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TOURISME

Inondations et Ramadan : dans le Nord, un “double choc” à venir dans le secteur du tourisme

Traditionnellement porteuse pour le nord du Royaume, la période des vacances scolaires en Europe devrait l'être beaucoup moins cette année, en raison d'une conjoncture défavorable selon plusieurs opérateurs. Conjuguées à l'imminence du Ramadan, les inondations ayant touché la région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma menacent de freiner les arrivées espagnoles avec un impact non négligeable dans le secteur de l’hôtellerie.

Ville de Ksar El Kébir inondée par les pluies torrentielles
Ville de Ksar El Kébir inondée par les pluies torrentielles
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Le 11 février 2026 à 17h28 | Modifié 11 février 2026 à 18h13

Depuis plusieurs semaines, des pluies torrentielles provoquent d’importantes inondations dans les provinces du Nord, notamment à Ksar El Kébir, où les autorités locales ont dû évacuer plus de 140.000 personnes. Ces perturbations ont également affecté le trafic aérien et maritime, et ce, au départ et à destination de Tanger et de Tétouan.

Si la situation se stabilise progressivement, l’effet médiatique de ces intempéries a, selon plusieurs professionnels du secteur contactés par Médias24, pesé sur l’image immédiate de la destination. Conséquence, des pertes en termes d’arrivées étrangères et de taux de remplissage hôtelier pointent à l'horizon.

Des dizaines de millions de dirhams de pertes redoutées

"Alors que nous étions sur une tendance encourageante pour le mois de février, avec un bon niveau de réservations en provenance d’Espagne et du Portugal, les perturbations climatiques inédites durant cette période de l’année ont introduit un doute chez plusieurs voyageurs", confie un hôtelier. Ce dernier précise qu’à la veille des vacances scolaires européennes, qui génèrent habituellement un afflux important de visiteurs ibériques vers Tanger, Tétouan, Chefchaouen ou Al Hoceima, un ralentissement important des réservations se fait déjà sentir. Les établissements qui dépendent des marchés voisins en particulier ont été sensibles à la perception du risque climatique et à la fluidité des transports.

Si les annulations se confirment, notre interlocuteur estime que l’impact financier pour la région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma (TTAH) devrait représenter plusieurs dizaines de millions de dirhams de pertes, auxquelles devraient s’ajouter des dépenses relatives aux remboursements des nuitées, aux pénalités d’annulation des groupes de touristes étrangers et, enfin, aux travaux nécessaires pour remettre en état et sécuriser les infrastructures hôtelières abimées par les violentes intempéries.

En citant l'exemple de l’hôtel Marina Smir, proche de Fnideq, dont les salles de réunion inondées ont dû entraîner le report de plusieurs séminaires, notre source veut illustrer l’ampleur et l'impact direct des perturbations sur l’activité MICE (Meetings, Incentives, Conferences and Exhibitions), qui constitue un segment stratégique en dehors de la haute saison.

Ramadan : un facteur saisonnier amplificateur

À cette conjoncture climatique s’ajoute l’approche du Ramadan, période traditionnellement marquée par un ralentissement du trafic étranger dans les destinations musulmanes comme le Maroc.

"Si certains segments comme le city break devraient continuer à fonctionner, de nombreux voyageurs européens, anticipant une modification des rythmes de vie, préfèrent décaler leur séjour en dehors de la période du mois sacré", explique une autre source du CRT de Tanger-Tétouan-Al Hoceima. Pour elle, ce phénomène de désaffection est plus prononcé dans la région conservatrice du nord du Maroc que dans des destinations comme Marrakech.

Combiné à l’épisode climatique actuel, le Ramadan aura, selon l'opérateur, un effet cumulatif. Il devrait entraîner une baisse nationale de plusieurs centaines de milliers d’arrivées étrangères, ainsi qu'une diminution de la fréquence des dessertes aériennes saisonnières, avec des compagnies qui ajusteront leurs capacités en fonction de leur taux de remplissage.

Un épisode conjoncturel qui n’impactera pas la dynamique

Se voulant malgré tout optimiste, notre interlocuteur relativise l’impact de cette séquence conjoncturelle. Il rappelle que le secteur du tourisme marocain reste inscrit dans une trajectoire de forte croissance. "Nous traversons un double choc. Mais dès que la situation météorologique reviendra à la normale et que la période du Ramadan sera passée, la demande devrait repartir à la hausse au printemps".

Il souligne que la capacité de résilience du secteur, plusieurs fois éprouvée depuis la crise sanitaire, pourrait une nouvelle fois permettre de transformer cet épisode difficile en simple parenthèse dans une trajectoire globalement ascendante.

Excluant tout effet à long terme de ces circonstances exceptionnelles sur les flux touristiques, l’opérateur conclut en affirmant que l’excellente gestion des conséquences des intempéries par les autorités locales dans les régions touchées montre que le Maroc reste une destination sûre et attractive pour les touristes étrangers.

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Le 11 février 2026 à 17h28

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