Avec le CMI, z.systems veut faire du smartphone un outil de paiement pour les commerces de proximité
Dans un univers où plus de 99% des achats chez les détaillants se font encore en espèces, l’intégration de Fatourati, la plateforme multicanal du CMI, doit permettre à près de 16.000 hanouts de régler leurs commandes via applications bancaires ou wallets, sans TPE ni contrat d’acquisition. Pour la startup z.systems, l’enjeu est aussi de rendre les fonds immédiatement réutilisables dans un circuit où la liquidité reste vitale.
Avec pour objectif de faciliter l’adoption du paiement digital dans un commerce de détail encore largement dominé par le cash, la startup marocaine z.systems a récemment annoncé un partenariat avec le Centre monétique interbancaire (CMI) pour intégrer l’écosystème de paiement multicanal Fatourati à sa plateforme.
Concrètement, z.systems devient un créancier agréé au sein de l’écosystème Fatourati. Cette intégration permet à son réseau de près de 16.000 détaillants de recevoir et d’effectuer des paiements à travers les applications bancaires, les portails d’e-banking, les wallets Maroc Pay ou encore les points de paiement connectés à Fatourati.
Pour Samer Choumar, fondateur et directeur général de z.systems, l’enjeu dépasse largement l’ajout d’un nouveau moyen de paiement. "Le téléphone du commerçant devient le terminal", explique-t-il dans un échange avec Médias24. Autrement dit, un détaillant peut désormais accepter ou effectuer des paiements digitaux sans installer de terminal de paiement électronique (TPE), sans signer de contrat d’acquisition commerçant et sans investissement matériel supplémentaire.
Cette évolution vise un marché encore largement dominé par le cash. Selon le dirigeant, plus de 99% des transactions du commerce de détail traditionnel reposent encore sur les espèces. Ce constat s’explique notamment par les contraintes économiques et techniques liées aux solutions de paiement classiques.
Du cash au paiement mobile
Le partenariat intervient après deux années consacrées au développement de la plateforme. "On ne peut pas digitaliser les paiements dans un marché qui n’effectue pas encore de transactions numériques", souligne Samer Choumar. La startup affirme avoir traité plus de 100.000 commandes et multiplié par 87 son volume d’affaires en douze mois. Une dynamique qui, selon l’entreprise, traduit une demande croissante des commerçants pour davantage de services digitaux.
Pour les détaillants, le changement se veut avant tout pratique. Après avoir passé une commande via l’application Z App, ils pourront désormais la régler directement depuis leur application bancaire ou leur wallet mobile, à tout moment et en quelques secondes. Les paiements seront accessibles 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.
L’entreprise insiste également sur un autre frein souvent sous-estimé : la liquidité. "Un hanout a besoin que son argent soit disponible immédiatement pour se réapprovisionner", explique le dirigeant. Or, les circuits classiques du paiement digital peuvent parfois nécessiter plusieurs jours avant que les fonds ne soient crédités. Avec l’intégration de Fatourati, z.systems assure que les montants reçus restent immédiatement mobilisables pour effectuer de nouveaux achats sur la plateforme.
Au-delà des commerçants, les marques, grossistes et distributeurs présents sur z.systems devraient également bénéficier de règlements plus rapides et d’une meilleure traçabilité des flux financiers. "Lorsque les paiements sont digitaux, il devient possible de suivre l’ensemble du cycle, de la commande jusqu’au règlement", fait valoir Samer Choumar.
Pour favoriser l’adoption du paiement digital, l’entreprise mise sur une transition progressive. Son programme de fidélité financé par les marques constitue l’un des leviers utilisés pour attirer les détaillants sur la plateforme avant de les familiariser avec les services de paiement numériques.
Une plateforme en phase d’accélération
Depuis son lancement en avril 2025, z.systems revendique près de 16.000 détaillants actifs, plus de 650 marques distribuées à travers 90 magasins digitaux indépendants et plus de 3.500 références produits. Ses infrastructures ont déjà traité plus de 1,8 million de transactions au sein de son écosystème.
Sélectionnée par le ministère de l’Industrie et du commerce dans le cadre de la stratégie Commerce 2030, la startup participe à l’objectif de connecter numériquement 50.000 détaillants à l’horizon 2030. Après avoir levé 2,7 millions de dollars depuis sa création, elle prépare désormais un tour de financement Pre-Series A.
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