La Bourse de Paris accuse le coup après les mauvais indicateurs français
La Bourse de Paris accusait sérieusement le coup (-1,57%) mardi à la mi-journée, après une série d'indicateurs d'activités dressant un panorama sombre tant pour la France que pour la zone euro.
A 12H25 (10H25 GMT) l'indice CAC 40 perdait 69,83 points à 4.372,72 points. La veille, il avait perdu 0,42% à 4.442,55 points.
Une importante volée de mauvais chiffres concernant la France, rendus publics autour de l'ouverture du marché, suivie un peu plus tard par une publication également décevante pour la zone euro ont accentué rapidement la baisse et renvoyé l'indice sous les 4.400 points.
En septembre, l'activité du secteur privé en France a ainsi continué à se replier, tandis le climat des affaires s'est dégradé dans tous les secteurs à l'exception de l'industrie. Dans la zone euro, l'activité tant dans les services que dans l’industrie a également ralenti.
"Il y avait bien peu de raisons de céder à l'optimisme ce matin au regard des derniers chiffres pour la France et la zone euro. Ces données négatives, en particulier la contraction du PMI composite français, n'ont en rien constitué une surprise. En revanche, elles ont été l'excuse idéale pour poursuivre la consolidation des dernières séances sur le CAC 40", a estimé Christopher Dembik, un économiste de Saxo Banque.
"Le marché reste prudent du fait de la transition économique en cours. En effet, les économies de la zone euro sont quasiment toutes engagées dans des processus d'ajustement structurels pour restaurer la compétitivité qui vont mettre un temps certain à porter leurs fruits", a-t-il complété.
De fait, selon lui, "les investisseurs vont devoir revoir leurs attentes à la baisse et s'habituer, au moins encore pendant plusieurs trimestres, à des indicateurs macroéconomiques décevants".
"Du point de vue de l'analyse technique, la rupture ce matin du seuil des 4.380 points est un signal de vente important", a détaillé l'économiste qui juge cependant que "la tendance de fond reste à la hausse tant que les banques centrales maintiendront leur biais très accommodant".
"Les statistiques économiques nourrissent une incertitude croissante", elles "sont de plus en plus instables, y compris dans les économies les plus avancées", ont souligné pour leur part les analystes d'Aurel BGC.
La Chine a également publié son indice PMI calculé par HSBC qui montre que la production manufacturière chinoise a repris un peu de vigueur en septembre. Mais cette éclaircie en Asie n'a pas réussi à inverser la tendance sur la place parisienne.
Parmi les valeurs, Air France-KLM continuait à perdre du terrain (-1,13% à 7,56 euros) alors que le bras de fer autour du projet de filiale low-cost Transavia se poursuit, avec des aéroports toujours au ralenti pour le neuvième jour de grève des pilotes. ADP perdait pour sa part (-0,68% à 96,94 euros).
Michelin occupait la dernière place du CAC 40 avec un recul de 3,06% à 75,46 euros, après que le directeur financier du groupe a admis que l'objectif que s'était fixé le producteur français de pneumatiques d'une croissance d'environ 3% de ses volumes cette année était devenu "plus difficile à atteindre, compte tenu de l'évolution actuelle des marchés".
Rexel décrochait de 3,37% à 15,34 euros, s'alignant peu ou prou sur le prix obtenu par la holding Ray Investment, l'actionnaire historique de Rexel, qui a cédé ses derniers titres dans le distributeur français de petit matériel électrique, soit 7,13% du capital, pour 321 millions d'euros, soit 15,35 euros par action. Eurazeo, actionnaire de Ray Investment grignotait de son côté 0,16% à 57,73 euros.
GTT s'enfonçait de 5,75% à 47,23 euros, descendant vers le prix obtenu par H&F Luxembourg, filiale du fonds britannique Hellman & Friedman, qui a cédé la moitié de sa participation dans l'entreprise, soit 5,4% du capital, pour 94,3 millions d'euros, soit 47,15 euros par action.
Euronext (Cac 40)