Wall Street recule, gagnée par un regain de frilosité
Wall Street reculait mardi à la mi-séance, gagnée par la frilosité en plein plongeon des prix du pétrole et après une série de résultats montrant un pessimisme accru au sein d'entreprises américaines: le Dow Jones cédait 0,32% et le Nasdaq 0,81%.
Vers 17H00 GMT, le Dow Jones Industrial Average cédait 55,88 points, à 17.310,36 points, et le Nasdaq 37,42 points, à 4.601,49 points.
L'indice élargi S&P 500 abandonnait 0,73%, ou 14,77 points, à 2.003,04 points.
Après une ouverture tout juste en dessous de l'équilibre, les indices new-yorkais accentuaient leur recul.
"Le marché américain s'est montré particulièrement solide ces derniers jours et il est normal qu'il respire un peu", a remarqué Peter Cardillo, de Rockwell Global Capital.
Certes, "la chute des prix du brut et l'approfondissement du déficit commercial n'ont rien arrangé, mais ce sont surtout des excuses pour engranger quelques bénéfices après de bonnes performances", a-t-il estimé.
Une partie du marché observait en effet avec inquiétude la dégringolade des prix du pétrole sur le marché mondial et son impact sur les grandes majors pétrolières américaines telles que ExxonMobil et Chevron, membres de l'indice Dow Jones. Elles perdaient respectivement 1,27%, à 94,05 dollars, et 1,06%, à 115,54 dollars.
Plombé par la vigueur du dollar et une stratégie des prix jugée inquiétante du chef de file de l'Opep, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, l'Arabie saoudite, le brut évoluait à New York et à Londres à des plus bas depuis respectivement trois et quatre ans.
Côté indicateurs, l'annonce d'un déficit commercial bien plus important que prévu en septembre, sur fond de repli des exportations et d'un déséquilibre record avec la Chine, accentuait par ailleurs la frilosité des courtiers.
En outre, les commandes reçues par les industries manufacturières américaines se sont de nouveau repliées en septembre après leur chute en août.
Wall Street restait également sur ses gardes alors que se tenaient les élections législatives de mi-mandat aux Etats-Unis, a relevé Patrick O'Hare, du site d'information financière Briefing.com.
Ce scrutin pourrait donner aux républicains une majorité au Congrès pour la première fois depuis 2006 si le parti l'emportait au Sénat, la Chambre haute américaine.
Une victoire républicaine serait plutôt bien accueillie à Wall Street, les investisseurs aspirant à l'adoption d'un ton jugé plus favorable au monde des affaires. Les opérateurs espéraient notamment, selon des analystes, le passage de réformes sur les impôts des sociétés, la révision de la loi Dodd-Frank sur la réforme de Wall Street et l'autorisation de grands projets énergétiques aux Etats-Unis tels que l'oléoduc Keystone XL pour acheminer le pétrole de l'ouest canadien jusqu'au sud des Etats-Unis.
- Perspectives moroses -
Le marché jetait enfin un coup d'oeil aux résultats d'entreprises cotées aux Etats-Unis, dont ceux du géant chinois de la distribution en ligne Alibaba (+1,95% à 103,79 dollars) qui ont globalement satisfait les investisseurs.
L'assureur AIG, qui a dépassé les attentes au troisième trimestre et annoncé un nouveau plan de rémunération de ses actionnaires, cédait toutefois 1,44% à 53,03 dollars.
L'opérateur satellitaire Dish Network, pénalisé notamment par des bénéfices inférieurs aux attentes, selon Charles Schwab, reculait de 3,48% à 61,59 dollars.
Michael Kors, l'un des grands noms du prêt-à-porter de luxe aux Etats-Unis, voyait son titre dégringoler de 7,81% à 71,90 dollars, plombé par des ventes en magasins comparables jugées décevantes et des prévisions peu encourageantes malgré de relativement bons comptes financiers.
De même, des résultats trimestriels et des perspectives revues en baisse faisaient plonger le titre de la société américaine de compléments alimentaires et de produits minceur Herbalife qui chutait de 17,76% à 45,97 dollars.
Des prévisions de croissance moins fortes que prévu pour le voyagiste en ligne Priceline, qui invoque notamment la morosité européenne, étaient aussi lourdement sanctionnées: le titre lâchait 9,25% à 1.087,61 dollars.
Le groupe de cosmétiques américain Estée Lauder, qui s'est montré lui aussi pessimiste en abaissant ses prévisions, lâchait 4,07% à 72,87 dollars.
Le géant informatique Apple, qui a initié mardi la procédure pour son premier emprunt obligataire en euros, cédait 1,32% à 107,96 dollars.
Le marché obligataire progressait. Le rendement des bons du Trésor à 10 ans reculait à 2,323% contre 2,348% lundi soir, et celui des bons à 30 ans à 3,033% contre 3,066%.
NasdaqNyse