Wall Street creuse ses pertes par crainte d'une hausse des taux
Wall Street creusait ses pertes vendredi à la mi-journée, de crainte que les fortes créations d'emploi accélèrent la hausse des taux d'intérêt aux Etats-Unis: le Dow Jones perdait 1,04% et le Nasdaq 0,81%.
Vers 17H00 GMT, l'indice vedette Dow Jones Industrial Average cédait 188,58 points à 17.947,14 points, et le Nasdaq, à dominante technologique, 40,12 points à 4.942,69 points.
L'indice élargi S&P 500, jugé le plus représentatif par nombre d'investisseurs, reculait de 0,98%, soit 20,59 points, à 2.080,45 points.
Jeudi, la Bourse de New York avait regagné du terrain après deux jours de repli consécutifs, encouragée par l'optimisme de la Banque centrale européenne sur l'impact de son programme de rachat d'actifs pour la croissance européenne: le Dow Jones avait gagné 0,21% à 18.135,72 points et le Nasdaq 0,32% à 4.982,81 points.
Cependant, les fortes créations d'emploi aux Etats-Unis montrent que "nous sommes très proches du plein emploi", ce qui précise la perspective d'une hausse des taux par la Réserve fédérale (Fed), selon Alan Skrainka, chez Cornerstone Wealth Management. "Nous sommes partis pour une hausse des taux en juin", a-t-il assuré.
L'économie américaine a créé bien plus d'emplois qu'attendu en février, avec 295.000 embauches nettes contre 240.000 attendues, un chiffre en nette hausse par rapport à janvier.
De plus, le taux de chômage est passé de 5,7% à 5,5% alors que les analystes tablaient sur un repli plus faible à 5,6%.
Pourtant les informations du ministère du Travail recèlent des ambiguïtés, a souligné Patrick O'Hare chez Briefing.com: au-delà du nombre important de créations d'emplois, le rapport montre "une nouvelle faible augmentation des revenus horaires moyens", et la chute du taux de chômage s'explique "par une réduction du taux d'activité".
En conséquence, les chiffres du ministère du Travail "offrent des arguments rationnels pour les deux côtés du débat sur le calendrier de la hausse des taux" de la Fed, selon M. O'Hare.
Pour autant, M. Skrainka parie que la Fed voudra remonter les taux avant de voir les salaires augmenter, ce qui serait déjà un signe d'inflation.
- Apple rejoint le Dow Jones -
En soi, a-t-il souligné, "ce n'est pas une mauvaise nouvelle que la Fed prépare une hausse des taux, cette augmentation sera le signe que l'économie peut se maintenir debout toute seule".
"Une fois que les investisseurs reconnaîtront que la croissance économique signifie bien plus de bénéfices pour les entreprises, ils se calmeront", a-t-il assuré.
Du côté des valeurs, Apple gagnait 1,05% à 127,74 dollars en dépit d'informations sur l'exploitation frauduleuse de son système de paiement par téléphone.
L'agence de notation Standard and Poor's a annoncé vendredi que le groupe à la pomme intègrerait à compter du 19 mars l'indice vedette du Dow Jones, qui compte 30 des plus grosses entreprises américaines.
Apple, de loin la plus grosse capitalisation boursière américaine avec 730 milliards de dollars à la clôture de jeudi, va remplacer le groupe de télécoms AT&T.
Le groupe d'habillement Gap perdait 1,38% à 40,86 dollars après l'annonce d'un repli de 4% de ses ventes en février, alors que les analystes avaient tablé sur une progression.
La société de marketing en ligne MaxPoint Interactive, qui a levé 74,75 millions de dollars en mettant sur le marché 6,5 millions d'actions à l'occasion de son entrée en Bourse, culbutait de 8,26% à 10,55 dollars.
Le marché obligataire reculait fortement. Le rendement des bons du Trésor à 10 ans grimpait à 2,247%, contre 2,111% jeudi soir, et celui à 30 ans montait à 2,853%, contre 2,721% précédemment.
NyseNasdaq