Région de l'Oriental. La feuille de route ONMT-CRT pour briser la saisonnalité
À l’issue d’une récente réunion stratégique entre l’ONMT et le Conseil régional du tourisme, la région de l’Oriental amorce un tournant décisif pour pérenniser sa fréquentation. Le président du CRT, Youssef Zaki, dévoile à Médias24 la nouvelle feuille de route visant à transformer cette destination saisonnière en un pôle touristique attractif toute l’année.
Longtemps restée en marge des grands circuits nationaux, la région de l’Oriental cherche aujourd’hui à se repositionner comme une destination compétitive et durable. Malgré des atouts indéniables, elle peine encore à capter une fréquentation régulière tout au long de l’année. La récente mobilisation conjointe de l’Office national marocain du tourisme (ONMT) et du Conseil régional du tourisme (CRT) traduit une volonté claire de rompre avec cette dynamique saisonnière, avec des actions ciblées qui poseront les bases d’un développement plus équilibré et pérenne.
Une stratégie concertée pour relancer la destination
Interrogé par Médias24, le président du CRT de l’Oriental nous a révélé les grandes lignes de la stratégie en cours de finalisation. Celle-ci a pour but de relancer durablement la fréquentation de cette région qui souffre d’une saisonnalité estivale.
Selon Youssef Zaki, elle s’inscrit dans la continuité de la feuille de route définie à El Jadida, qui avait permis d’établir une vision spécifique pour chaque territoire.
Ainsi pour l’Oriental, où le taux d’occupation reste relativement faible, un plan d’action adapté est en préparation. Il sera finalisé dans quelques jours. Reposant sur la nouvelle stratégie de l’ONMT, il prendra en compte les réalités propres à chaque région. L'objectif est d’apporter des solutions ciblées.
Renforcer l’aérien et conquérir de nouveaux marchés
Selon notre interlocuteur, le développement de l’accessibilité constituera un pilier central de cette stratégie. En partenariat avec le CRT et les différents acteurs du secteur, l’Office prévoit en effet de renforcer les liaisons aériennes, tant nationales qu’internationales. Dans la ligne de mire, une augmentation de 50% de la capacité aérienne des aéroports d’Oujda et de Nador d’ici trois ans.
"Parallèlement, une campagne de promotion digitale ciblée sera déployée, notamment en direction des Marocains résidant à l’étranger (MRE), considérés comme un levier essentiel de croissance", nous explique le président du CRT. Pour ce dernier, la saisonnalité chronique est le principal défi à surmonter.
Vers une désaisonnalisation de la destination
Tout en rappelant que cette région souffre d’une forte saisonnalité, avec une activité touristique concentrée essentiellement entre la mi-juillet et le mois d’août, notre interlocuteur estime que la stratégie ne doit pas se limiter à la promotion. Elle doit aussi viser une diversification de l’offre.
Particulièrement touchée par ce phénomène, la station balnéaire de Saïdia a été au centre des discussions. Sa relance devra passer par le développement de nouvelles activités et de projets capables d’attirer les visiteurs au-delà de la période estivale.
Diversifier l’offre pour attirer toute l’année
Et Youssef Zaki d’ajouter que la clé de la relance résidera nécessairement dans la création de produits touristiques innovants. Parmi les pistes évoquées figurent des projets structurants tels qu’une université de type Al Akhawayn, une zone de shopping hors taxe ainsi que le développement de niches touristiques inédites.
Insistant sur le fait que la région de l’Oriental dispose également d’atouts naturels et culturels encore sous-exploités, Youssef Zaki estime que les grottes des montagnes de Béni Snassen, le train du désert reliant Oujda à Figuig via Jerada, ou encore les stations thermales, pourraient devenir de véritables moteurs d’attractivité dans le cadre d’une stratégie de valorisation bien définie.
Des marchés cibles clairement identifiés
La stratégie de conquête devra s’appuyer sur une diversification des marchés européens. Ce sera le cas des pays proches et de ceux bénéficiant de liaisons directes, qui devront être priorisés. Ainsi, le marché portugais, qui est déjà bien positionné dans la région de l’Oriental, devra être consolidé. Les marchés espagnols, français ou issus du Benelux continueront d’être exploités.
Si une ouverture vers l’Allemagne est envisagée, les MRE devront constituer une cible stratégique majeure. Malgré plus de 2 millions d’arrivées annuelles dans la région, moins de 2% profitent actuellement au secteur de l’hébergement. Un paradoxe que les acteurs locaux souhaitent corriger.
Une dynamique collective porteuse d’espoir
Au-delà des projets, notre interlocuteur se félicite de la dynamique institutionnelle inédite qui se met en place. L’implication des autorités locales, notamment à Berkane et dans l’ensemble de la région, renforce l’élan commun. Il cite notamment la coordination entre les différents acteurs (ONMT et CRT), qui constitue selon lui un levier essentiel pour réussir cette transformation.
"Sachant que l’Oriental dispose déjà d’infrastructures solides et d’un potentiel indéniable, notre région devrait, à moyen terme, rompre avec sa dépendance au seul tourisme balnéaire estival et s’imposer in fine comme une destination ouverte toute l’année", espère Youssef Zaki, qui rappelle les prérequis d’une feuille de route rigoureuse et d’une mobilisation collective.
L’hôtelier conclut son analyse en affirmant qu’il reste à transformer ces ambitions en réalisations durables. C’est à cette condition que la région pourra s’ancrer durablement sur la carte des grands circuits touristiques du Royaume.
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