, notamment la rentrée de septembre, ce chef d’entreprise dit n’avoir aucune visibilité ''parce que les entreprises elles-mêmes n’en ont pas''. Et d’ajouter : ''On avance à l’aveuglette car les entreprises sont dans l’incapacité de prévoir quoi que ce soit.''

L’industrie agro-alimentaire a limité la casse

Cette relance progressive, le cabinet Crit la constate lui aussi. ''Le redémarrage est lent mais il est bien là. Il a repris à la fin du Ramadan et se poursuit depuis le déconfinement'', indique ce cabinet joint par Médias24. Parmi les secteurs qui recrutent le plus, l’agroalimentaire, l’électroménager et la grande distribution – ''les mêmes que ceux qui recrutaient déjà pendant le confinement''.

L’agroalimentaire revient en effet régulièrement dans la bouche de ces spécialistes du recrutement intérimaire. ''L’industrie agroalimentaire n’a pas arrêté de tourner. Il y avait certes moins de commandes, mais les gens avaient toujours besoin d’aller faire leurs courses… Même pendant le confinement, ce secteur a continué à recruter des travailleurs intérimaires'', constate auprès de notre rédaction Claudia Gaudiau Francisco, secrétaire générale de l’entreprise Tectra, spécialisée dans le travail temporaire au Maroc. ''L’agroalimentaire, qui a fonctionné à plein régime pendant le confinement, a quelque peu sauvé les intérimaires'', appuie Cyril Glenisson.

Il y a bien sûr des secteurs laminés par la crise sanitaire, comme l’hôtellerie, la restauration et l’aéronautique, mais d’autres, comme le BTP et l’industrie, reprennent peu à peu les travailleurs intérimaires, à en croire ces différents cabinets. ''Les entreprises vont probablement se tourner davantage vers les intérimaires que vers les contrats CDI, car ces derniers génèrent une charge salariale en plus ; ce sont des coûts fixes sur lesquels les entreprises ne peuvent pas faire d’économies'', avance Claudia Gaudiau Francisco.

Dynamisme des recrutements chez les laboratoires médicaux

D’autres cabinets sont en revanche beaucoup moins optimistes. C’est le cas du groupe Aquequat Interim, qui constate une ''très faible activité'' au niveau des recrutements intérimaires.

''Les viviers de recrutements que sont le BTP, l’agroalimentaire, la logistique et le tertiaire ont stagné. Aucun nouveau contrat n’a été signé pour ces secteurs ; les entreprises ne reprennent que les intérimaires avec lesquels elles travaillaient avant la crise sanitaire'', observe-t-on au sein de ce cabinet. En revanche, les laboratoires médicaux sont à nouveau sur les starting-block : ''Certains laboratoires avaient déjà repris avant le déconfinement et accélèrent désormais les recrutements, aussi bien pour les anciens intérimaires que pour les nouveaux.''

Le cabinet Euronet Intérima, dont les clients font face à ''de grosses difficultés financières'', ne cache pas non plus son pessimisme. Il en veut pour preuve le nombre extrêmement faible de propositions de recrutement reçus depuis le déconfinement en juin concernant les intérimaires : trois – un poste de comptable, d’assistante administrative et de chauffeur livreur. ''Les salaires varient entre 3.000 et 4.000 DH pour des contrats de trois mois qui, de toute façon, ne seront pas renouvelés.''

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