Aïd Al Adha 2020: les conseils sanitaires à ne pas négliger
Aid Al Adha se déroulera dans des conditions particulières cette année. Les mesures de prévention recommandées par le ministère de la Santé devront être respectées par les éleveurs, consommateurs et bouchers et des mesures supplémentaires sont mises en place au niveau des souks pour éviter la propagation du Covid-19. Les détails.
Les ministères de l'Agriculture et de l'Intérieur ont annoncé le 8 juillet dernier, dans un communiqué conjoint, que des mesures préventives supplémentaires devront être respectées durant l'Aid cette année, pour éviter la propagation du Covid-19.
Ils ont également publié un guide relatif aux mesures sanitaires à respecter par les bouchers et aux mesures organisationnelles à instaurer dans les marchés à bestiaux destinés à l'abattage.
Par ailleurs, des précautions sanitaires devront être prises par les consommateurs lors de l'achat, l'entretien et l'abattage de l'animal.
Lors d'une interview accordée à Médi1 Tv, samedi 11 juillet, Dr. Abdelghani Azzi, directeur du contrôle des produits alimentaires au sein de l'Onssa a précisé que lors de l'achat de l'animal, outre les exigences d'ordre religieux, le consommateur doit veiller à ce que l’animal ne présente pas des signes de maladies animales tels que la toux, yeux rouges, diarrhée, ou encore une augmentation anormale du volume de l’abdomen.
Après l'achat, il faut veiller sur l’alimentation et le repos de l’animal. Il est conseillé de l’alimenter avec de la paille et de l’eau propre. Selon Dr. Azzi, il faut cesser de le nourrir la veille de l'abattage, seule l’eau peut être donnée à l’animal.
Le jour de l'abattage, il faut:
- préparer un emplacement et des outils propres;
- la personne qui procède à la saignée se doit d’être d’une propreté corporelle et vestimentaire irréprochable, doit porter un masque et utiliser fréquemment le gel hydroalcoolique;
- prendre toutes les précautions pour que les viandes ne soient pas souillées par la peau en évitant le soufflage de l’animale par la bouche;
- avant l’éviscération, il faut laver le couteau et les mains, tirer et couper les intestins en évitant de souiller les viandes et les mettre dans un récipient propre avant de les vider et de les laver.
Pour les personnes qui procèdent à l'abattage dans des espaces communs, elles doivent respecter les mesures de prévention recommandées par le ministère de la Santé, notamment la distanciation physique, le port du masque et le lavage très fréquent des mains.
Inspection des organes
La couleur de la viande doit être rose claire ou foncé, d'après Dr. Azzi. Ainsi, si le consommateur relève une modification de la couleur de la viande (rouge foncé ou jaunâtre), il doit contacter les services vétérinaires qui assurent la permanence le jour de l’Aid.
L'Onssa recommande également, dans une note adressée aux consommateurs, de veiller à ce que les organes soient sains. Plusieurs maladies peuvent les toucher, dont les plus importantes sont:
- Les kystes hydatiques: des kystes au niveau des poumons et du foie et parfois au niveau du cœur, qu’il faut enlever en prenant les précautions pour ne pas les percer et consommer le reste de l’organe. S'il y a une grande infestation (plusieurs kystes étendus) il faut éliminer tout l’organe.
- La larve de taenia: elle se présente sous forme de points blancs au niveau du foie ou de kystes d’eau sur la face interne du foie ou sur la graisse mésentérique. Si l’affection est légère dans un organe, on peut enlever les points blancs ou les kystes et consommer le reste de l’organe. S’il y a une grande infestation il faut éliminer tout l’organe.
- Strongles de poumons: il s'agit d'une maladie qui atteint le poumon, et qui se présente sous forme d’un grain de plomb au niveau de la partie inférieure de l’organe. Dans ce cas, il faut éliminer la partie atteinte.
- Distomatose: une maladie qui atteint le foie et qui est connue couramment sous le nom de "Bofartotou". Si l’infestation est légère, il suffit d’un épluchage. En cas d’une infection généralisée, il faut détruire l’organe en entier.
- Contamination du poumon par le sang: dans ce cas il est nécessaire d’éliminer la partie atteinte du mouton.
- Oestrose: cette larve peut être trouvée au moment de l’ouverture de la tête, le long des narines. Cette infection ne constitue pas un danger pour la santé du consommateur, mais il faut éliminer ces larves.
Stockage des viandes 6 heures après l'abattage, au maximum
Dans l’attente de la découpe et de la conservation des viandes, il est recommandé de faire le ressuyage de la carcasse par sa mise dans un endroit frais et éloigné de toute contamination et ce pendant 6 heures au maximum après l’abattage, recommande M. Azzi.
Par la suite, il faut découper la viande et la stocker par réfrigération à une température ne dépassant par 3°C. Elle se conserve pendant 5 jours, sinon, procéder à la congélation des viandes à une température de moins de 18°C. Dans ce cas la viande doit être découpée et mise dans des sachets ou autres ustensiles alimentaires selon l’utilisation, recommande l'Onssa.
Par ailleurs, si le consommateur décide de confier le découpage de la carcasse à un boucher, il doit prendre rendez-vous pour y procéder le plus rapidement possible. Il faut éviter de laisser la carcasse chez le boucher deux ou trois heures de plus.
L'abattage et l'hébergement reconduits à Casablanca
Les services d'abattage et d'hébergement des moutons seront disponibles cette année à Casablanca, apprend Médias24 auprès de la SDL Casa Prestations, qui renouvelle ainsi son expérience des cinq dernières années.
Les abattoirs de la ville se préparent, et des mesures de prévention sanitaire seront mises en place pour éviter tout risque de contamination au Covid-19, ajoute notre source.
Les frais des deux services seront annoncés ultérieurement. Quant à la capacité, elle sera revue à la hausse, dans le contexte actuel, conclut la SDL.
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