Football. L’Équateur défie le Maroc avec une défense d’airain, mais une attaque atone
À l’occasion du match amical face au Maroc, ce vendredi 27 mars à Madrid (21h15), l’Équateur se présente avec le statut de meilleure défense des éliminatoires sud-américains. Déjà qualifiée pour la Coupe du monde 2026 et portée par une génération en plein essor, la Tri poursuit sa montée en puissance, malgré une attaque grippée.
Il ne faudrait surtout pas croire que l’Équateur se présentera face au Maroc, à Madrid ce vendredi 27 mars (21h15), en victime expiatoire.
Bien que le classement FIFA ne le reflète pas, il est fort probable qu’à l’heure actuelle, la Tri (23e) soit au moins aussi compétitive que l’équipe nationale (8e).
Au fond, on aura une confrontation entre deux équipes qui se ressemblent. Et de toute façon, même si les supporters et autres téléspectateurs risquent d’être surpris par la qualité et la cohérence tactique des Équatoriens, les Lions de l’Atlas le seront beaucoup moins.
À l’image d’Achraf Hakimi, qui côtoie au Paris Saint-Germain (France) l’excellent William Pacho, les joueurs équatoriens sont de plus en plus présents au très haut niveau. Notamment dans les effectifs de clubs engagés en Ligue des champions.

Pourtant, rien n’était gagné d’avance. Ni cette progression ni même la qualification au Mondial 2026. Avec près de 18 millions d’habitants, l’Équateur ne figurait pas parmi les favoris au moment d’aborder les éliminatoires.
D’autant que la Tri avait entamé sa campagne par une défaite inaugurale face au Brésil (1-0). La suite des éliminatoires fut bien plus convaincante. Plus régulière, mieux organisée, la sélection équatorienne a su inverser la dynamique pour valider sereinement son billet.
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Douze clean sheets et cinq buts encaissés en dix-huit journées
Elle disputera ainsi la cinquième phase finale de Coupe du monde de son histoire, après 2002, 2006, 2014 et 2022, confirmant une présence constante au plus haut niveau au XXIe siècle.
Au fil des rencontres, l’Équateur a surtout affirmé une identité claire. Ses adversaires décrivent une équipe rigoureuse, homogène et particulièrement difficile à manœuvrer.
Une cohésion largement héritée du travail de formation mené par le club d'Independiente del Valle, véritable référence sur le continent. Les chiffres illustrent cette évolution.
Seulement cinq buts encaissés en dix-huit journées, soit un total inférieur à celui de l’Argentine. À cela s’ajoutent douze clean sheets.
Cette fiabilité repose sur une base défensive complémentaire. Révélation de la dernière saison en Ligue des champions, William Pacho s’est imposé comme un titulaire indiscutable, quel que soit le système utilisé par Sebastián Beccacece.

Autour de lui, les solutions ne manquent pas avec Félix Torres (Internacional, Brésil), Joel Ordóñez (Club Bruges, Belgique) ou encore Piero Hincapié, cadre déjà bien installé et qui a conquis les supporters d’Arsenal (Angleterre) par sa grinta de tous les instants.
Sur le flanc gauche, Pervis Estupiñán (AC Milan, Italie) apporte sa puissance de projection. Devant cette défense, l’impact du milieu renforce encore la solidité de l’ensemble.
Moisés Caicedo en est la pierre angulaire. À la récupération comme à la relance, le joueur de Chelsea (Angleterre) incarne cette capacité à allier intensité et maîtrise dans un secteur où le temps et l’espace sont des denrées aussi rares que la neige en été.
Son volume de jeu et sa lecture des situations permettent à l’Équateur de conserver un équilibre constant, tout en se projetant rapidement vers l’avant.
Une attaque loin d’être prolifique
Si l’équilibre de l’équipe et la solidité défensive sont indéniables, le secteur offensif demeure plus perfectible. Avec 13 buts inscrits en 17 rencontres, le rendement de l’Équateur est loin d’être un modèle du genre.
Certes, Enner Valencia (Pachuca, Mexique) continue d’assumer son rôle, lui qui reste le meilleur buteur de l’histoire de la sélection (48 buts en 103 sélections depuis février 2012). Mais à 35 ans, l’attaquant est plus proche de la fin que du début de sa carrière, et la relève ne se bouscule pas encore au portillon.

Des promesses existent toutefois, à l’image du jeune Kendry Páez, 18 ans (River Plate, Argentine). Dans un groupe dont la moyenne d’âge reste inférieure à 25 ans, la marge de progression est réelle.
L’Équateur avance aujourd’hui avec des bases défensives solides et une identité affirmée. Mais pour changer définitivement de dimension, la sélection devra enrichir son registre offensif et gagner en créativité.
À l’approche du Mondial 2026, la Tri possède déjà les fondations d’un outsider sérieux. Reste désormais à transformer cette solidité en véritable ambition… que le Maroc pourrait contrarier dès ce vendredi 27 mars.
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