Ayrad injecte 47 millions de dollars dans CMT, le groupe minier marocain prépare sa relance
EXCLUSIF. Invité de l'émission hebdomadaire 12/13 de Medias24, Sébastien de Montessus, président du conseil du groupe Ayrad, a détaillé les ambitions de son groupe après l’entrée au capital de la Compagnie minière de Touissit (CMT).
Pour Sébastien de Montessus, l'acquisition de la CMT n'est pas une simple transaction de circonstance. Après avoir investi dans la mine d'Oumjrane il y a un an, le groupe Ayrad franchit une nouvelle étape. "La CMT est un fleuron minier historique au Maroc. Pour nous, c’est un "gros lot" par sa taille et son potentiel", affirme-t-il.
Le président du conseil du groupe Ayrad le présente comme un opérateur industriel de long terme dont la stratégie est de s'appuyer sur la stabilité et les actifs de la CMT pour en faire une plateforme de croissance. "Le Maroc est un axe stratégique fort pour nos investissements, grâce à sa géologie, ses infrastructures et la qualité de ses cadres et opérateurs miniers", souligne le dirigeant.
Priorité absolue : l’investissement et la modernisation
Si la CMT a démontré sa résilience sur les vingt dernières années, Sébastien de Montessus estime tout de meme qu’elle souffre d’un manque d’investissement chronique. Sa feuille de route repose sur trois piliers opérationnels :
- Le renouvellement de l’outil industriel : un chantier colossal pour permettre à la CMT de perdurer sur les 10 à 20, voire 20 à 30 prochaines années.
- La diversification des actifs : au-delà du cœur de métier (plomb, zinc, argent), Ayrad mise gros sur le développement rapide d’un projet de cuivre.
- L’exploration : la CMT dispose d’un portefeuille "sous-exploré" que le groupe souhaite dynamiser pour préparer l’avenir au-delà des gisements existants.
Interrogé sur ses "100 premiers jours", le dirigeant a tempéré les attentes de court terme, rappelant que le secteur minier s’inscrit dans des cycles longs. "Il n’y aura pas de révolution stratégique immédiate, mais l’apport d’une expertise technique et opérationnelle pour faire grandir la société".
Un bilan assaini et des litiges en phase de résolution
Le dossier CMT est complexe, marqué par des contentieux passés, notamment avec l’Office des changes. Sébastien de Montessus se veut pourtant rassurant : "Un accord de principe a été trouvé avec l’Office des changes. Ce risque est considéré comme quasiment résolu, même si sa finalisation relève encore de la CMT".
L’autre nouvelle majeure concerne la situation bilancielle. Grâce aux accords trouvés pour dénouer les conflits avec l'ancien actionnaire de référence (OMM), ce sont 47 millions de dollars qui vont être réinjectés par l’ancien actionnaire de référence au sein de la CMT. Cet argent frais sera directement alloué à la rénovation de l'outil industriel, permettant d'assainir le bilan tout en finançant la croissance future.
OPA et Valorisation : un message aux minoritaires
L’entrée au capital déclenche mécaniquement une offre publique d’achat (OPA) obligatoire. Sébastien de Montessus a tenu à clarifier le prix proposé (environ 1.900 DH par action), inférieur au cours actuel. Cette décote s’explique, selon lui, par deux facteurs : les investissements massifs nécessaires à la survie de l’outil industriel et le fait que les discussions de prix ont eu lieu avant le récent "rallye" des cours de l’argent.
Le message aux actionnaires minoritaires est toutefois un appel à la fidélité : "Nous n’avons absolument pas vocation à délister la société. C’est un atout pour la CMT d'être cotée au Maroc. Nous invitons les minoritaires à nous accompagner dans cette trajectoire de création de valeur sur la durée".
Le succès de cette opération repose également sur un partenariat fort avec la CIMR, deuxième actionnaire de la CMT. Sébastien de Montessus prône une gouvernance "équilibrée et transparente". Si Ayrad apportera l’impulsion technique et opérationnelle, les décisions stratégiques seront partagées au sein du conseil d’administration. "La CIMR connaît parfaitement le marché marocain. Nous travaillerons main dans la main pour construire une trajectoire opérationnelle et financière cohérente ", précise-t-il. Il insiste également sur le fait qu’Ayrad, avec 37% du capital, restera un actionnaire de référence mais minoritaire, les décisions étant prises au niveau du conseil d’administration.
Dans un an, Sébastien de Montessus espère pouvoir afficher des résultats concrets, et ce à travers le lancement des travaux de rénovation industrielle, le coup d'envoi du nouveau projet de cuivre et des avancées significatives en exploration.
Il réitère enfin l’engagement d'Ayrad, celui d'être un acteur responsable, soutenu par des actionnaires de poids (Orion Mining et le fonds souverain d’Abou Dabi), pour faire de la CMT un acteur de référence du secteur minier marocain et un acteur potentiel de recomposition du secteur au Maroc. "Nous amenons des compétences techniques très fortes au service du développement du Royaume", a-t-il conclu.
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