Élections 2026 : la FGD et le PSU feront front commun
Réunis séparément le dimanche 10 mai à Casablanca et à Mohammédia, les deux conseils nationaux ont validé des candidatures communes et une répartition des circonscriptions, quatre ans après les divisions de 2021.
Le dimanche 10 mai 2026, à Casablanca, s’est tenu le conseil national de la Fédération de la gauche démocratique (FGD). Simultanément, à Mohammédia, le Parti socialiste unifié (PSU) organisait le sien. Les deux conseils ont abouti à la formation d’une nouvelle alliance électorale FGD-PSU pour les législatives du 23 septembre.
À noter que le PSU avait décidé de faire cavalier seul lors des élections du 8 septembre 2021, mettant un terme au projet de fusion des partis de la FGD. Cette décision, jugée unilatérale et non démocratique par la FGD, avait provoqué une vague de démissions au sein du PSU dans la période précédant le scrutin.
La nouvelle alliance a été précédée par une réunion des deux formations politiques le vendredi 1er mai 2026, durant laquelle "les deux parties ont examiné les voies de renforcement de l'action commune et d'unification des efforts en vue d'élaborer des programmes militants à même de relever les défis actuels". Il a également été souligné la nécessité de rapprocher les positions politiques afin "d'ouvrir la voie à l'espoir, dans la perspective de la construction d'une alliance de gauche constituant un levier pour le changement démocratique", selon un communiqué conjoint publié par les deux bureaux politiques.
Une alliance à la fois politique et électorale
Sollicité par Médias24, Abdessalam Laâziz, secrétaire général de la FGD, explique que "la décision s’inscrit dans une démarche à la fois politique, stratégique et électorale, qui dépasse largement la seule logique circonstancielle des échéances de 2026".
"Concrètement, il s’agit d’un accord politique visant à présenter des candidatures communes lors des élections législatives de septembre 2026, à travers des listes unifiées et une coordination électorale structurée entre les deux formations. Il comprend notamment une répartition concertée des circonscriptions, fondée sur des critères organisationnels et politiques, impliquant des concessions mutuelles afin de maximiser les chances de représentation des forces de gauche démocratique", ajoute-t-il sur la nature de l’alliance.
Concernant les facteurs ayant contribué à cette décision, le secrétaire général de la FGD précise qu'"il y a un enseignement électoral clair tiré des élections de 2021. La dispersion des candidatures de gauche a eu un coût politique important. Nous avons considéré que cette division avait entraîné une perte significative de voix et empêché l’émergence d’un groupe parlementaire de gauche plus fort et plus audible au sein de l’institution parlementaire. La volonté actuelle est donc aussi de dépasser les erreurs du passé et de reconstruire une dynamique unitaire crédible".
Dans le même sens, Abdullah Abaakil, vice-secrétaire général du PSU contacté par Médias24, s’explique sur les motivations de cette décision. "Les principaux facteurs qui ont motivé la décision d'alliance électorale sont une meilleure couverture des circonscriptions électorales, et l'espoir d'une réaction positive du public pour une dynamique de campagne, dans un contexte morose et peu convaincu qui marque l'approche de cette échéance".
Il ajoute sur le consensus autour de la décision qu'"une large majorité, au sein des deux formations, est favorable à cette décision, mais elle ne fait l'unanimité dans aucun des deux conseils nationaux. La première raison de cette réticence est liée aux blessures de 2021, qui restent un obstacle à la confiance mutuelle nécessaire pour une campagne commune. La seconde raison, plus réaliste, est liée aux doutes concernant l'efficacité de la démarche en termes de résultats, dans un système largement favorable à l'émiettement de l'offre politique plutôt qu'aux dynamiques d'union, encore renforcé par le maintien d'un quotient électoral absurde. Le défi à venir pour les deux formations sera de prouver le contraire aux réticents en leur sein".
Sur la question d’un éventuel élargissement de cette alliance pour inclure d’autres partis politiques, Abdullah Abaakil nous répond qu'"il n'y aura pas d'élargissement à d'autres formations, de gauche ou pas, de cette alliance. C'est déjà suffisamment compliqué de faire vivre une alliance à deux partis, qui ont pourtant une communauté partagée quant aux objectifs majeurs, mais des divergences d'approche et de pratiques militantes".
Répartition définitive des circonscriptions
FGD
Circonscriptions locales :
Fida Mers Sultan, Aïn Sebaâ ,Hay Mohammadi, Mohammédia, El Jadida, Médiouna, Nouaceur, Berrechid, Settat, Sidi Bernoussi, Rabat L’Océan , Salé Médina, Skhirat-Témara, Khémisset Oulmès, Tiflet Rommani, Sidi Kacem, Kélaa Nakhil, Al Haouz, Essaouira, Rhamna, Safi, Inezgane Aït Melloul, Taroudant Sud, Tétouan, M'diq-Fnideq, Larache, Al Hoceïma, Fahs-Anjra, Fès Sud, Boulemane, El Hajeb, Ifrane, Taounate-Tissa, Guercif, Figuig, Jerada, Taza, Béni Mellal, Fkih Ben Salah, Tinghir, Laâyoune, Boujdour, Ouarzazate, Zagora, Ouazzane, Midelt.
Circonscriptions régionales :
Casablanca-Settat · Rabat-Salé-Kénitra · Béni Mellal-Khénifra · Marrakech-Safi · Souss-Massa · L'Oriental · Laâyoune-Sakia El Hamra.
PSU
Circonscriptions locales :
Anfa, Hay Hassani, Aïn Chock, Ben Msik, Moulay Rachid, Bouskoura (Benslimane), Sidi Bennour, Rabat Chellah, Salé El Jadida, Kénitra, Sidi Slimane, El Gharb, Marrakech Menara, Sidi Youssef Ben Ali, Kelaat Sraghna, Chichaoua, Youssoufia, Fès Nord, Meknès, Sefrou, Moulay Yaâkoub, Kariat Ba Mohammed-Ghfassai, Tanger-Assilah, Chefchaouen, Agadir Ida Outanane, Chtouka Aït Baha, Taroudant Nord, Tiznit, Sidi Ifni, Oujda, Berkane, Nador, Taourirt, Azilal-Demnate, Bzou-Ouaouizeght, Khénifra, Khouribga, Guelmim, Oued Ed-Dahab, Tata.
Circonscriptions régionales :
Fès-Meknès · Tanger-Tétouan-Al Hoceïma · Drâa-Tafilalet · Guelmim-Oued Noun · Dakhla-Oued Ed-Dahab.
PSU : pourquoi Abdellah Abaakil dit “non” à l’unification de la gauche
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