L’économie nationale a enregistré en 2024 un PIB de 1.596,8 milliards de DH (Prix courants)
Avec l'évolution de 0,9% de l'indice général des prix à la consommation atteint en 2024, le pouvoir d'achat des ménages s'est amélioré de 5,1 points contre 1,8 point seulement enregistré en 2023.
Le haut-commissariat au Plan (HCP) a publié, ce lundi 8 décembre, une note d’information sur les comptes nationaux des secteurs institutionnels pour l’année 2024, présentant la séquence complète des comptes non financiers et financiers.
Le rapport fait état d’une forte croissance du produit intérieur brut (PIB) et d’une amélioration du pouvoir d’achat des ménages, soutenues par la progression des revenus, de l’épargne et de l’investissement. Attention, dans ce rapport, le PIB- et donc la croissance- sont en prix courants et pas en prix réels.
Les chiffres publiés en juin dernier relatifs au PIB 2024 sont, eux, en prix réels il ne s’agit donc pas d’une révision du PIB.
Contribution des secteurs institutionnels au PIB et au RNBD
L’économie nationale a enregistré en 2024 un PIB de 1.596,8 milliards de DH, en progression de 7,9% par rapport à 2023.
Les sociétés financières et non financières restent le principal moteur de création de richesse avec 45,7% du PIB, suivies des ménages et institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLSM) (28,4%) et des administrations publiques (14,8%). Les impôts nets de subventions ont également renforcé leur contribution, atteignant 11,1 % du PIB.
Le revenu national brut disponible (RNBD) a progressé de 7,7% pour atteindre 1.709,1 MMDH, porté par la hausse des revenus des sociétés (+8%), des ménages et ISBLSM (+6,9%) et des administrations publiques (+10%). Les ménages et ISBLSM concentrent 63,1 % du RNBD, devant les administrations publiques (20,3%) et les sociétés (16,6%).
Revenu disponible brut des ménages et pouvoir d’achat
Le revenu disponible brut des ménages a progressé de 6,7% en 2024 pour atteindre 1.059,7 MMDH, porté principalement par la rémunération des salariés (45,3 % du RDB) et par la hausse de 10,6% des revenus de la propriété.
Le revenu mixte, incluant l’excédent brut du service de logement, a représenté 39,4% du RDB des ménages et a connu une évolution de 4%.
Par ailleurs, les revenus de la propriété nets ont enregistré une forte progression de 10,6%, ces revenus ajoutés aux prestations sociales et autres transferts nets ont contribué de 32,9% au RDB des ménages.
Toutefois, les impôts sur le revenu et le patrimoine, constitués principalement des impôts sur les salaires, et les cotisations sociales ont contribué négativement de 17,6% à la formation du revenu disponible des ménages.
La consommation finale des ménages a absorbé 89,2% de leur revenu, fixant leur taux d’épargne à 11,3%. Avec une progression de 9,5% des transferts sociaux en nature, la consommation effective a atteint 1.080 MMDH.
Par habitant, le revenu disponible des ménages s’est établi à 28.808 DH, en hausse de 6%, tandis que la faible inflation (+0,9%) a permis une amélioration notable du pouvoir d’achat de 5,1 points.
Formation brute du capital fixe et son financement
L’épargne nationale a atteint 461,7 MMDH en 2024, en hausse de 11,6%, dominée par la contribution des sociétés financières et non financières (60,3 %), suivies des ménages et ISBLSM (26,8%) et des administrations publiques (12,9%).
La formation brute du capital fixe (FBCF) s’est élevée à 422,5 MMDH, en progression de 13,9%, portée par la forte reprise de l’investissement des sociétés (+19,9%), l’évolution positive de la FBCF des ménages (+7,9%) et celle des administrations publiques (+3,2%).
Les sociétés (financières et non financières), ont contribué de 59,2% de la FBCF nationale en 2024. De leur côté, les ménages et ISBLSM ont contribué de 26,1% au lieu de 27,5%, celle des administrations publiques s’est située à 14,7% au lieu de 16,2%.
Le besoin de financement de la nation s’est creusé pour atteindre 18,5 MMDH, soit 1,2% du PIB, en raison notamment du basculement des sociétés non financières vers un besoin de financement et de l’aggravation de celui des sociétés financières. À l’inverse, les ménages ont renforcé leur capacité de financement et les administrations publiques ont réduit leur déficit.
Les sociétés ont assuré 59,2% de l’investissement national, contre 26,1 % pour les ménages et ISBLSM et 14,7 % pour les administrations publiques.
Endettement du secteur des administrations publiques
En 2024, le financement des administrations publiques a reposé sur un recours accru à l’endettement intérieur, avec des émissions du Trésor atteignant 48,8 MMDH contre 40 MMDH en 2023, tandis que l’endettement extérieur a diminué à 19 MMDH. Les titres de créances négociables à l’international ont enregistré un flux net négatif de 9,4 MMDH, contre un flux positif de 24,1 MMDH en 2023.
Les sociétés non financières ont réduit leur recours aux crédits bancaires, à 12,9 MMDH contre 19,9 MMDH en 2023, soit 15,1% de leurs engagements. Les ménages ont légèrement augmenté leur endettement à 13 MMDH, tandis que leurs dépôts ont fortement progressé à 86,8 MMDH contre 66,9 en 2023.
Le secteur des sociétés financières a également limité les crédits accordés, passant de 65,5 MMDH à 41,9 MMDH, mais a vu ses dépôts croître fortement, atteignant 152,3 MMDH contre 88 MMDH en 2023.
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