Le FMI encourage le Maroc à transformer l’élan d’investissement en gains sociaux durables
À l’issue de sa mission au titre de l’Article IV 2026, l’institution estime que la montée en puissance de la dépense publique ne produira pleinement ses effets qu’à la condition de renforcer le capital humain, avec la santé et l’éducation en première ligne. Détails.
Selon Laura Jaramillo, cheffe de mission, si le Maroc veut ressentir l’impact des investissements en cours et tirer pleinement profit des opportunités qu’ils offrent, il doit renforcer l’investissement dans le capital humain, avec la santé et l’éducation comme priorités.
"Tirer profit des opportunités offertes par l’accélération de l’investissement public nécessite une gestion prudente des risques et un investissement accru dans le capital humain, notamment dans les secteurs de la santé et de l’éducation", souligne-t-elle.
Le Fonds monétaire international (FMI) replace ce message dans une conjoncture favorable, où l’investissement joue un rôle moteur. "Cette dynamique devrait se poursuivre en 2026, avec une croissance projetée à 4,9%, soutenue par l’investissement public et privé, ainsi qu’une production agricole solide à la suite d’une pluviométrie exceptionnelle".
Les leviers pour optimiser l’impact de l’investissement public
Le premier levier mis en avant par le FMI est budgétaire. Il s'agit de mieux choisir les priorités et de se constituer des marges.
"Les recettes fiscales ont atteint 24,6% du PIB en 2025, résultat des récentes réformes de la politique fiscale. Le déficit budgétaire s’est réduit à 3,5% du PIB. À l’avenir, il conviendrait de mettre en réserve au moins une partie de cette surperformance dans l'optique de renforcer davantage les marges budgétaires. Conjugué à une reconfiguration des dépenses, cela pourrait également permettre de dégager des marges pour accroître l’investissement dans le capital humain", explique Laura Jaramillo.
En ce qui concerne le volet social, le FMI constate des progrès, mais appelle à accélérer, avec un accent explicite sur les populations vulnérables.
"L'accès à l’éducation, aux services de santé et à la protection sociale pour les plus vulnérables continue de s’améliorer, et la mission encourage l’accélération des réformes en cours dans lesdits secteurs", poursuit-elle.
Au vu de ces constats, il apparaît que l’investissement public, même élevé, ne suffit pas à lui seul si les services sociaux, la protection sociale et la qualité du capital humain ne progressent pas au même rythme.
Par ailleurs, le FMI met l’accent sur le levier institutionnel, parce que l’accélération de l’investissement impose un encadrement plus serré des risques, en particulier dans l’architecture budgétaire et le pilotage à moyen terme.
"La mission du FMI salue les progrès réalisés dans le renforcement du cadre budgétaire à moyen terme (CBMT) et dans la gestion de l’investissement public, en particulier les démarches visant l’adoption d’une nouvelle règle budgétaire. Il convient de continuer à fournir les efforts nécessaires pour identifier, quantifier et surveiller systématiquement les risques budgétaires, notamment ceux liés aux établissements et entreprises publics, avec une meilleure communication au niveau du CBMT", conclut la cheffe de mission.
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