Projet de la mine de Boumadine : une manne socio-économique pour la région de Draa-Tafilalet
Au début de l’année 2030, la compagnie canadienne Aya prévoit de débuter l'exploitation d'au moins quatre métaux dans la mine de Boumadine. Ce grand projet minier, à fort potentiel d’expansion, promet de consolider la position mondiale de l'industrie minière marocaine et de servir de puissant levier pour le développement socio-économique de la région de Drâa-Tafilalet.
La compagnie minière Aya Gold & Silver a récemment dévoilé son programme pour exploiter la mine de Boumadine, située au sud de Tinejdad dans le ressort territorial de la province d’Errachidia.
Prévu pour le deuxième trimestre 2028, le projet de construction de la mine de Boumadine nécessitera 21 mois et un investissement de 425 millions de dollars pour générer des revenus pouvant atteindre 7 milliards de dollars. Ces projections reposent sur un scénario de base où le prix de l'or est estimé à 2.800 $ et celui de l'argent à 30 $, sachant que les prix devraient selon les prévisions augmenter dans les années à venir.
Bien que son exploitation ne soit prévue qu'à l'horizon 2030, ce projet est actuellement le plus important en termes de valeur parmi l’ensemble des projets de mines annoncés au Maroc (hors phosphates).
Son impact sera multidimensionnel, car en plus de présenter des coûts d'investissement parmi les plus compétitifs à l'échelle mondiale, ce projet renforcera significativement la position du Maroc dans la production de quatre métaux (l’or, l'argent, le zinc et le plomb) et potentiellement le cuivre.
La mine de Boumadine est destinée à produire des concentrés enrichis en or et argent
Avec le projet de Boumadine, ce sont des métaux précieux, à savoir l'or et l'argent, qui seront également produits, aux côtés du zinc et du plomb. Le projet prévoit des revenus totaux allant jusqu'à 7 milliards de dollars, dont 82 % proviendront de l'or et de l'argent.
Cependant, la mine de Boumadine se distingue de celle de Zgounder. Il s'agit d'un gisement à haute teneur en sulfures, dont les veines sont clairement définies.

À travers 6 mines à ciel ouvert et 3 mines souterraines, elle produira trois types de concentrés enrichis en or et en argent à partir de minerais de plomb, de zinc et de pyrite.
Bien qu'il ne s'agisse pas d'une production directe d'or ou d'argent natif, ces concentrés sont facilement commercialisables. Ils ne nécessitent qu'une valorisation en fonderie pour récupérer les métaux à haute teneur. Les équipes d'Aya ont déjà effectué des tests sur ces produits dans des fonderies, notamment en Chine, qui ont confirmé des taux de récupération très élevés pour l'ensemble des concentrés.
Plusieurs opportunités de croissance du projet minier de Boumandine
L'évaluation économique préliminaire de la mine de Boumadine s'est limitée à une zone restreinte de 31 km² par rapport à la zone totale couvrant 600 km². Les découvertes récentes à très haute teneur, notamment celle d'or et de cuivre dans la zone d'Asirem réalisée en 2025, n'ont pas été incluses.

Avec un programme de forages de 360.000 mètres planifié pour 2026 et 2027, la compagnie Aya devrait pouvoir évaluer l'ensemble des ressources présentes sur son périmètre avant de lancer une étude de faisabilité. Cette dernière devrait logiquement présenter des résultats plus favorables que l'évaluation économique préliminaire.
Concernant le financement du projet, Aya devrait, grâce à la montée en puissance de la mine de Zgounder, disposer d'une trésorerie d'environ 200 millions de dollars d'ici là. Parallèlement, son partenaire financier, la BERD, pourrait financer une part importante du projet, celui-ci étant qualifié de "mine verte". La possibilité de demander une participation de l'État est également envisageable, puisque le projet représente un investissement supérieur à 400 millions de dollars.
En outre, le financement pourrait être complété par des paiements anticipés de plusieurs acheteurs (off-takers) et fonderies déjà intéressés par le projet. Tous ces éléments font de cette opportunité une décision d'investissement aisée.
D’autre part, ce projet présente des particularités économiques qui consolident son modèle économique, à savoir un faible cout d’investissement (CAPEX) et d’exploitation (OPEX). Ce modèle a été élaboré par des spécialistes qui viennent de terminer une construction à Zgounder.
Afin de créer plus de valeur, les équipes d’Aya, fortes des ressources disponibles, examineront l’option d’un post-traitement par grillage du concentré sur site. Cette méthode permettrait de récupérer des taux allant jusqu’à 79 % pour l’or et 85 % pour l’argent.
Actuellement, des discussions sont en cours avec l’État pour envisager, au-delà du post-traitement, la réalisation d’une fonderie. Celle-ci, qui devrait potentiellement être menée avec des partenaires, serait capable de valoriser non seulement les produits miniers marocains, mais aussi de renforcer la souveraineté minière du Maroc.
La région de Draa Tafilalet, un savoir-faire ancestral dans les activités minières
Sur le plan social, un impact majeur est attendu de ce projet, d’autant plus qu'une grande partie de la population de la région s'est spécialisée dans les activités minières artisanales. Ces activités sont encadrées par la Centrale d'achat et de développement de la région minière de Tafilalt et de Figuig (CADETAF) depuis 1960.
Dans ce cadre, la CADETAF commercialise annuellement des quantités modestes de plomb, de zinc et de barytine, produits par les artisans mineurs. Cependant, en raison de l'absence de valorisation des minerais dans la région, ces travaux ne permettent pas de générer de revenus suffisants.
À cet effet, le projet de la mine de Boumadine devrait logiquement ouvrir la voie à la valorisation des produits de zinc et de plomb de la CADETAF, permettant de produire des minerais à de très hautes teneurs et, dans un cadre gagnant-gagnant, de générer de meilleurs revenus pour les mineurs artisanaux.
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