Tourisme : le plaidoyer de Othmane Cherif Alami pour doubler les nuitées à Casablanca
Doubler la fréquentation hôtelière, faire émerger Casablanca comme une destination européenne de courts séjours et bâtir une véritable industrie du tourisme d'affaires est l'ambition portée par le conseil régional du tourisme de Casablanca-Settat. Selon Othmane Cherif Alami, les segments city break et MICE permettront de faire passer le nombre de nuitées de 6 à 12 millions d'ici 2035.
Après avoir défini lors de ses précédentes éditions une feuille de route pour faire de Casablanca une métropole touristique mondiale à l'horizon 2030, le 4ᵉ Forum interactif du tourisme sera consacré aux leviers d'accélération du développement touristique de la région à travers les segments du city break et du tourisme d'affaires.
À cette occasion, Othmane Cherif Alami, président du conseil régional du tourisme (CRT) de Casablanca-Settat qui organise l’événement, nous détaille les actions qui permettront de changer d'échelle.
"Aujourd'hui, nous comptabilisons environ 1,5 million d'arrivées dans les hôtels classés, soit près de 3 millions de nuitées, auxquelles s'ajoutent 3 millions de nuitées réalisées dans les appartements meublés, soit un total de 6 millions de nuitées", explique Othmane Cherif Alami en ajoutant que Casablanca est encore loin d'avoir atteint son plein potentiel touristique.
Le président du CRT avance que si les principaux leviers de développement sont activés, les hôtels pourraient générer 6 millions de nuitées et les appartements meublés autant, permettant ainsi d'atteindre 12 millions entre 2030 et 2035.
Le city break, premier moteur de développement
Pour atteindre cet objectif, notre interlocuteur estime nécessaire de développer le marché city break, qui consiste à attirer une clientèle internationale pour des séjours de deux ou trois nuits, principalement le temps d'un week-end.
Citant la rénovation de la médina, le quartier des Habous, la Corniche, les plages, le patrimoine Art déco, la gastronomie… Othmane Cherif Alami affirme que sa ville, qui s’est profondément transformée ces vingt dernières années, dispose de tous les atouts pour séduire cette clientèle en quête d’un court séjour.
Désireux de convertir ce potentiel en fréquentation touristique, le président estime indispensable d'améliorer l'accessibilité aérienne de Casablanca, notamment à travers l'ouverture de lignes low cost.
Interrogé sur les réticences de Royal Air Maroc à l'arrivée de compagnies à bas coût, il estime que ces dernières seraient en réalité complémentaires de la stratégie de la compagnie nationale.
"Demain, Royal Air Maroc aura davantage intérêt à concentrer sa croissance sur les grandes liaisons internationales en utilisant Casablanca comme hub vers l'Amérique, l'Afrique ou le Moyen-Orient, tandis que les compagnies low cost pourraient développer les dessertes européennes de proximité", explique le fondateur du groupe Atlas Voyages.
Selon lui, une meilleure connectivité avec les grandes villes européennes ferait rapidement décoller le tourisme de week-end. "Si Casablanca devient facilement accessible en low cost, il sera difficile de trouver une chambre d'hôtel le week-end", prédit-il.
Le tourisme d'affaires, deuxième pilier de la stratégie
En parallèle du développement du city break, notre interlocuteur avance que l'autre moteur de croissance pour augmenter significativement le nombre de nuitées est le tourisme d'affaires MICE (Meetings, Incentive, Conferences, Exhibitions).
En attendant la réalisation du futur palais des congrès et du parc des expositions, qui ne devrait pas voir le jour avant 2030, Othmane Cherif Alami estime que les infrastructures existantes offrent déjà un fort potentiel pour attirer davantage de congrès, conventions et événements professionnels.
Il cite notamment l'extension du réseau LGV, les nouvelles rocades autoroutières, le futur troisième aéroport de la région ou encore la montée en puissance de Royal Air Maroc comme autant d'investissements qui renforceront l'attractivité de Casablanca.
"Tous les investissements engagés permettront de renforcer l'attractivité et la croissance touristique de Casablanca dans les prochaines années et de doubler le nombre de nuitées à l'horizon 2035", conclut le président du CRT de Casablanca-Settat.
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