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Younès El Aynaoui raconte Neil : Ronaldinho, Rome et le Maroc

Dans L’After Foot sur RMC, lundi 22 juin, l’ancien n°14 mondial de tennis est revenu sur la passion précoce de son fils pour le ballon, son départ de Lens après un transfert avorté à Monaco, les appels insistants de Walid Regragui et une décision de sélection qu’il présente comme évidente : “Il y avait le Maroc.”

Younès El Aynaoui raconte Neil : Ronaldinho, Rome et le Maroc
Neil El Aynaoui et Younès El Aynaoui.
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Le 23 juin 2026 à 14h11 | Modifié 23 juin 2026 à 14h27

De Ronaldinho regardé en boucle aux appels répétés de Walid Regragui, du transfert avorté à Monaco au choix de l’AS Rome, Younès El Aynaoui a longuement raconté, dans un entretien diffusé lundi 22 juin 2026 dans l’émission L’After Foot sur RMC, le parcours de son fils Neil, international marocain aujourd’hui installé parmi les visages les plus suivis des Lions de l’Atlas.

L’ancien tennisman marocain, ex-n°14 mondial, a d’abord reconnu ne pas avoir immédiatement identifié chez son fils un futur joueur professionnel. “Moi non, parce que je n’y connais pas grand-chose au foot”, a-t-il expliqué, avec humour, disant avoir seulement remarqué qu’enfant, Neil “courait vite” lorsqu’il tentait d’échapper à son frère.

Un enfant happé par le football

Les premiers signes sont venus plus tard. Younès El Aynaoui raconte qu’en Sardaigne, dans un hôtel où se trouvaient des entraîneurs de Chelsea, l’un d’eux s’était approché de la famille pour lui dire : “Ce petit, il a vraiment quelque chose.” Neil avait alors 10 ans.

Mais au-delà des qualités physiques, son père insiste surtout sur la passion. Quand ses frères regardaient des dessins animés, Neil suivait Ronaldinho et les gestes des footballeurs. Cette obsession ne l’a pas quitté. Même aujourd’hui, à Rome, il lui arrive, selon son père, d’allumer vers 23h30 les lumières du petit terrain installé chez lui pour continuer à jouer ou répéter des gestes.

Younès El Aynaoui assure ne pas avoir orienté son fils vers le football. Lui connaissait les exigences du tennis de haut niveau et imaginait même que le ballon rond serait “plus facile”. Il dit avoir découvert un sport beaucoup plus violent qu’il ne le pensait, avec “énormément de chocs” et déjà beaucoup de blessures pour un joueur de 24 ans. Mais il dit avoir encouragé ses enfants dans leur passion sportive. “Le foot, c’est vraiment lui qui a choisi”, résume-t-il.

Sur le niveau de Neil, l’ancien tennisman dit désormais comprendre qu’il est “bon”, mais souligne que le joueur reste d’une grande exigence avec lui-même. Le premier thermomètre, raconte-t-il, ce sont ses frères, “très durs avec lui”. Neil lui-même sort rarement satisfait d’un match. “Depuis quatre ans qu’il est professionnel”, estime son père, il ne l’aurait vu qu’une seule fois quitter le terrain vraiment content.

Cette insatisfaction permanente est, selon lui, une marque des joueurs qui veulent progresser. La saison italienne a toutefois été difficile par moments. Younès El Aynaoui explique que Neil a moins joué en Italie et que cela a été “dur pour lui”, tout en assurant qu’il ne regrette pas son choix de l’AS Rome. Le début de saison s’était bien passé, avant une période plus compliquée après la Coupe d’Afrique, marquée selon lui par la fatigue et par le fait que le club, notamment l’entraîneur, aurait peu apprécié son absence prolongée.

Lens, Monaco, Rome : des choix en famille

L’ancien tennisman est également revenu sur les coulisses des transferts. Après la première saison de Neil à Lens, Monaco avait voulu le recruter, mais l’opération avait été avortée à cause de son genou, pas encore rétabli. L’année suivante, l’AS Rome s’est manifestée. Neil a alors vu l’opportunité de rejoindre un club pouvant viser le haut du classement en Italie. Les clubs se sont entendus et le transfert s’est fait.

Younès El Aynaoui explique que son fils avait un agent jusqu’au dossier Monaco, puis que son frère s’est occupé du transfert à Rome. Il assume ce fonctionnement familial, tout en reconnaissant que les agents sont “omniprésents” dans le football. L’objectif, dit-il, était de laisser Neil libre de choisir, sans être guidé par les relations éventuelles d’un agent avec certains clubs. À son départ de Lens, plusieurs clubs ont appelé directement, et “c’est Neil, à chaque fois, qui acceptait ou pas de parler avec ces clubs”.

“Il y avait le Maroc”

Le choix de la sélection marocaine occupe une place centrale dans l’entretien. Younès El Aynaoui affirme qu’au départ, son fils regardait l’équipe de France comme une sélection de très haut niveau et doutait peut-être de pouvoir un jour y être appelé. Mais Neil avait déjà disputé assez tôt un match avec les U20 du Maroc et évoluait à Nancy dans un environnement où plusieurs coéquipiers marocains l’entouraient.

Pour son père, il n’y a toutefois pas eu de vrai dilemme entre la France et le Maroc. “Il n’y avait pas de choix à faire puisque l’équipe de France n’avait pas fait appel à lui non plus”, dit-il. Puis il résume simplement : “Il y avait le Maroc.”

Younès El Aynaoui souligne aussi le rôle de Walid Regragui, qu’il décrit comme très présent sur ce dossier. Le sélectionneur marocain appelait Neil “très souvent” depuis plusieurs années. Si le joueur n’a pas rejoint plus tôt les Lions de l’Atlas, c’est, selon son père, en raison de son genou. Dans son esprit, le choix était clair, mais il voulait venir lorsqu’il serait en mesure de jouer, pas seulement pour être dans le groupe.

Neil demande parfois conseil à son père. Celui-ci dit essayer de lui présenter “le pour et le contre”, avant de le laisser décider. Younès El Aynaoui compare aussi ce choix à son propre parcours. Lui aurait pu, à une époque, envisager autre chose, mais le Maroc s’était imposé naturellement : il y est né, y a grandi, y a appris le tennis et n’a quitté le pays qu’à 18 ans.

L’entretien a aussi glissé vers l’ambiance autour des Lions de l’Atlas. Younès El Aynaoui raconte être allé voir France-Sénégal avec le frère de Neil, dans l’espace famille français. Il lui a alors fait remarquer que Neil aurait pu être là, côté français. Son fils a regardé autour de lui avant de répondre : “Papa, il y a quand même un peu moins d’ambiance que quand on est dans l’espace famille Maroc.”

L’ancien tennisman décrit des supporters marocains “vraiment à fond derrière leur équipe”, parfois dans une ferveur “démentielle”. Il souligne les sacrifices consentis par de nombreux fans malgré le prix élevé des billets, évoquant aussi l’aide de la Fédération et des formules de voyage mises en place avec Royal Air Maroc pour permettre à des supporters de venir encourager la sélection.

Selon lui, la passion actuelle s’explique par une séquence historique : la demi-finale du Mondial 2022, la Coupe d’Afrique organisée au Maroc, puis cette nouvelle Coupe du monde. Mais elle tient aussi au niveau des joueurs. Younès El Aynaoui cite Achraf Hakimi, vainqueur de la Ligue des champions avec le PSG, ainsi que les internationaux marocains évoluant dans de grands clubs. “Les gens sentent qu’il y a moyen de rêver”, dit-il.

Enfin, l’ancien champion est revenu sur la finale de la CAN disputée à Rabat, tout près de la maison familiale. Il parle d’une “magnifique expérience”, mais aussi d’une finale “un peu chaotique”, marquée par une longue interruption et par le sentiment que le titre attribué ensuite au Maroc n’a pas la même saveur pour un sportif.

Neil, dit-il, ne se sent pas champion d’Afrique. À ses yeux, cette finale perdue sur le terrain doit plutôt servir de motivation pour la prochaine édition. “Tu n’as pas envie de gagner devant le Tribunal arbitral du sport”, résume Younès El Aynaoui. “Et même pas de la partager.”

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