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ECONOMIE

Le Roi désigne de nouveaux objectifs à l'agriculture: classe moyenne rurale, jeunesse et emploi

En ouvrant la nouvelle session parlementaire, le vendredi 12 octobre 2018, le Roi Mohammed VI a donné une nouvelle impulsion à l'emploi et à la jeunesse dans l’agriculture. L’agriculture et le monde rural vont connaître des évolutions importantes.

Le Roi désigne de nouveaux objectifs à l'agriculture: classe moyenne rurale, jeunesse et emploi
Reda Berrada
Le 14 octobre 2018 à 9h58 | Modifié 14 octobre 2018 à 9h58

Cette semaine, le ministre de l’Agriculture va réunir les interprofessions et les chambres ainsi que tous les acteurs du secteur “pour discuter des nouveaux horizons et de la nouvelle feuille de route“.

Le Plan Maroc Vert arrive en effet à son terme. De nouveaux objectifs et de nouveaux horizons s’ouvrent pour lui après le discours du Roi.

Le Roi a “défini trois priorités: la jeunesse, l’emploi et l’émergence d’une classe moyenne rurale, tout en touchant les grands nœuds qui bloquent le Plan Maroc Vert“, estime Aziz Akhannouch joint par Médias24.

“L’agriculture est le premier bassin d’emploi du pays, avec 4 millions d’emplois actuellement. Environ 40% de la population active en vit. Développer l’agriculture, c’est stratégique pour la sécurité alimentaire et pour les exportations, mais c’est aussi améliorer le niveau de vie de toute cette population et développer le monde rural“.

Akhannouch explique que “les nouvelles directives royales ouvrent le champ à l’investissement et vont donc provoquer une accélération du Plan Maroc Vert“.

Terres soulaliyate: 1 million d'hectares mis en valeur dans l'agriculture

Pour les terres soulaliyate, 1 million d’hectares dans les périmètres non irrigués seront ouverts à la “melkisation“ à condition d’investir dans des projets.

Les terres soulaliyates appartiennent aux populations (tribus) et sont exploitées et gérées dans un cadre collectif. Le ministère de l’Intérieur connaît avec précision l’assiette foncière de ces terres. Ses données ont été corroborées par les résultats du recensement agricole achevé en 2016.

Les données des deux recensements n’ont pas été rendues publiques à notre connaissance. Jusqu’à une époque récente, les superficies des terres collectives n’étaient pas connues avec précision et les intervenants officiels évoquaient des chiffres allant de 12 à 15 millions d’hectares.

Ces chiffres sont importants. A titre de comparaison, la superficie de terres cultivées est de 9 millions d’hectares. Auxquels sont en train de s’ajouter 300.000 hectares de terres collectives situées dans des périmètres irrigués.

Le Roi a annoncé que 1 million d’hectares supplémentaires de terres collectives, situées dans des zones bour (non irriguées) seront également ouvertes à la “melkisation“. Cela représente plus de 10% des superficies actuellement cultivées.

Le cadre de cette opération sera précisé dans les prochaines mois. Ce que nous révèle M. Akhannouch, c’est que cette appropriation sera réalisée à condition qu’il y ait des projets de mise en valeur agricole sur les parcelles concernées. Et quant aux aides de l'Etat, “s’il faut adapter ou améliorer les aides existantes, nous le ferons“, promet Akhannouch. Les projets agricoles bénéficient d’une panoplie d’aides, dont la mécanisation, l’économie d’eau, la plantation, la transformation…

L’investissement agricole ouvert aux entreprises de droit marocain

L’un des freins au développement agricole est l’investissement. Après le discours royal, “toutes les entreprises de droit marocain pourront désormais posséder des terres agricoles et investir dans l’agriculture“, nous explique Akhannouch.

Investissements, terres collectives, jeunesse, emplois, classe moyenne rurale. Nous sommes en plein cœur de la dualité du Plan Maroc Vert: développer la production, la performance, la transformation industrielle, l’export, certes. Mais surtout, promouvoir l’agriculture sociale et solidaire, élever le niveau de vie des populations rurales, les fixer sur leurs terres.

Commercialisation, le talon d'Achille

L’agriculture marocaine a réalisé un énorme bond en matière de production, au cours des dix dernières années. Mais il ne suffit pas de produire, il faut vendre. Là, le circuit et particulièrement les marchés de distribution, posent problème.

Dans sa déclaration à Médias24, Akhannouch explique qu’il est nécessaire de rendre les marchés “transparents“. La situation actuelle est l’un des goulots d’étranglement qui bloquent Maroc Vert. “Les marchés agricoles sont le maillon faible de toute la chaîne de valeur, qu’il s’agisse de marchés de gros ou de marchés de détail“.

Dans des réunions avec l’interprofession, il est arrivé qu’Akhannouch cite le marché de gros de Madrid ou Rungis (Paris) comme des modèles à suivre. Selon des sources professionnelles, les producteurs marocains, quelle que soit leur taille, espèrent une telle réforme.

"Notre vision du département ne doit pas consister seulement à assurer la sécurité alimentaire ou la production, nous devons avoir l’œil sur l’emploi et l'employabilité des jeunes, l'émergence d'une classe moyenne, changer de cap, créer des incubateurs et des sociétés de services", conclut le ministre de l'Agriculture.

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Reda Berrada
Le 14 octobre 2018 à 9h58

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