Maroc-Pays-Bas : Ouahbi refuse de dévoiler ses “solutions”, Koeman regrette un choc trop précoce
À Monterrey, où les Lions de l’Atlas affrontent les Oranje lundi 29 juin au soir en seizième de finale du Mondial 2026, les deux camps ont insisté sur l’exigence d’un rendez-vous sans marge.
À la veille de Maroc-Pays-Bas, programmé lundi 29 juin au soir à Monterrey, en seizième de finale du Mondial 2026, Mohamed Ouahbi et Yassine Bounou côté marocain, Ronald Koeman et Virgil van Dijk côté néerlandais, ont livré dimanche 28 juin deux conférences de presse aux messages convergents : l’affiche arrive très tôt, mais elle ne laisse plus aucune marge.
Le Maroc et les Pays-Bas abordent ce rendez-vous comme un match déjà digne d’un tour avancé. “C’est en fait dommage que le match ait lieu maintenant”, a estimé Koeman, jugeant que les deux équipes auraient normalement vocation à aller plus loin dans le tournoi. Ouahbi, lui, a refusé de se projeter au-delà du terrain : “Je ne vais pas expliquer le plan pour demain”, a-t-il souri, rappelant qu’il s’agit d’un quatrième match de Coupe du monde, mais surtout d’un match à élimination directe.
Le Maroc cherche d’autres solutions
Face à un nouvel adversaire et à un nouveau profil, le sélectionneur marocain a expliqué que son équipe devrait encore “trouver d’autres solutions”, comme elle l’a fait lors de ses trois premiers matchs. Le Maroc, a-t-il dit, a su gérer des adversaires différents, en restant appliqué, tout en adaptant ses réponses. “On va rester sur ce qu’on sait faire de bien”, a-t-il résumé, tout en tenant compte de ce que les Pays-Bas pourraient poser comme problèmes.
Le technicien a assuré que son groupe était prêt physiquement. Le troisième match de poule, face à Haïti, a permis de gérer les temps de jeu, de donner des minutes à plusieurs joueurs et de maintenir l’ensemble du groupe concerné. “Tout le monde est bien physiquement, tout le monde est appliqué, tout le monde est impliqué”, a-t-il dit.
Yassine Bounou, interrogé sur ses dégagements longs et l’absence d’un point d’ancrage évident devant, a refusé d’en faire une question de profil. Selon lui, ces choix dépendent surtout des solutions disponibles : il vaut parfois mieux perdre le ballon “à 60 mètres” de son but qu’à vingt. À la veille d’un match couperet, le gardien marocain a surtout insisté sur la portée du rendez-vous. “On sait déjà que ça va être l’un des moments les plus importants de notre vie”, a-t-il confié, disant l’impatience du groupe de le vivre.
Ouahbi a aussi été interrogé sur l’élan populaire autour des Lions de l’Atlas, notamment après la diffusion d’une photo montrant des enfants marocains suivant un match tard dans la nuit. Il y voit une motivation, mais pas la principale. “La plus grande motivation qu’on a, que les joueurs ont, c’est de porter ce maillot et de représenter ce pays”, a-t-il répondu. Avec cette motivation-là, a-t-il ajouté, le Maroc peut “soulever des montagnes”.
Le sélectionneur a également été questionné sur la particularité d’affronter les Pays-Bas, pays où plusieurs internationaux marocains ont grandi ou évolué. Lui-même né en Belgique, Ouahbi a dit connaître ce “sentiment particulier” d’affronter un pays qui a compté dans une vie. Mais il ne veut pas que ses joueurs d’origine néerlandaise se perdent dans l’émotion. “Ils veulent gagner le match pour le Maroc, et pas juste pour faire du mal aux Pays-Bas”, a-t-il résumé.
Le statut de favori, lui, l’intéresse peu. Koeman a beau avoir laissé entendre que les Pays-Bas ne se voyaient pas forcément favoris, Ouahbi dit ne pas vouloir entrer dans ce jeu. “Ça m’est égal”, a-t-il tranché. Ce qui compte, selon lui, c’est le terrain. Le Maroc est désormais respecté, mais il devra encore le montrer. “Ça va être un gros match”, a-t-il lancé, espérant revivre, après Maroc-Brésil, “l’un des meilleurs matchs de la Coupe du monde”.
Les Oranje veulent resserrer les lignes
Côté néerlandais, Koeman a lui aussi insisté sur le niveau de l’adversaire. Le sélectionneur des Oranje décrit le Maroc comme une équipe offensive, dotée de joueurs de grande qualité individuelle, mais aussi comme une équipe qui, comme toutes les autres, laisse parfois des espaces. Les Pays-Bas veulent donc neutraliser les armes marocaines et exploiter les transitions.
Koeman a aussi reconnu que son équipe devait corriger certains déséquilibres. Les trois matchs de poule ont montré de bons moments, notamment dans la création d’occasions et les transitions offensives, mais aussi des espaces concédés sans ballon. Contre un adversaire plus fort, a-t-il averti, cela ne pardonnera pas. Les Pays-Bas ont donc travaillé pour être plus compacts et laisser moins de distance entre les lignes.
Virgil van Dijk a confirmé ce chantier défensif. Le capitaine néerlandais s’est dit coresponsable de l’organisation du bloc et a expliqué que les Oranje avaient beaucoup travaillé ces deux derniers jours sur les distances, la compacité et les images vidéo. Face au Maroc, a-t-il dit, il faudra être meilleur que lors des matches précédents.
Le défenseur de Liverpool s’attend à “un match très, très difficile” contre une équipe marocaine “avec beaucoup de qualité”. Il a cité Achraf Hakimi, “l’un des meilleurs latéraux droits du monde”, Ismael Saibari, très en forme, Yassine Bounou, l’expérience marocaine, Brahim Diaz, ainsi qu’Ayyoub Bouaddi, sans le nommer, en évoquant “ce jeune milieu défensif en train de percer”. Pour lui, ce premier match à élimination directe est simple : “Do or die.”
Les Néerlandais ne s’attendent pas pour autant à jouer dans un environnement hostile. Interrogé sur l’accueil reçu par le Maroc au Mexique, Van Dijk a répondu qu’il voyait les choses autrement. “Je pense qu’il y aura beaucoup d’orange”, a-t-il prévenu, s’attendant aussi à une marche de supporters néerlandais impressionnante.
Chaleur, penalties et marge réduite
La chaleur et les conditions de jeu à Monterrey ont aussi été évoquées dans les deux camps. Ouahbi a rappelé que la température concernerait les deux équipes, même si la plupart de ses joueurs évoluent en Europe. Van Dijk a, lui, découvert le stade et noté que la chaleur pouvait y rester piégée sous le toit, un détail susceptible de compter.
Les tirs au but ont naturellement occupé une place dans les échanges, le souvenir de Bounou contre l’Espagne en 2022 n’étant jamais loin. Le gardien marocain a assuré que son équipe était prête à affronter tous les scénarios : 90 minutes, 120 minutes ou penalties. Koeman, ancien spécialiste de l’exercice, a expliqué que les Pays-Bas les travaillaient régulièrement, environ un jour sur deux, mais qu’une partie de la pression restait impossible à reproduire à l’entraînement. Van Dijk, qui avait manqué son tir au but contre l’Argentine au Qatar malgré des séances réussies, a abondé : certains moments ne se simulent pas.
Interrogé enfin sur le format de la Coupe du monde à 48 équipes, Ouahbi a refusé de se plaindre du tirage ou du règlement, même si le Maroc, avec sept points en phase de groupes, hérite d’un cador. “Injuste, c’est un gros mot”, a-t-il dit. Le format n’est peut-être pas idéal, selon lui, mais tout le monde le connaissait avant le tournoi.
Reste le match, et seulement le match. “Il faudra être complet”, a résumé Ouahbi, pour qui ce seizième exigera à la fois du physique, de la tactique, de la technique et du mental. Bounou a promis que le Maroc serait “à la hauteur”. Koeman, lui, sait que la marge a disparu : “Maintenant, c’est le KO.”
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