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ECONOMIE

Rapport de la concurrence. Pourquoi le prix du ciment ne baisse pas dans un marché tiré par la demande publique (2/3)

Avec un taux d’utilisation des usines limité, le secteur cimentier marocain devrait théoriquement être engagé dans une guerre des prix. Pourtant, les tarifs restent rigides et les marges brutes dépassent 32 %. Le dernier avis du Conseil de la concurrence décrit un marché régionalisé, dominé par quelques acteurs, où la fiscalité et la commande publique, loin de discipliner les prix, contribuent paradoxalement à consolider une rente industrielle.

Rapport de la concurrence. Pourquoi le prix du ciment ne baisse pas dans un marché tiré par la demande publique (2/3)
(c) Freepik
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Le 15 février 2026 à 12h30 | Modifié 16 février 2026 à 10h42

Comment un marché affichant une surcapacité structurelle de près de 40 % peut-il continuer à générer des marges brutes dépassant les 32 % tout en frôlant parfois les 40 % chez certains acteurs sans que les prix ne baissent ?

Cette interrogation constitue la problématique centrale soulevée par le dernier avis du Conseil de la Concurrence (A/3/25) publié début février dernier portant sur le fonctionnement du secteur du ciment au Maroc.

Dans une économie de marché répondant aux lois classiques de la compétition, une telle sous-utilisation de l’outil industriel déclencherait inévitablement une guerre commerciale entre les différents concurrents. Les acteurs réduiraient alors leurs tarifs pour capter des volumes supplémentaires afin de remplir leurs usines et de diluer des charges fixes monumentales tout en poussant les rivaux les plus fragiles vers la sortie.

Cependant le ciment marocain semble obéir à une économie singulière car la surcapacité n’y joue pas le rôle de régulateur par la baisse des prix. Elle coexiste avec une stabilité tarifaire (voire une hausse des prix) ainsi qu'une rentabilité qui ferait l’admiration des plus grands groupes industriels mondiaux.

Le régulateur décrit ainsi une mécanique d'oligopole qui s'autorégule, non par une entente formelle – le CC ne va pas jusqu’à parler d’entente –, mais par une « coordination » tacite dictée par la géographie industrielle ainsi que par la rente générée par de l’amont, notamment la détention de carrières.

Un héritage historique qui façonne le présent

Pour saisir les enjeux du marché actuel, l’avis nous fait remonter à sa genèse. L'industrie cimentière marocaine n'est, en effet, pas née dans un environnement de libre concurrence mais plutôt dans le giron de l'État et des monopoles territoriaux.

Le secteur, retrace l’avis, a traversé sept périodes distinctes depuis l'année 1913 qui ont progressivement sédimenté sa structure contemporaine. Durant la phase s'étendant de 1969 à 1985 le marché était régi par un zoning extrêmement strict ainsi que par une politique interventionniste de la part des pouvoirs publics.

À cette époque, l’administration fixait elle-même les prix départ usine ainsi que les marges des négociants tout en délimitant des zones géographiques exclusives pour chaque producteur.

Chaque cimentier régnait alors en maître absolu sur son fief car il était protégé de toute concurrence par l'État, qui décidait souverainement de la localisation des usines ainsi que de l’ouverture des comptes clients.

Bien que la libéralisation intervenue en 1986 ait officiellement aboli ce système protecteur, la réalité actuelle démontre que la logique territoriale n’a jamais réellement disparu. Elle s'est simplement adaptée au sein des contraintes physiques du marché car le ciment demeure un produit extrêmement pondéreux.

Son coût de transport est tel qu'au-delà d'un rayon moyen de 150 à 200 km la compétitivité d'une unité de production s'évapore totalement. Le territoire national reste donc découpé en bassins structurés autour des opérateurs historiques qui y conservent des positions dominantes.

Cette configuration recrée des périmètres d’influence très proches du zoning d’autrefois sans qu'un texte de loi ne vienne pourtant les imposer. Par conséquent la surcapacité nationale ne se traduit pas automatiquement par une pression sur les prix locaux car chaque bassin reste verrouillé par la proximité physique du leader régional.

Le Conseil note qu'aujourd'hui encore, le marché reste régionalisé en « bassins structurés ». Les régions de Casablanca-Settat, Souss-Massa et l’Oriental concentrent à elles seules plus de 58 % des capacités nationales. Casablanca-Settat, avec 32,6 % de la capacité, est le cœur du système où cohabitent les trois grands (LafargeHolcim Maroc, Ciments du Maroc, Ciments de l’Atlas) et le nouveau venu Novacim.

Mais ailleurs, dans les périphéries, la structure duopolistique, voire quasi-monopolistique, persiste. La proximité des usines recrée des zones d’influence protégées où la surcapacité nationale n'exerce aucune pression réelle sur le prix local.

Rapport de la concurrence. Pourquoi le prix du ciment ne baisse pas dans un marché tiré par la demande publique (2/3)

Le paradoxe de la capacité

Avec des acteurs nationaux, mais avec un ancrage local fort, à la fin de l'année 2024, le dispositif industriel national affichait une capacité de production nominale s'élevant à 27,3 millions de tonnes de ciment.

Pourtant le taux moyen d'utilisation de cet outil plafonne seulement à 57,1 % sur les dernières années d'observation. Dans presque n'importe quel autre secteur d'activité, un tel chiffre constituerait un signal de détresse majeure synonyme d’effritement des marges ; l’exemple du rond à béton est dans ce sens patent. Contrairement à ça, dans le ciment la sous-capacité semble représenter un choix stratégique délibéré.

L'industrie est en effet dominée par un leader représenté par LafargeHolcim Maroc, qui détient à lui seul près de 50 % de la capacité nationale ainsi que 53,5 % de la capacité de production de clinker, ce qui explique qu’il n'a aucun intérêt à déclencher une guerre des prix.

Une baisse généralisée des tarifs éroderait les marges pour des gains de parts de marché incertains puisqu'il possède déjà une position prédominante. Les autres acteurs du marché comme Ciments du Maroc ou Ciments de l’Atlas s'alignent alors systématiquement sur ce prix de la place.

Le Conseil de la Concurrence souligne que les hausses de prix sont souvent initiées par un opérateur puis répliquées de manière quasi concomitante par les autres acteurs avec un décalage temporel dérisoire compris entre 3 et 18 jours.

Cette similitude de timing ne provient pas forcément d'un dialogue secret, mais plutôt d'une transparence des coûts de production (la structure des coûts est connue de tous les acteurs) ainsi que de l'homogénéité parfaite d’un produit normé.

De surcroît le marché est devenu si prévisible que les opérateurs n'ont plus besoin de communiquer formellement pour adopter des comportements parallèles protecteurs de leurs intérêts communs.

La rente amont et le verrouillage par le calcaire

Toutefois, la véritable source de la marge ne se trouve pas dans le broyage du ciment, mais dans la possession de la montagne. Le clinker, produit semi-fini issu de la cuisson du calcaire à 1450°C, est l'intrant pivot. Il représente 63,1 % du coût de production du ciment.

Le Conseil de la Concurrence met en lumière un élément crucial, à savoir l'intégration verticale. Pour être rentable au Maroc, il faut posséder ses propres carrières de calcaire. Ces gisements sont sélectionnés pour couvrir les besoins sur 40 à 50 ans. Celui qui possède la carrière maîtrise son coût de revient pour un demi-siècle.

La maîtrise de cet amont minéral représente la barrière à l'entrée la plus infranchissable du marché car les cimenteries intégrées sélectionnent des carrières de calcaire et d'argile à proximité immédiate de leurs usines. Ces gisements sont choisis pour couvrir les besoins industriels sur une période s'étalant de 40 à 50 ans, ce qui garantit une maîtrise des coûts de revient pour un demi-siècle.

C'est ici que se dessine la hiérarchie du secteur. D'un côté, les « cimentiers intégrés » (LafargeHolcim, Cimar, Cimat, Novacim, Asment Temara) qui extraient, cuisent et broient. De l'autre, les « broyeurs indépendants » (Cemos, Dakhla Aménagement, Centrale Gypse) qui doivent acheter leur clinker aux premiers.

Une structure qui rappelle un peu la situation concurrentielle des distributeurs d’hydrocarbures, où la position dominante va vers ceux qui ont la plus grande capacité de stockage au niveau des ports, devenant de facto les faiseurs de prix en important et stockant au gros pour le compte des petits distributeurs n’ayant pas accès à l’avantage compétitif de l’accès aux ports et ses capacités de stockage stratégiques.

L'écart de rentabilité entre les intégrés et les broyeurs est saisissant puisque les intégrés dégagent une marge brute moyenne de 32,5 % alors que les broyeurs indépendants doivent survivre avec seulement 15 %. Ces derniers se trouvent, par ailleurs, comme le souligne l’avis, dans « une situation de dépendance » vitale qui les rend « structurellement vulnérables » car leurs fournisseurs sont également leurs rivaux sur le marché du ciment fini.

Le clinker représente en effet plus de 55 % du coût de production d'un broyeur indépendant.

Le Conseil de la Concurrence identifie, ainsi, un risque réel de verrouillage de l’accès à cet intrant essentiel car les cimenteries intégrées préfèrent souvent exporter leurs excédents de clinker plutôt que de les vendre aux broyeurs locaux à des conditions tarifaires qui menaceraient l’équilibre de l’oligopole national.

En 2024, plus de 89 % des ventes de clinker aux tiers ont été orientées vers l’exportation, confirmant ainsi que le marché domestique de l’intrant est délibérément restreint pour protéger la rente des acteurs intégrés.

La surperformance financière marocaine face aux standards européens

Avec un marché verrouillé, qui ne répond pas à la logique de l’offre et de la demande, les rendements explosent. L'analyse des performances financières des cimentiers au Maroc révèle ainsi une surperformance exceptionnelle par rapport aux standards internationaux du secteur.

Tandis que les filiales marocaines affichent des marges brutes moyennes s'élevant à 32 % avec des pics atteignant parfois 40 %, leurs maisons-mères européennes évoluent dans des contextes beaucoup moins rémunérateurs.

Les géants mondiaux tels que Heidelberg Materials, qui contrôle Ciments du Maroc, ou encore Holcim présentent au niveau consolidé mondial des marges opérationnelles qui se situent généralement entre 18 % et 22 %.

Cette divergence de rentabilité démontre que le marché marocain constitue une véritable vache à lait pour les groupes cimentiers internationaux. En effet, les barrières structurelles ainsi que la configuration de l'oligopole permettent d'extraire une valeur bien supérieure à celle des marchés matures d'Europe.

Le Royaume représente donc pour ces investisseurs une zone de profit sécurisée où la surcapacité n'altère jamais la distribution des dividendes. Mieux, le rendement des capitaux investis au Maroc dépasse largement les moyennes observées sur le continent européen, ce qui justifie l'appétit constant des multinationales pour le renforcement de leur présence locale.

Le Conseil relève d’ailleurs que le fait « qu'aucune sortie du marché n'ait été enregistrée sur la période d’étude » malgré la faible utilisation des usines confirme le « caractère lucratif de l’activité » protégée par la structure même de l'économie nationale. Ces marges élevées sont le résultat direct d'un marché où le prix n'est pas le fruit d'une confrontation entre l'offre et la demande mais un instrument de préservation de la valeur actionnariale.

Le recyclage de la rente par l'État

Bien que survolée par l’avis, la question du partage des bénéfices entre les industriels et l’État constitue l’aspect le plus complexe et le plus politique de ce dossier car la fiscalité représente environ 27 % du prix final du sac de ciment et 26% dans le vrac.

En effet, sur la période d’analyse, le Conseil établit ainsi que le prix de vente moyen départ usine TTC des qualités ciblées, chez les cimenteries intégrées, se décompose en 40,5 % de coût de production, 27 % de taxes et 32,5 % de marge brute.

À première vue, l’administration semble être la principale bénéficiaire du système puisqu’elle collecte plus de 7 milliards de dirhams de recettes fiscales annuelles auprès des cimentiers sans mobiliser aucun actif industriel ni aucun employé. Cependant, le circuit économique réel est bien plus subtil puisque l’investissement public au Maroc porte les 2/3 de la formation brute de capital fixe nationale.

L'État occupe donc une position double car il est simultanément le premier collecteur de taxes et le premier acheteur final, d’une manière directe ou indirecte, de ciment à travers ses grands chantiers d’infrastructures comme les barrages ou les routes ou encore les logements sociaux.

Par exemple, les gros œuvres du stade de Benslimane ont été adjugés pour un montant de 3,2 milliards de dirhams. Comme ces ouvrages sont essentiellement constitués de béton et que le ciment représente environ 1/3 du coût de ce matériau, les surcoûts générés par un prix de vente élevé ne sont que très partiellement récupérés par l’État via la fiscalité.

Il est alors possible d'identifier un véritable cycle de recyclage de la rente où l'État payeur finance de grandes infrastructures à un prix élevé incluant la marge brute moyenne de 32,5 % des cimentiers ainsi que les taxes afférentes. Ensuite, l'État collecteur récupère ces taxes pour les réinjecter dans de nouveaux projets de construction qui consommeront à nouveau de grandes quantités de béton. Dans ce circuit fermé, la fiscalité ne joue pas son rôle de régulateur des surprofits industriels mais elle valide et perpétue mécaniquement la rente.

Des impacts macroéconomiques

La marge captée par les cimenteries intégrées représente par conséquent une ponction constante sur la richesse publique puisqu'elle est directement financée par le budget de l'investissement de l'État.

En maintenant un prix élevé par le biais d'un oligopole stable, l'État garantit certes des recettes fiscales immédiates, mais il renchérit considérablement le coût de sa propre infrastructure. Ce mécanisme aboutit à un transfert massif de ressources budgétaires vers les bénéfices des industriels intégrés sans que la surcapacité existante de 40 % puisse jamais bénéficier à la réduction des coûts de construction ou à la réduction du déficit public.

D'un point de vue macroéconomique, l’effet d’entraînement normalement attendu des grands chantiers est littéralement absorbé, voire annulé, par ces surprofits qui partent essentiellement sous forme de dividendes vers les actionnaires.

En d’autres termes, les prix élevés du ciment contribuent indirectement à des taux de croissance potentiellement plus faibles en privant les autres secteurs productifs de marges d’investissement. À titre de comparaison, les marges brutes des cimentiers en Chine se situent entre 7 % et 14 % car les matériaux y sont considérés comme des intrants pour construire au moindre coût des infrastructures compétitives génératrices de croissance.

Au Maroc, le ciment est devenu une source de rentabilité en soi qui semble déconnectée de son environnement économique global et des impératifs de compétitivité nationale.

Comment une décision du Conseil de la concurrence peut impacter les prix dans le secteur du ciment

Les marges confortables des cimentiers défient la mauvaise conjoncture

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Le 15 février 2026 à 12h30

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