Wall Street rattrapée par les craintes sur la croissance mondiale
Wall Street creusait ses pertes à la mi-séance jeudi, les inquiétudes sur la croissance mondiale l'emportant sur les bonnes nouvelles du côté de l'emploi ou des entreprises aux Etats-Unis: le Dow Jones perdait 1,29% et le Nasdaq 1,20%.
Vers 16H00 GMT, le Dow Jones reculait de 219,31 points, à 16.774,91 points, et le Nasdaq de 53,59 points, à 4.415,01 points.
L'indice élargi S&P 500 lâchait 1,30%, ou 25,51 points, à 1.943,38 points.
Le marché "rend la plus grande partie des gains engrangés mercredi", quand le Dow Jones avait grimpé de 1,64% dans le sillage de la diffusion du compte-rendu d'une réunion de la Réserve fédérale au ton jugé accommodant, a commenté Peter Cardillo de Rockwell Global Capital.
Mais, l'anxiété regagnait les investisseurs jeudi alors que devaient s'exprimer individuellement plusieurs responsables de la banque centrale américaine.
Surtout, de nouveaux chiffres en provenance d'Allemagne relançaient "la crainte de voir la zone euro s'enfoncer dans la crise", a souligné Peter Cardillo.
Les quatre grands instituts de conjoncture allemands ont en effet révisé en nette baisse leurs prévisions communes de croissance pour la première économie européenne en 2014 et 2015, et tablent dorénavant sur une hausse du produit intérieur brut (PIB) de 1,3% cette année et 1,2% l'an prochain, contre respectivement 1,9% et 2% dans leurs pronostics d'avril.
De "sérieux risques" d'une nouvelle récession guettent la zone euro si rien n'est fait pour remédier à la croissance atone dans la région, a d'ailleurs mis en garde la directrice générale du Fonds monétaire international Christine Lagarde, en marge de son assemblée générale.
Signe de la nervosité des échanges, l'indice VIX, ou "indice de la peur", gagnait 12,44% à 16,99. Cette forte volatilité n'inquiétait pas toutefois outre mesure Peter Cardillo. "Tant qu'on parvient à rester au dessus du seuil technique important de 1935 points pour le S&P500, on parviendra assez facilement à rebondir. Les investisseurs attendent surtout plus de clarté sur la saison des résultats", a-t-il estimé.
Cette fébrilité occultait en tout cas les bonnes nouvelles en provenance des Etats-Unis.
Côté emploi, les nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage ont en effet légèrement reculé aux Etats-Unis la semaine dernière, surprenant les analystes et faisant tomber leur moyenne sur quatre semaines au plus bas depuis huit ans.
Surtout, les chiffres diffusés par les premières sociétés publiant leurs résultats du troisième trimestre étaient encourageants.
- Nouveau patron à Gap -
Le géant de l'aluminium Alcoa a notamment dépassé nettement les attentes au troisième trimestre, grâce à son offensive dans l'aéronautique et l'automobile. Le titre perdait toutefois 2,74% à 15,63 dollars.
Le spécialiste des boissons sans alcool PepsiCo (+0,57% à 94,48 dollars) a lui relevé sa prévision de bénéfice annuel après avoir aussi dépassé les attentes malgré un déclin de la consommation de sodas dans les pays riches.
Parmi les autres valeurs du jour figurait le groupe d'habillement Gap, qui plongeait de 11,99% à 36,87 dollars après avoir fait état de ventes décevantes en septembre. La société a aussi annoncé le départ en février de son PDG Glenn Murphy et son remplacement par Art Peck, jusqu'ici responsable de la division innovation, croissance et numérique.
Le fabricant américain de microprocesseurs AMD, à une semaine de la publication de ses résultats, a aussi changé de patron avec le départ de Rory Read et son remplacement par Lisa Su. Il perdait 7,16% à 3,05 dollars.
Le câblo-opérateur Time Warner Cable perdait 1,82% à 144,60 dollars. Ses actionnaires ont approuvé jeudi la fusion avec son concurrent Comcast (-1,66% à 53,86 dollars), qui avait obtenu la même autorisation la veille. Ils doivent toutefois encore recevoir le feu vert des autorités de la concurrence américaine.
Le marché obligataire évoluait sur une note contrastée. Le rendement des bons du Trésor à 10 ans reculait à 2,400% contre 2,330% mercredi soir et celui des bons à 30 ans était stable à 3,062%, comme la veille.
NasdaqNyse