G7, énergie, agriculture : ce qu’il faut retenir du Forum de Paris sur la paix à Rabat
Alors que les tensions au Moyen-Orient ont fragilisé la sécurité énergétique et alimentaire mondiale, cette édition veut ériger les bonnes réflexions pour redynamiser la résilience des transitions alimentaire, énergétique et minière face aux chocs. Les conclusions du Forum pourraient influencer les futures décisions du G7 sur l’énergie, l’agriculture et la sécurité alimentaire.
L’essentiel :
- La réunion de printemps 2026 du Forum de Paris sur la paix s'est ouverte ce 4 juin à Rabat (UM6P), dans un contexte de crise inéquivoque au Moyen-Orient.
- Labellisée « Présidence française du G7 », cette édition, qui vise à discuter des transitions résilientes, des systèmes alimentaires, énergétiques et miniers, verra ses conclusions portées au prochain sommet du G7, qui se tiendra du 15 au 17 juin 2026 à Évian.
- Particulièrement, l’investissement agricole en Afrique reste très loin des besoins. Ce déficit est aggravé par les pertes climatiques et par les crises géopolitiques.
- L’initiative Atlas, portée par OCP-IFC et pilotée par INNOVX, vise à catalyser les investissements agricoles et à renforcer les filières agricoles du continent.
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Les détails :
Après une première édition hors de France en 2024, à Benguerir, la Réunion de printemps du Forum de Paris sur la paix fait son retour au Maroc, à Rabat, au sein de l'université Mohammed VI Polytechnique (UM6P). Ouverte ce jeudi 4 juin, cette édition 2026 se tient dans une conjoncture géopolitique particulièrement tendue.
Le prochain sommet du G7 à Évian interviendra dans un contexte d’urgence absolue, avec pour double objectif de trouver des solutions concrètes à l’enlisement de la crise au Moyen-Orient, mais également de prévenir les futures ondes de choc énergétiques et alimentaires qui n’épargnent aujourd’hui aucune nation.
Labellisé « Présidence française du G7 », l'événement veut faire avancer des initiatives politiques concrètes et nourrir la réflexion sur la construction d'un avenir résilient dans un monde en pleine mutation.
Les conclusions de la réunion de Rabat seront portées « au plus haut niveau » via le G7, puis potentiellement lors d'autres rendez-vous, le G20 britannique l'an prochain, pour faire avancer les solutions et les convergences obtenues.
Leila Benali : ces chocs représentent aussi des opportunités qu'il ne faut pas laisser passer
Lors de son allocution, Leila Benali, ministre de la Transition énergétique et du développement durable, a plaidé pour un nouveau mode de partenariat. Selon elle, un partenariat digne du XXIᵉ siècle ne peut plus se résumer à un simple accord d'achat ferme, ni au seul co-investissement, faute de quoi il ne serait qu'un habillage de l'ancien schéma.
"Pour construire les transitions résilientes dont nous parlons aujourd'hui, ce vieux modèle extractif du siècle dernier ne fonctionne pas", a-t-elle averti.
La ministre est convaincue que ce modèle exige de bonnes bases, à savoir des infrastructures performantes, une vision régionale, une gouvernance robuste, des partenariats respectueux et une agilité en matière de sécurité, d'énergie, de mines et de finances, afin de convertir les richesses naturelles en résilience et en progrès social et économique concret.
"La résilience à long terme se construit par la coopération, dans le respect, la transparence et la traçabilité", a-t-elle précisé.
Elle a rappelé que le Maroc aborde sa transition en « pays-corridor », ancré dans son identité africaine et connecté de façon bidirectionnelle à l'Europe en gaz, en électricité, culturellement, logistiquement et ouvert sur les marchés mondiaux.
Loin de subir le contexte mondial, la ministre a mis en exergue la nécessité de capitaliser sur les bouleversements actuels : " Ces chocs représentent aussi des opportunités qu'il ne faut pas laisser passer. Ne jamais laisser une crise se perdre ".
Dans sa prise de parole, Leila Benali a également rappelé son bilan à la tête de son ministère : corridor OTC, réforme du code minier, cadastre minier numérique, relance de la région minière de Tafilalet et Figuig, ouverture à l'autoproduction, 45 % de capacité installée en renouvelables et 16 GW visés d'ici 2030…
Atlas-MAVA, une réponse au déficit d'investissement agricole en Afrique
En Afrique, et sans même tenir compte des effets de la crise actuelle, l'investissement total dans l'agriculture est passé de 41 à 48 milliards de dollars par an en 2024, un montant qui reste très loin des 100 à 200 milliards estimés nécessaires par la Banque mondiale.
L'environnement du continent se dégrade par ailleurs, avec environ 40 milliards de dollars de pertes en 2025 et des risques climatiques qui dépassent les efforts d'adaptation. S'y ajoute la crise en mer Rouge, qui perturbe à la fois les céréales et l'énergie, avec des effets attendus sur six à neuf mois.
C'est ce diagnostic que veut porter l'initiative Atlas, lancée en novembre 2023 comme plateforme de référence du dialogue Sud-Nord dédiée à l'agriculture africaine, avec pour objectif de bâtir un consensus sur les politiques, les priorités d'investissement et les cadres de coopération nécessaires à une agriculture durable.
En deux ans, Atlas est devenu un véritable écosystème – consensus construit, investissements mobilisés et points de vue rapprochés autour d'une conviction, l'agriculture africaine doit être correctement financée.
L'initiative s'appuie sur deux leviers. D'une part, MAVA (Mobilisation pour l'Agriculture en Afrique), née du partenariat entre l'OCP et l'IFC et pilotée par INNOVX, est chargée de mobiliser les investissements et de renforcer les filières.
D'autre part, le baromètre Atlas, qui centralise les données publiques, privées et philanthropiques sur l'investissement dans les systèmes agricoles africains, afin d'offrir aux décideurs et aux investisseurs la transparence nécessaire à de bonnes décisions.
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