Après deux tiktokeurs, Moul l'hout condamné à cinq ans d’interdiction des réseaux sociaux
L’interdiction d’utiliser les réseaux sociaux commence à s’imposer dans les décisions de justice au Maroc. Après les condamnations d’Adam Benchekroun et de “Moulinex”, l’affaire Abdelilah “Moul l'hout” à Marrakech confirme cette tendance, avec une peine de prison avec sursis accompagnée de cinq ans d’interdiction de publication en ligne.
Le tribunal de première instance de Marrakech a condamné Abdelilah El Hajout, connu sur les réseaux sociaux sous le pseudonyme de "Abdelilah Moul l'hout" (Abdelilah le marchand de poisson, en darija), à cinq mois de prison avec sursis, assortis d’une interdiction de publier sur les réseaux sociaux pendant cinq ans.
Poursuivi en liberté, le prévenu était jugé pour incitation à la haine, diffamation, diffusion de fausses informations et publication d’images sans consentement. Les poursuites faisaient suite à des plaintes déposées par deux personnes.
Le tribunal a également prononcé une amende de 1.500 dirhams. Abdelilah El Hajout devra verser 40.000 dirhams de dommages et intérêts au premier plaignant, ainsi que 30.000 dirhams à la seconde partie civile.
Au-delà de la peine prononcée, c’est surtout la sanction complémentaire qui retient l’attention : l’interdiction d’utiliser les réseaux sociaux pendant cinq ans. Une mesure encore rare dans la jurisprudence marocaine, mais qui semble désormais s’installer progressivement.
Médias24 relevait déjà le caractère inédit des condamnations prononcées à Tanger contre Adam Benchekroun, sa mère et le créateur de contenu connu sous le pseudo de "Moulinex", tous frappés d’une interdiction d’utiliser les réseaux sociaux pendant dix ans. Les deux affaires, jugées séparément, avaient marqué un précédent en introduisant cette forme de restriction numérique dans l’arsenal pénal.
Selon plusieurs analyses juridiques, cette sanction s’appuie sur l’article 87 du Code pénal, qui permet au juge de prononcer l’interdiction d’exercer un droit ou une activité lorsque celle-ci est directement liée à l’infraction commise. Dans le cas des influenceurs ou créateurs de contenu poursuivis pour diffamation, atteinte à la vie privée ou diffusion de fausses informations, l’usage des plateformes numériques peut ainsi être considéré comme l’outil principal de l’infraction.
L’affaire Abdelilah "Moul l'hout" confirme que cette disposition commence à être appliquée de manière plus régulière. Ce qui surprend toutefois dans ce dossier, c’est le contraste entre la peine principale et la sanction complémentaire : cinq mois de prison avec sursis seulement, mais cinq années d’interdiction de publication sur les réseaux sociaux.
Ce décalage interroge sur l’évolution de la logique pénale. L’interdiction numérique ne semble plus être un simple complément à une peine lourde, mais tend à devenir une sanction autonome, parfois plus lourde dans ses conséquences professionnelles et sociales que la peine de prison elle-même, notamment pour des profils dont l’activité repose essentiellement sur leur présence en ligne.
Trois Marocains interdits de réseaux sociaux pendant dix ans : un jugement inédit
À découvrir
à lire aussi
Article : Tanger et Casablanca, vitrines du potentiel industriel marocain pour les entreprises basques
Une délégation réunissant une vingtaine de sociétés du Pays basque espagnol, aux côtés de leur chambre de commerce et des autorités provinciales, a multiplié cette semaine les visites de sites majeurs, dont les usines de Stellantis et Renault, ainsi que les échanges avec la GEM, afin d’identifier des débouchés concrets dans l’automobile, l’aéronautique et les équipements industriels.
Article : Les États-Unis réaffirment leur “reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le Sahara" et leur soutien à l'initiative d'autonomie comme "l’unique base d'une solution juste et durable” à ce différend
Les États-Unis ont réaffirmé, mercredi 29 avril 2026, leur "reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le Sahara" et leur soutien à l’initiative marocaine d’autonomie comme "l’unique base d’une solution juste et durable" à ce différend.
Article : Officiel: Holmarcom prendra le contrôle de la BMCI et la fusionnera avec Crédit du Maroc
Holmarcom reprendra la totalité des parts de BNP Paribas dans la BMCI. L'accord a été signé ce mercredi 29 avril 2026. La finalisation est annoncée pour le quatrième trimestre 2026, sous réserve bien sûr des autorisations réglementaires. Après Crédit du Maroc, Holmarcom réalise une deuxième opération d'éclat.
Article : À Casablanca, une page se tourne dans une partie de l'ancienne médina
Les engins de chantier se sont tus, laissant place à un silence saisissant. Dans les secteurs de Mouha Ou Saïd et d’An-Nazala, les démolitions sont désormais achevées. Ce vide immense donne la mesure du projet de l’avenue Royale, entre mémoire des lieux, relogement des habitants et recomposition du cœur de Casablanca.
Article : Dessalement : le Maroc veut porter l’intégration locale de 35% à 70%
Une convention-cadre signée mercredi 29 avril 2026 à Rabat doit structurer une filière industrielle nationale autour des technologies de traitement de l’eau, avec l’appui du Cluster marocain des métiers de l’eau et des ministères de l’Équipement et de l’Industrie.
Article : Santé : partenariat stratégique entre la FM6SS et la mutuelle des FAR pour élargir l’accès aux soins
Conclu le 29 avril 2026 à Rabat, l’accord ouvre aux adhérents et à leurs ayants droit l’accès à l’ensemble des structures hospitalières de la fondation, avec des plateaux techniques de dernière génération et des équipes spécialisées, dans le cadre de la généralisation de la protection sociale.