La Bourse de Paris toujours en sérieuse baisse
La Bourse de Paris évoluait toujours en sérieuse baisse à la mi-journée mardi (-1,04%), confortée dans ses inquiétudes par des indicateurs européens clairement en berne.
A 12H48 (10H48 GMT), l'indice CAC 40 perdait 42,56 points à 4.036,14 points, dans un volume d'échanges de 1,3 milliard d'euros. La veille, il avait gagné 0,12%.
Après un très léger répit, la cote parisienne a piqué du nez dès l'ouverture sans changer d'avis depuis, et s'est même approchée de la barre symbolique des 4.000 points en atteignant un nouveau plus bas annuel en séance à 4.012,82 points.
"Les signaux négatifs s’accumulent depuis plusieurs semaines" et "la situation actuelle en zone euro et plus particulièrement le net ralentissement de la dynamique allemande" constitue un "facteur majeur de correction", a estimé Alexandre Baradez, un analyste de IG.
"Plusieurs indicateurs (PMI, indices ZEW et IFO, commandes d’usines, production industrielle, balance commerciale, etc...) montrent que l’Allemagne commence à souffrir elle aussi de la panne de croissance en zone euro et du manque de dynamisme économique de plusieurs de ses voisins", a-t-il ajouté.
Le baromètre ZEW du moral des investisseurs allemands a en effet signé en octobre sa dixième baisse d'affilée et est passé en territoire négatif, une première depuis novembre 2012.
La production industrielle de la zone euro a pour sa part chuté de 1,8% en août dans la zone euro, après avoir augmenté de 0,9% le mois précédent.
A la publication de ces deux chiffres, la cote parisienne a nettement accusé le coup.
"Le réveil est plutôt difficile pour les investisseurs. Bien sûr, nul ne pensait que le rebond technique entamé hier sur le CAC 40 puisse durer longtemps. Cependant, personne n'anticipait" la si "forte dégradation de l’économie allemande, avec un indice ZEW en territoire négatif à -3,6", a également souligné Christopher Dembik, un économiste de Saxo Banque.
La France a publié pour sa part une série de statistiques avant l'ouverture de la cote qui montrent qu'en août le déficit courant s'est de nouveau creusé à 4,5 milliards et que les prix à la consommation en France sont repartis à la baisse en septembre, reculant de 0,4%.
"Il n’est toutefois pas exclu que les résultats d'entreprises qui vont tomber à partir d’aujourd’hui aux Etats-Unis puissent atténuer le repli voire même entrainer une phase haussière", a noté M. Dembik.
Plusieurs poids lourds de la cote américaine sont attendus avec JP Morgan Chase, Citigroup, Wells Fargo et Johnson and Johnson.
Parmi les valeurs parisiennes, Iliad (maison mère de Free) décollait de 10,98% à 173,3 euros, les investisseurs accueillant avec soulagement l'abandon de son projet d'acquisition, jugé risqué, de T-Mobile US après des échanges avec Deutsche Telekom et certains représentants du conseil d'administration de T-Mobile US.
Les autres acteurs du secteur étaient tirés à la hausse, à commencer par Bouygues, à nouveau cible potentielle pour Free (+3,02% à 25,26 euros).
Les gains d'Orange (+1,06% à 10,97 euros) étaient plus modeste et Numericable reculait de 0,32% à 42,67 euros.
Après un début positif, Areva perdait 0,99% à 10,47 euros porté par l'approbation de la Convention d'exploitation de deux mines d'uranium situées dans le nord du Niger, signée avec le pays en mai.
Archos baissait de 10,83% à 2,14 euros. Le concepteur de tablettes et smartphones a annoncé un chiffre d'affaires en baisse de 17% au troisième trimestre, en raison des perturbations liées à la grève aérienne du mois de septembre et d'un ralentissement de l'activité en France cet été.
Euronext (Cac 40)