Santé : le Maroc lance sa campagne contre les envenimations, après plus de 20.000 piqûres de scorpion en 2025
Organisée jusqu’au 3 juillet à El Kelâa des Sraghna, l’opération cible les zones rurales, les professionnels de santé et les gestes de prévention. En 2025, ces accidents ont causé 27 décès liés aux scorpions et 18 aux serpents, avec Marrakech-Safi et Tanger-Tétouan-Al Hoceïma parmi les régions les plus exposées.
Le ministère de la Santé et de la Protection sociale a donné, mardi 30 juin 2026, le coup d’envoi de la Semaine nationale de prévention et de lutte contre les envenimations scorpioniques et ophidiennes, organisée jusqu’au 3 juillet dans la province d’El Kelâa des Sraghna.
Placée sous le thème “De la prévention à la prise en charge : agissons efficacement contre les envenimations dues aux piqûres de scorpions et aux morsures de serpents”, cette campagne vise à renforcer la culture de la prévention, à améliorer la prise en charge des victimes, notamment dans les zones rurales et éloignées, et à sensibiliser aux bons réflexes à adopter.
Dans ce cadre, le ministère prévoit des formations en ligne destinées aux professionnels de santé, ainsi qu’une conférence de presse nationale afin de renforcer la prévention et de promouvoir les bonnes pratiques de prise en charge. Il rappelle également quelques gestes essentiels pour réduire les risques, notamment porter des chaussures et des gants, vérifier les alentours avant de manipuler des objets, garder son calme en cas de piqûre ou de morsure, et se rendre rapidement dans l’établissement de santé le plus proche.
Cette mobilisation intervient alors que les piqûres de scorpion et les morsures de serpent continuent de représenter un enjeu de santé publique au Maroc. Selon les données du Centre antipoison et de pharmacovigilance du Maroc (CAPM), 20.583 cas de piqûres de scorpion et 405 cas de morsures de serpent ont été enregistrés en 2025.
Les piqûres de scorpion toujours en hausse
En 2025, le Maroc a enregistré 20.583 piqûres de scorpion, contre 16.946 en 2024, soit une nette hausse du nombre de cas. Malgré cette augmentation, le nombre de décès a légèrement diminué, passant de 29 à 27, ce qui traduit une amélioration de la prise en charge des victimes.
Sur le long terme, les indicateurs montrent une baisse importante de la mortalité liée aux piqûres de scorpion. Le taux de létalité global est ainsi passé de 2,37% en 1999 à 0,13% en 2025. Chez les enfants, particulièrement vulnérables au venin, ce taux est tombé de 5,7% à 0,53% sur la même période, tandis que la létalité des envenimations sévères a reculé de 7,1% à 1,03%.
La région de Marrakech-Safi demeure l’épicentre des accidents scorpioniques. Elle a recensé 5.971 cas en 2025, contre 5.178 un an auparavant. Le nombre de décès y est également en hausse, passant de 7 à 11.
La situation est particulièrement préoccupante dans la province d’El Kelâa des Sraghna, où les déclarations ont plus que doublé en un an, passant de 359 à 763 cas. Le nombre de décès est resté élevé, avec 7 décès en 2025, contre 6 en 2024.
Le profil des victimes reste relativement stable. Les adultes représentent 72% des personnes piquées, contre 28% pour les enfants. Les hommes et les femmes sont touchés dans des proportions presque identiques.
Les données montrent également que 70% des accidents surviennent en milieu rural, 77% au domicile, et que 70% des piqûres ont lieu entre 18 h et 6 h, période d’activité des scorpions. Dans 70% des cas, les piqûres concernent les parties distales, notamment les mains et les pieds.
La période estivale concentre la majorité des accidents. Les déclarations augmentent dès le mois de mai et atteignent leur maximum entre juin et août, avec un pic observé en juillet.
Plus de 400 morsures de serpents recensées
Le bilan fait également état de 405 cas d’envenimations ophidiennes en 2025, soit une incidence de 1,07 cas pour 100.000 habitants.
Les adultes représentent 76,6% des victimes, soit 308 cas, contre 23,4% pour les enfants, soit 97 cas. L’âge moyen des patients est de 31 ans et les hommes sont environ deux fois plus touchés que les femmes.
Sur le plan clinique, 28,6% des patients ont présenté une forme grave de l’envenimation. Au total, 18 décès ont été enregistrés, correspondant à un taux de létalité de 4,4%, tandis que 1% des survivants ont conservé des séquelles.
La répartition géographique révèle d’importantes disparités. La région de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma arrive largement en tête avec 139 cas, suivie de Souss-Massa, avec 65 cas, et de Béni Mellal-Khénifra, avec 42 cas. À elles seules, les deux premières régions concentrent la moitié des cas recensés à l’échelle nationale.
Viennent ensuite Fès-Meknès, avec 40 cas, Drâa-Tafilalet, avec 39, Rabat-Salé-Kénitra, avec 32, puis Marrakech-Safi, avec 16, Casablanca-Settat, avec 12, l’Oriental, avec 10, Laâyoune-Sakia El Hamra, avec 6, Dakhla-Oued Eddahab, avec 4, et Guelmim-Oued Noun, qui n’a enregistré qu’un seul cas en 2025.

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