Coupe du monde 2026. La France est prenable, voici pourquoi
L’équipe nationale tentera de se hisser en demi-finale d’un Mondial pour la deuxième fois consécutive, ce jeudi 9 juillet à Boston (21h), contre des Bleus euphoriques. Pour ce sommet qui se profile et qui les poussera à d’autres altitudes, les Lions de l’Atlas seront privés d’Ismaïl Saibari.
Tout ce que le Maroc a vécu depuis quelques mois l’a conduit au pied de ce quart de finale de la Coupe du monde 2026 et de la France, ce jeudi 9 juillet à Boston (21h). Se qualifier pour la demi-finale serait moins une revanche qu’une immense conquête.
Mais sur la route du dernier carré où ils pourraient retrouver l’Espagne ou la Belgique à Dallas, les Lions de l’Atlas devront d’abord écarter les Bleus de Kylian Mbappé et d'Ousmane Dembélé.
Depuis leur première confrontation en 1988, le Maroc a battu une fois la France pour du beurre. Mais quand c’était important, c’était une autre histoire.

La nuit du 14 décembre 2022 avait été l’une des plus longues et des plus tristes de l’histoire du football national. Une soirée dont il est difficile de se souvenir sans avoir une poussière dans l’œil.
Diablement efficace, l’équipe de France avait laissé la bande à Walid Regragui sur le palier d’une finale d’anthologie qu’elle avait tout de même perdue.
Un peu moins de quatre ans plus tard, c’est le moment d’espérer que cette soirée de milieu de semaine définisse la trace d’une génération, laquelle porte le fardeau de la responsabilité du bonheur collectif.
Toute l’aventure américaine de l’équipe nationale est belle mais aussi tournée vers ce moment, qui fera oublier tout ce qu’elle a fait de bien, et tout ce qu’elle a fait de mal.
Mais ce n’est pas une fin en soi. "Les bilans se font à la fin. Je n’ai pas envie de me contenter d’un quart de finale. Nous allons tout faire pour gagner", promet en conférence de presse Mohamed Ouahbi, le sélectionneur national.
Le moment, justement, est arrivé de battre la France et de s’approcher encore plus du Graal. Certes, le football convoque régulièrement la mémoire, les grands matches, les légendes. Et l’affrontement au Qatar est de cette trempe.
Mais pour Mohamed Ouahbi, le temps fait son œuvre. "Beaucoup de choses ont changé depuis quatre ans, souligne-t-il. "Le Maroc a énormément évolué et la France également à force de travail acharné".
Ismaïl Saibari forfait. Chadi Riad incertain
Il est vrai que l’équipe nationale est devenue très difficile à jouer, elle est bien organisée, compacte, solide, elle laisse peu d’espaces. Vice-championne du monde, la France en impose.
Longtemps peu emballante, elle est parvenue à se réinventer autour d’un 4-2-3-1, avec un hydre offensif à quatre têtes sous les ordres de Didier Deschamps, dont c’est la dernière danse avec les Bleus.

Et il faudra bien leur trouver des faiblesses pour continuer à rêver dans un quart de finale que les Lions de l’Atlas attendent depuis quatre semaines, ou alors presque quatre ans.
Pour le moment, nous ne savons pas encore quelle équipe sera alignée car Mohamed Ouahbi n’a pas encore tout à fait tranché. Mais à l’aube du match le plus important de leur carrière internationale, les Lions de l’Atlas ne vivent pas dans l’incertitude la plus totale.

Parmi eux, neuf sont assurés de débuter ce quart de finale : Yassine Bounou, Achraf Hakimi, Issa Diop, Noussair Mazraoui, Neil El Aynaoui, Ayyoub Bouaddi, Bilal El Khannouss et Brahim Diaz.
Le flou demeure en revanche concernant l’identité du défenseur qui accompagnera Diop au sein de la charnière centrale et celui qui occupera le poste d’avant-centre.
Apparu avec un strap autour du genou gauche lors de la dernière séance d’entraînement collective, Chadi Riad tient la corde.
Mais encore faut-il qu’il soit rétabli à 100 %. Par contre, il n’y a pas de raison pour que Soufiane Rahimi ne supplée pas Ismaïl Saibari, dont le forfait est acté.
Ce rendez-vous entre le Maroc et la France sera aussi la meilleure attaque face à l’une des meilleures défenses, sans qu’il soit nécessaire de préciser ce qui appartient à qui tant les deux équipes sont performantes dans les deux surfaces de réparation.

Réduire les espaces et encercler Michael Olisé
Qu’ils l’admettent ou pas, tous les adversaires des Bleus ont mis en place un plan anti Michael Olisé. Il est évidemment très compliqué de l’effacer complètement du paysage tant il est prépondérant dans l’animation offensive de son équipe.
Le meneur de jeu est directement impliqué dans près de la moitié des buts français. Sans compter les décalages et autres appels pour ouvrir des espaces à ses coéquipiers mais que les statistiques ignorent.

L’idée commune à tous les adversaires de Michael Olisé, est d’éviter que ses partenaires le trouvent dans les meilleures dispositions. À savoir, entre les lignes, en mouvement et dans le sens du but (voir capture ci-dessous).

En huitième de finale, les Paraguayens ont essayé le plus souvent de se retrouver en situation de supériorité numérique dans sa zone. Tout en assumant d’être en infériorité ailleurs.

Une stratégie qui a réduit son influence, puisque la France s’est qualifiée sans qu’il ne soit décisif. Et c’est assez rare pour être souligné, Kylian Mbappé et Ousmane Dembélé n’ont pas été plus inspirés.
Bien que le Madrilène ait marqué le but de la victoire sur penalty. Son septième du tournoi.
Dès lors, limiter les espaces à la perte sera un élément non négociable afin de réduire le périmètre d’action de l’attaquant madrilène et celui du Ballon d’Or parisien.

Comment transpercer la muraille française
La France n’a encaissé que deux buts sur les six derniers matches. Mais les Lions de l’Atlas ont des atouts pour en ajouter.
En revoyant attentivement les dernières rencontres des Français, il est évident que, sur le plan de l’attitude, tout le monde défend et tout le monde fait les efforts. Mais avec plus ou moins d’intensité et plus ou moins de régularité.
Plusieurs séquences montrent un travail des joueurs offensifs plus mesuré parfois. Des faiblesses défensives en particulier dans le couloir droit, aperçues notamment contre le Sénégal, la Norvège et la Suède.

Les Français ont été fragiles sur certaines séquences. Quelquefois, l’attaquant lâche le marquage de son joueur qui a tout loisir de s’engouffrer dans l’espace entre le latéral, Jules Koundé, et son central le plus proche, Dayot Upamecano (voir ci-dessous).

Et si les Marocains peuvent se targuer d’une supériorité dans une zone du terrain, ce serait dans l’entrejeu. Alors qu’Aurélien Tchouaméni ira vraisemblablement sur le banc au mieux, la doublette composée de Manu Koné et Adrien Rabiot est loin de surclasser Neil El Aynaoui et Ayyoub Bouaddi.
C’est aussi le moment pour El Aynaoui d'afficher définitivement sa supériorité sur Manu Koné, son concurrent à l’AS Roma.
Une chose est sûre, nous aurons, ce jeudi soir, l’une des plus formidables ambiances jamais vues aux États-Unis, pour un match de l’équipe nationale.
Elle accompagnera la force développée par les Lions de l’Atlas à travers un collectif que plusieurs talents transcendent mais qu’aucune individualité ne parasite. Et cela reste le meilleur moyen de battre la France.
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