Maroc-Pays-Bas : avant le choc de Monterrey, la presse néerlandaise pointe les failles des Oranje
À la veille du seizième de finale, les médias des Pays-Bas s’attardent sur les espaces laissés entre les lignes par la sélection de Ronald Koeman, mais aussi sur les menaces Hakimi, Saibari, Brahim Diaz ou Bouaddi. L’avant-match est également traversé par le débat suscité par Ibrahim Afellay, ancien international néerlandais d’origine marocaine, qui a assumé soutenir les Lions de l’Atlas.
À la veille de Maroc-Pays-Bas, seizième de finale du Mondial 2026 prévu lundi 29 juin au soir à Monterrey, la presse néerlandaise aborde le rendez-vous avec prudence. Les Oranje ont évité le Brésil, mais les Lions de l’Atlas sont présentés comme un adversaire dangereux, porté par une génération installée au plus haut niveau et par de nombreux liens avec le football néerlandais.
La NOS, média public de référence, insiste sur cette double dimension. Sportivement, le Maroc est décrit comme une équipe de qualité, capable de poser de sérieux problèmes aux Pays-Bas. Humainement, l’affiche est présentée comme un match à part, en raison des nombreux joueurs marocains passés par l’Eredivisie ou formés aux Pays-Bas.
Noussair Mazraoui, Ismael Saibari, Sofyan Amrabat ou Anass Salah-Eddine figurent parmi les noms cités dans ce récit d’un duel entre deux univers très liés. La NOS reprend aussi les réactions de la presse étrangère, qui voit dans ce Maroc-Pays-Bas l’un des chocs les plus attendus de ce début de phase à élimination directe.
Dans le camp néerlandais, le respect affiché est net. Jan Paul van Hecke a parlé d’un “match qu’on veut jouer dans un Mondial”. Tijjani Reijnders s’attend à une équipe marocaine agressive dans les duels. Ronald Koeman a désigné Achraf Hakimi comme la “vedette” des Lions de l’Atlas. Virgil van Dijk a, lui, évoqué une équipe dotée de “beaucoup de qualités footballistiques”, même s’il la juge aussi vulnérable.
Frenkie de Jong a notamment dit avoir été impressionné par la prestation marocaine face au Brésil. Le Maroc n’est donc plus traité comme une surprise. Dans un autre long format, la NOS rappelle que la sélection marocaine est passée de la 95e à la 7e place mondiale en seize ans, devant les Pays-Bas.
Le média met en avant la modernisation engagée à partir de la fin des années 2000, le rôle de l’Académie Mohammed VI et le repérage des talents issus de la diaspora. Il souligne également que l’équipe dirigée par Mohamed Ouahbi n’est plus seulement associée au bloc compact de 2022, mais à un jeu plus offensif et plus ambitieux.
Compacité néerlandaise en question
L’un des principaux sujets de l’avant-match concerne toutefois les Pays-Bas eux-mêmes. Après la phase de groupes, Ronald Koeman a reconnu que son équipe avait laissé trop d’espaces entre les lignes. Ce manque de compacité est largement repris par la presse néerlandaise comme l’un des dangers majeurs avant d’affronter le Maroc.
Face à des joueurs capables d’accélérer, comme Hakimi, Saibari ou Brahim Diaz, les erreurs défensives tolérées jusque-là pourraient se payer plus cher. Koeman assure que son staff a travaillé ce point avant la rencontre de Monterrey.
Le sélectionneur néerlandais estime toutefois que le Maroc peut aussi être pris à défaut. ESPN NL et VoetbalPrimeur ont repris son analyse : les Lions de l’Atlas attaquent avec beaucoup de joueurs et disposent de fortes individualités, mais laissent également des espaces que les Oranje espèrent exploiter en transition.
Cette lecture est partagée par plusieurs consultants. Rafael van der Vaart, interrogé par Le360 puis repris aux Pays-Bas, a insisté sur la bataille du milieu. L’ancien international néerlandais s’est dit impressionné par Ayyoub Bouaddi contre le Brésil et a prévenu que Frenkie de Jong devrait être “à son meilleur niveau”, sous peine de créer un “très gros problème” pour les Pays-Bas.
Van der Vaart a aussi relevé que les montées de Hakimi pouvaient ouvrir des espaces pour Cody Gakpo. Selon lui, l’équipe qui aura le plus de cran pourrait faire la différence.
Valentijn Driessen, éditorialiste de De Telegraaf, a pour sa part présenté le match comme un test important pour Koeman. Repris par VoetbalPrimeur, il rappelle que les Pays-Bas n’ont plus battu de nation du top 25 mondial sous Koeman depuis 2019. Pour lui, le Maroc est “vulnérable”, mais possède des joueurs “hors catégorie”, notamment Hakimi et Saibari.
Après la conférence de presse du sélectionneur néerlandais, d’autres commentaires ont porté sur la sévérité de son diagnostic. Manque de compacité, espaces entre les lignes, vitesse de circulation insuffisante : Koeman a lui-même énuméré plusieurs points à corriger. Jeroen Kapteijns, autre voix reprise dans l’environnement de De Telegraaf, s’est montré sceptique sur la possibilité de tout régler en deux séances d’entraînement.
Afellay ravive le débat des appartenances
Le match a aussi fait naître un débat plus sensible aux Pays-Bas. Ibrahim Afellay, ancien international néerlandais d’origine marocaine, a affirmé à la télévision qu’il soutiendrait le Maroc. “Mon cœur est avec le Maroc”, a-t-il expliqué, en évoquant ses racines, ses parents et sa famille.
La séquence a suscité des réactions, car Afellay a porté le maillot des Oranje à 53 reprises. Hedwiges Maduro l’a défendu, estimant qu’il parlait “avec son cœur” et que ce type de choix pouvait revenir à devoir choisir entre “son père et sa mère”.
Cette dimension identitaire accompagne largement l’avant-match. La NOS évoque des “cœurs partagés”, tandis que plusieurs médias néerlandais rappellent les liens personnels, familiaux et sportifs qui entourent l’affiche.
La question des tirs au but est également présente. Koeman a reconnu que les Pays-Bas travaillaient régulièrement cet exercice, tout en rappelant qu’une partie de la pression restait impossible à reproduire à l’entraînement. Le souvenir est sensible pour les Oranje, éliminés aux penalties par l’Argentine lors de leurs deux dernières Coupes du monde conclues en phase à élimination directe, en 2014 et en 2022.
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