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Botola Pro 2025‑2026. Un championnat faussé par le calendrier ?

Décalé en raison du Championnat d’Afrique des nations 2024 et interrompu par l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations 2025, le championnat marocain avance désormais à des rythmes différents selon les clubs. Si l’on y ajoute les compétitions continentales ainsi que la contrainte de fin de saison imposée par la FIFA, la saison 2025‑2026 de Botola Pro soulève inévitablement la question de l’équité sportive.

Botola Pro 2025-2026: calendrier désarticulé et matchs en retard
Chady Chaabi
Le 19 février 2026 à 16h06 | Modifié 20 février 2026 à 11h07

Leader de la Botola Pro, le Maghreb association sportive (MAS) de Fès est aujourd’hui sur un siège éjectable.

Il suffirait que certains de ses poursuivants directs remportent leurs matchs en retard pour voir le club fassi perdre sa place en tête du classement, même en faisant un sans-faute d’ici à la fin de la saison.

À l’inverse, l’Olympique Club de Safi, actuel bon dernier, pourrait se retrouver dans le top 6 à la faveur de ses rencontres en moins.

Une situation symptomatique d’un championnat disputé à plusieurs vitesses, où toutes les équipes n’ont pas évolué au même rythme depuis le début de la saison.

Normalement, l’exercice 2025-2026 de la Botola Pro devait être un feuilleton qui tient en haleine les supporters aux quatre coins d’un pays fada de foot. Les journées du championnat marocain auraient dû prendre la forme d’épisodes qui rythment la saison et façonnent progressivement un suspense sportif haletant.

Sauf que le scénario de cette saison de la Botola Pro semble raconter une tout autre histoire. Car si toutes les équipes étaient sur la même ligne au départ, elles n’ont jamais réellement évolué au même tempo.

En cause, un calendrier profondément désarticulé. Notamment lorsque le coup d’envoi du championnat a été repoussé de la mi‑août au mois de septembre afin de permettre aux internationaux locaux convoqués pour le Championnat d’Afrique des nations 2024 de rejoindre leur sélection.

La phase aller n’est pas encore terminée à un peu plus de trois mois de la date butoir de la FIFA

À cette première entorse au calendrier s’est ajoutée une seconde interruption majeure en cours de saison, en raison de l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations 2025 sur le sol marocain.

La Ligue nationale de football professionnel (LNFP) n’a eu d’autre choix que de suspendre les championnats de première et deuxième division du 21 décembre au 18 janvier, afin de mobiliser les infrastructures et les ressources logistiques nécessaires au bon déroulement du tournoi continental.

Un arrêt de près d’un mois qui, en bout de chaîne, accentuera le décalage entre les petites et les grosses formations.

Mais aussi entre celles engagées dans les différentes compétitions continentales et celles disposant d’un calendrier allégé, contribuant davantage à fragmenter le rythme de la Botola Pro.

Botola Pro 2025‑2026. Un championnat faussé par le calendrier ?

Alors qu’il reste un peu plus de trois mois avant le 30 mai, date à laquelle toutes les compétitions nationales devront s’achever selon la FIFA en prévision de la Coupe du monde 2026, les seize clubs de Botola Pro n’en ont toujours pas fini avec la phase aller et encore moins disputé le même nombre de rencontres.

  • Une seule équipe a disputé 12 rencontres : le Club omnisports de Meknès (CODM).
  • Sept clubs ont déjà joué 11 matchs : RCA, DHJ, OD, HUSA, RCAZ, FUS, USYM.
  • Deux formations ont évolué à dix reprises : MAS, KACM.
  • Trois équipes n’ont disputé que huit rencontres : WAC, FAR, OCS.
  • Enfin, le tenant du titre, la Renaissance sportive de Berkane (RSB), n’a joué que sept matchs, dont une victoire à l’arraché, le mercredi 18 janvier, aux dépens du RCAZ.

Ainsi, entre la RSB et le CODM, l’écart est de cinq rencontres, soit l’équivalent de quinze points. Ce qui pose bien évidemment problème dans une compétition censée garantir l’égalité des chances entre ses participants.

L’avantage invisible des matchs en retard

"La situation actuelle fausse en effet les différents enjeux du championnat car elle ne permet pas d’assurer une concurrence loyale et une égalité des chances entre tous les concurrents", confie à Médias24 le membre du staff d’une équipe de l’élite.

"Certains clubs disputent leurs rencontres en suivant un calendrier normal tandis que d’autres, qui ont accumulé des matchs en retard, les joueront en ayant connaissance des résultats des autres clubs", déplore-t-il.

Et ce n’est pas tout. Notre interlocuteur assure qu’il s’agit d’un avantage psychologique important qui permettra aux concurrents de gérer leur parcours en s'appuyant sur les résultats de leurs adversaires directs.

En outre, la nécessité de rattraper les rencontres reportées devrait désormais contraindre certaines formations à disputer un match tous les trois jours dans les semaines à venir. Une accumulation qui aura inévitablement des conséquences sur l’état de forme des joueurs.

"Cette programmation condensée dans un laps de temps court engendrera de la fatigue, une baisse du niveau de forme et des blessures qui impacteront forcément les prestations des joueurs et formations concernées", décrypte notre interlocuteur.

"C’est une saison qui est assez exceptionnelle", analyse Khalid Gurichate, ancien joueur professionnel de l’Association sportive des Forces armées royales (ASFAR) et entraîneur formateur.

"Entre l’organisation des différentes compétitions internationales et continentales, il faut dire que c’était une situation prévisible. Le Maroc a fait un travail monstre pour assurer une organisation de qualité, mais il est vrai que le championnat a été quelque peu délaissé", se désole-t-il.

Surtout qu’un arrêt de plus d’un mois en pleine saison n’est pas sans conséquence sur le rythme et la qualité des prestations sur le pré.

"Les compétitions se sont arrêtées pendant plusieurs semaines et les joueurs ont dû reprendre avec des objectifs élevés sans forcément être prêts, que ce soit en termes d’intensité ou de rythme", prévient Khalid Gurichate.

Au-delà des enjeux purement sportifs, ces interruptions successives ont également un impact économique non négligeable pour les clubs. Pour pallier l’arrêt, certains ont dû programmer des stages ou des matchs amicaux, ce qui engendre des coûts supplémentaires, tout en étant privés de recettes liées à la billetterie ou au sponsoring.

Qui plus est au regard de la prochaine programmation des rencontres qui, pour certaines, se dérouleront en cours de semaine. Or, un match programmé le mercredi à 16 h est très rarement aussi attrayant pour le public qu’un match joué le week-end, accentuant encore ce manque à gagner.

Une situation pourtant prévisible

En tout cas, un calendrier surchargé n’est pas une exception dans le football moderne, mais plutôt la norme.

Entre la Coupe du Trône, le championnat et les compétitions continentales, la Ligue des champions et la Coupe de la Confédération en l’occurrence, plusieurs clubs devront donc composer avec un calendrier particulièrement dense les trois prochains mois, impliquant parfois de longs déplacements à travers le continent.

En revanche, ils ne pourront pas feindre la surprise et encore moins plaider l’ignorance.

"Toutes les directions des clubs marocains étaient pertinemment conscientes qu’elles allaient avoir un calendrier chargé, et ce, avant même le début de la saison, surtout dans le cas des équipes qualifiées en compétitions continentales", explique un autre membre du staff d’une équipe de Botola Pro, contacté par nos soins.

Autrement dit, les directions sportives et les dirigeants "devraient avoir anticipé la situation et pris leurs précautions, notamment en étoffant leur effectif", souligne-t-il, sans oublier de procéder à une préparation physique en début de saison pour assurer plusieurs pics de forme.

"Mais ce n’est pas encore le cas de tous les clubs dont les directions sportives et techniques ne sont pas toujours au point, avec une vision assez court-termiste. Il y a même des clubs qui n’ont même pas de directeur sportif, et les transferts sont gérés par des gens qui ne sont pas forcément compétents dans ce domaine”, regrette-t-il.

En somme, il ne suffit pas d’adosser la mention professionnelle au nom d’un championnat pour qu’il le soit. Et c’est l’attrait du football national qui en pâtit en bout de chaîne.

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Chady Chaabi
Le 19 février 2026 à 16h06

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