Le désengagement de marques nationales empêche la progression du Nutri-Score, selon un rapport
Le volume de produits affichant le Nutri-Score a pour la première fois régressé entre 2024 et 2025, du fait du désengagement de marques nationales, indique mercredi l'Observatoire de l'alimentation (Oqali) qui suit le déploiement de l'affichage nutritionnel volontaire.
Après plusieurs années de forte croissance, la part de marché des marques affichant le Nutri-Score se stabilise depuis 2023, précise dans un communiqué l'Oqali, piloté par l'institut de recherche Inrae et l'autorité sanitaire Anses.
Alors qu'elle avait atteint 64% des volumes de ventes en 2023 et 2024, elle recule légèrement à 63% en 2025 en grandes et moyennes surfaces et dans les circuits spécialisés, selon les estimations de l'observatoire.
Ce recul s'explique "notamment par des désengagements de marques nationales dans les secteurs des céréales du petit déjeuner et des produits laitiers et desserts frais".
A partir de septembre 2024, le géant de l'agroalimentaire Danone avait renoncé à afficher le Nutri-Score sur certains produits, et notamment les yaourts.
Cette note de A à E est destinée à aider les consommateurs à comparer la qualité nutritionnelle des aliments d'une catégorie. Plusieurs tentatives de la rendre obligatoire ont échoué ces derniers mois.
D'autres industriels comme Lactalis ne l'ont jamais adoptée.
En mai, le Pr Serge Hercberg, nutritionniste cocréateur du Nutri-Score, avait déploré que de nouveaux géants comme Kellogg's aient "discrètement" quitté le Nutri-Score sur certains produits après la mise à jour de son calcul, qui permet notamment de mieux repérer les aliments riches en fibres et note plus sévèrement les aliments sucrés et salés.
En juin 2025, 1.462 entreprises étaient enregistrées dans la démarche Nutri-Score, contre 1.377 un an plus tôt, indique l'observatoire.
Le départ de plusieurs marques, pesant lourd dans l'agroalimentaire, n'a donc pas permis de compenser l'arrivée de nouvelles entreprises dans la démarche.
"C'est la première fois que l'Oqali observe un recul des parts de marché des marques engagées dans le dispositif après plusieurs années de progression continue", précise le communiqué. C'est aussi la première fois que l'observatoire communique sur ses observations.
L'Oqali note en revanche la constance de l'engagement des marques de distributeurs "dont la quasi-totalité est engagée dans la démarche depuis plusieurs années", mais aussi les progrès fulgurants des circuits spécialisés (magasins bio par exemple), passés de 1 à 11% de parts de marché en un an.
"À l'inverse, les marques nationales, qui constituent désormais le principal levier de progression du dispositif, voient leur niveau d'engagement stagner puis légèrement diminuer de 39% à 37% entre 2024 et 2025", conclut l'Oqali, qui indique que le défi des prochaines années sera de les "mobiliser davantage".