Oriental : les pluies relancent la campagne agricole 2025-2026 et ravivent l’espoir des agriculteurs
Avec 159 mm de pluie en moyenne régionale, en hausse de 105 % sur un an, la campagne agricole 2025-2026 démarre dans de bonnes conditions dans l’Oriental, portée par l’extension des superficies semées et l’amélioration des ressources hydriques.
La région de l’Oriental a enregistré, au cours des dernières semaines, d’importantes précipitations qui ont redynamisé l’activité agricole et amélioré les conditions de démarrage de la campagne agricole 2025-2026, après plusieurs années marquées par la rareté des pluies et des épisodes répétés de sécheresse.
Ces précipitations ont concerné la quasi-totalité des provinces de la région. La province de Nador a enregistré le cumul le plus élevé avec 210 mm, suivie de Berkane (182 mm) et de la préfecture d’Oujda-Angad (184 mm), tandis que les autres provinces ont relevé des niveaux jugés importants et encourageants.
Au total, la moyenne régionale des précipitations a atteint environ 159 mm, soit une hausse notable de 105 % par rapport à la même période de la campagne précédente, annonce le ministère de l'Agriculture, ce mercredi 18 février.
Contrairement à la saison écoulée, la campagne actuelle se distingue par une répartition relativement régulière des pluies, notamment durant les mois de décembre, janvier et début février, permettant la réalisation des opérations agricoles dans des délais appropriés.
Les chutes de neige enregistrées dans certaines zones, bien que limitées, ont également contribué au renforcement du couvert végétal et à l’amélioration des ressources hydriques.
Progression marquée des superficies semées
L’impact des précipitations s’est rapidement reflété sur les cultures d’automne. La superficie emblavée a atteint 115 720 hectares en blé tendre, blé dur et orge, soit une augmentation de 77 % par rapport à la campagne précédente, témoignant de la réactivité des agriculteurs face à l’amélioration des conditions climatiques.
Les cultures fourragères et les légumineuses alimentaires ont également progressé, avec 662 hectares de légumineuses et 12.186 hectares de cultures fourragères. Au total, les cultures d’automne ont couvert 128.567 hectares depuis le début de la campagne, en hausse de 68 % sur un an, ajoute le ministère.
Concernant le maraîchage, les pluies ont favorisé la reconstitution des ressources hydriques, soutenant le programme des cultures d’automne et d’hiver. Les superficies maraîchères d’automne ont atteint 3 465 hectares, dominées par la pomme de terre, composante essentielle du programme agricole régional.
Poursuite de l’adaptation climatique et évolution des intrants
Dans le cadre de l’adaptation aux changements climatiques, la région poursuit le déploiement de la technique du semis direct. Ainsi, 35 semoirs ont été mis à la disposition des agriculteurs, et les superficies conduites selon cette méthode ont progressé pour atteindre 2 785 hectares, illustrant un intérêt croissant pour cette pratique permettant d’économiser l’eau et d’améliorer la productivité.
S’agissant des intrants agricoles, les ventes de semences sélectionnées ont atteint 22 850 quintaux durant la saison, en progression durant les mois de décembre, janvier et février, bien qu’inférieures aux plus de 30 000 quintaux enregistrés lors d’une année normale.
L’amélioration des conditions climatiques a encouragé les agriculteurs à acquérir semences, engrais et produits phytosanitaires, traduisant un retour de confiance dans la campagne en cours.
Les précipitations ont par ailleurs eu un effet significatif sur les arbres fruitiers, notamment l’olivier, l’amandier et les agrumes, ainsi que sur les rosacées, qui ont bénéficié de la vague de froid associée aux pluies. Les premiers indicateurs laissent entrevoir une amélioration attendue de la production, sous réserve de la poursuite de conditions climatiques favorables.
La situation des parcours pastoraux s’est également améliorée grâce aux précipitations du début de campagne. Même si les dernières pluies ont été plus modestes dans certaines zones pastorales — 84 mm à Figuig et 67 mm à Jerada — elles devraient contribuer à renforcer les ressources fourragères naturelles, réduisant ainsi le recours aux aliments composés et les charges financières des éleveurs.
Des perspectives encourageantes mais conditionnées
Comparée à la campagne précédente, marquée par un déficit pluviométrique et des températures élevées, la saison actuelle affiche des indicateurs plus favorables laissant espérer une amélioration des performances agricoles, notamment si les précipitations se poursuivent de manière régulière durant l’hiver et le printemps.
Ce regain d’optimisme demeure toutefois tributaire d’une approche anticipative face aux aléas climatiques, reposant sur le renforcement des capacités de stockage de l’eau, la promotion de techniques d’irrigation durables et l’extension des cultures résistantes au stress hydrique.
De manière générale, les précipitations enregistrées ont eu un impact positif tangible sur les cultures et les nappes phréatiques, renforçant les perspectives de réussite de la campagne agricole en cours, dont la durabilité reste liée à la régularité des pluies dans les mois à venir.
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