La consommation reste une valeur sûre pour l'économie française
La consommation des ménages, en très légère hausse en février selon une statistique parue jeudi, reste une valeur sûre pour la reprise qui semble s'ébaucher en France.
La consommation en biens en février a augmenté de 0,1% sur un mois, après trois mois consécutifs de hausse, a annoncé mardi l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).
En variation annuelle, par rapport à février 2014, elle affiche une robuste hausse de 3,0%.
En variation sur un mois, "le dynamisme des dépenses en énergie et en autres biens fabriqués est compensé par un léger repli de la consommation en habillement et en automobiles", a précisé l'Insee dans un communiqué.
Les dépenses en énergie ont accéléré principalement du fait des dépenses en électricité liées aux températures plus fraîches que les normales saisonnières au cours du mois, alors que les achats en carburants ont à nouveau baissé.
En revanche, les dépenses en "biens fabriqués" ont marqué un coup d'arrêt (+0,1% contre +1,5% en janvier).
La consommation en produits alimentaires, troisième grand poste de consommation, s'est aussi essouflée (-0,3% après -0,1% en janvier), un tassement qui s'explique surtout par la diminution des achats de tabac, indique l'Insee.
Ces chiffres ont été bien accueillis par les analystes, au moment où les signaux de légère reprise se multiplient. Le Premier ministre Manuel Valls a redit mardi son espoir d'une croissance de 1,5% cette année en France, après 0,4% l'an dernier et alors que la prévision officielle n'est que de 1%.
"Les ventes de détail montrent que la reprise a commencé", écrit Dominique Barbet (BNP Paribas) dans une note, soulignant que les économistes attendaient au contraire un léger recul de la consommation en février.
Il a indiqué tabler sur une croissance de 0,3% du Produit intérieur brut au premier trimestre, par rapport au quatrième trimestre 2014.
Pour Diego Iscaro, économiste chez IHS, la consommation des ménages en France devrait encore "accélérer au cours du premier semestre", grâce à la faible inflation et à un meilleur moral.
"La faible inflation est l'équivalent d'une importante baisse d'impôts", fait-il valoir dans un commentaire écrit, soulignant qu'avec cette hausse même faible en février, la consommation en France connaissait quatre mois consécutifs de progression, ce qui n'était plus arrivé depuis le printemps 2012.