La 17ᵉ édition du Festival de la culture soufie de Fès remet l’humain au cœur de la quête technoscientifique
La 17ᵉ édition du Festival de la culture soufie de Fès, qui se tiendra du 18 au 25 octobre, explore le thème "Vivre poétiquement, art et spiritualité", avec une ambition de replacer l’humain au cœur d’une époque dominée par la technoscience et redonner à la quête intérieure une portée universelle et collective.
Face à une "technoscience qui devient aujourd'hui prédominante et qui progressivement nous déshumanise", le besoin de spiritualité est plus crucial que jamais. C'est le constat de Faouzi Skali, anthropologue et président du Festival de la culture soufie de Fès, pour qui la réponse se trouve dans une "poésie par les manières de vivre, par un art de vivre".
Le thème de cette année, "Vivre poétiquement, art et spiritualité", incarne cette ambition. "La spiritualité a ce rôle de pouvoir remettre les choses à leur place, au cœur de l'humain", explique Faouzi Skali. Selon lui, si la spiritualité est une expérience "intérieure", elle ne prend tout son sens que lorsqu'elle "s'exprime aussi à travers l'art, la musique, les rituels, et tout ce qu'on peut partager avec les autres". C'est là tout l'enjeu du festival : transformer une quête personnelle en une expérience collective et universelle.
Le choix de Fès comme lieu de ce dialogue n'est pas anodin. "Fès est une ville qui était appelée historiquement la Zaouia", rappelle Faouzi Skali. Pour l'anthropologue, la ville est un "écrin de mémoire vive du sacré" et le festival a pour mission de faire revivre "l'âme de ses espaces et de ses cultures".
L'événement se veut un pont entre les générations et les cultures, une "autre manière de partager cette culture, à la fois avec les nouvelles générations et avec ceux qui viennent aussi découvrir ce Maroc profond". Le programme illustre cette volonté d'ouverture, avec la participation de "grandes écoles du soufisme dans le monde, comme les Qawwali de l'Inde" ou encore une interprète de flamenco qui chantera la poésie d'Ibn Arabi.
Un cheminement spirituel universel
Le festival se définit avant tout comme un "cheminement spirituel". La première soirée, nommée "Hadra", donne le ton : il s'agit de se relier à une présence intérieure, mais aussi à une "transcendance" qui permet à l'humain "d'assumer et de manifester sa verticalité".
Cette quête, loin d'être un simple spectacle, devient une "immersion spirituelle et culturelle" où le public est confronté à un "miroir de l'âme". Faouzi Skali insiste sur le caractère universel de cette démarche, qui s'adresse aux "musulmans, soufis, ou simplement curieux ". Une table ronde sur le "dialogue des religions" avec la participation du cardinal de Rabat viendra d'ailleurs incarner cet "esprit du Maroc", défini comme la capacité à être "enraciné dans une spiritualité et de pouvoir recevoir la spiritualité des autres".
Cette 17e édition marquera un tournant. "Conformément au souhait exprimé par Sa Majesté", le festival célébrera le 1.500e anniversaire de la naissance du Prophète. "C'est la première fois que ça va se faire dans cette expression aussi explicite", souligne Faouzi Skali. Un hommage qui se traduira concrètement lors des concerts : "Tous les samaa qui seront là vont célébrer la louange du Prophète".
Programme du festival
- Samedi 18 octobre
10h00 | Salle de la préfecture Fès-Médina : Ouverture officielle et conférence d'Ahmed Toufiq.
16h00 | Conférence : "Trois mystiques dans le miroir de l'âme : Abû-Hamid al-Ghazâlî, Nizâmî et Rûmî" par Michael Barry.
20h00 | Bab El Makina : Concert d'ouverture "Présence" (Hadra), avec Noureddine Tahiri (Maroc), Nouhaila El Kalai (Maroc) et Curro Piñana (Espagne).
- Dimanche 19 octobre
10h00 | École des métiers d'art Shems'y : Table ronde "La beauté comme pont entre visible et invisible : esthétique soufie et art sacré".
14h30 | École des métiers d'art Shems'y : Vernissage de l'exposition de Manoël Pénicaud : "Interreligiosités marocaines".
16h00 | École des métiers d'art Shems'y : Concert Hamadcha "Shifaa" (Guérison).
20h30 | Bab El Makina : Concert Qawwali avec les "Anwar Sabri Brothers" (Inde).
- Lundi 20 octobre
10h00 | Parc Jnan Sbil Botanique : Instant musical avec Enris Qinami suivi de la table ronde "Rûmî : chanter la beauté du monde, cela est-il encore possible ?".
16h00 | Parc Jnan Sbil Botanique : Concert de Senny Camara (Sénégal).
20h30 | Bab El Makina : Rituel de la Tariqa Qadiriya Boutchichiya (Maroc).
- Mardi 21 octobre
09h30 | Salle de la préfecture : Atelier "Dhikr" (Invocations / Méditation) avec accompagnement musical d'Enris Qinami.
10h00 | Parc Jnan Sbil Botanique : Table ronde "Sciences, spiritualité et écologie : vers une cosmologie réconciliée".
15h00 | Centre les étoiles : Atelier Manochhaya : Initiation à la poésie gestuelle du Bharatanatyam et projection du film "Dancing of the Heart".
20h30 | Bab El Makina : Rituel de la Tariqa Charqawiya (Maroc), avec la participation du groupe Qawwali Anwar Sabri Brothers (Inde).
- Mercredi 22 octobre
09h30 | Parc Jnan Sbil Botanique : Célébration du 44e anniversaire de l'inscription de la Médina de Fès à l'UNESCO, avec une introduction poétique par Louisa Nadour et la projection du film Fès ma belle, ma délicieuse de Jean-Claude Cintas.
16h00 | Parc Jnan Sbil Botanique : Concert "Capella de Ministrers" avec Françoise Atlan et Carles Magraner.
20h30 | Bab El Makina : Concert "Fès, patrimoine universel : les grands maîtres de la musique andalouse" avec Marouane Hajji.
- Jeudi 23 octobre
09h30 | Parc Jnan Sbil Botanique : Atelier "Dhikr" avec Enris Qinami.
10h00 | Table ronde : "Culture, mémoire et spiritualité : le rôle des arts et des sagesses dans la sauvegarde du monde".
18h30 | Salle de la Préfecture Fès-Médina : Concert de musique de chambre Niccolò Paganini par la Fondation Ducci.
20h30 | Bab El Makina : Rituel de la Tariqa Sqalliya (Maroc).
- Vendredi 24 octobre
10h00 | Salle de la préfecture : Table ronde "Soufisme et dialogue des religions".
16h00 | Parc Jnan Sbil Botanique : Concert de musique et poésie hassanie du sud du Maroc.
19h00 | Parc Jnan Sbil Botanique : Comédie musicale "Boudour wa Joussour : la huppe et les douze oiseaux".
- Samedi 25 octobre
10h30 | Salle de la préfecture : Table ronde "Sami Ali, hommage aux poètes soufis".
16h00 | Parc Jnan Sbil Botanique : Atelier "Le langage des parfums", suivi de chants féminins du Melhoun avec Nouhaila El Kalai et Abdou Amri.
20h30 | Bab El Makina : Soirée de clôture : Création musicale "La passion d'El Harraq".
à lire aussi
Article : Le Maroc face au risque d’une inflation alimentaire diffuse et composite
Alors que les instances internationales s'inquiètent d'un nouveau choc systémique mondial lié aux tensions géopolitiques, le Maroc navigue entre une campagne agricole prometteuse et des goulots d'étranglement logistiques nationaux. Si le blé tendre reste sous protection, les filières animale, sucrière et oléagineuse demeurent exposées à une inflation de second rang et à une saturation portuaire qui grignote les marges de manœuvre. Analyse.
Article : Pourquoi le taux d’inflation ne reflète pas toujours le vécu des ménages
Au Maroc, l’inflation ralentit, mais les ménages continuent de ressentir la hausse des prix et la pression sur leur pouvoir d’achat. Cet écart vient surtout d’une lecture incomplète du taux d’inflation, ainsi que de la nature même du panier représentatif utilisé pour mesurer l’évolution des prix.
Article : Intelcia : Karim Bernoussi et ses partenaires reprennent 100% du capital, sortie d’Altice
Le 28 avril, les deux cofondateurs du groupe, Karim Bernoussi et Youssef El Oufir, doivent finaliser le rachat des 65% du capital détenus par le groupe Altice, dont ils n'avaient conservé que 35% lors de l'entrée du partenaire français en 2016. Une opération qui redonne à ce fleuron de l'économie marocaine sa pleine liberté de manœuvre, au moment précis où son secteur est traversé par la déferlante de l'intelligence artificielle. Karim Bernoussi, PDG du groupe, était l'invité du 12/13 de Médias24.
Article : L’Oukaïmeden, station d’hiver et espace culte de transhumance
Alors que l’Oukaïmeden est appelé à devenir une station touristique quatre saisons à l’horizon 2027, l’anthropologue Mohamed Mahdi rappelle que ce territoire ne peut être réduit à un site de loisirs. Agdal pastoral, espace de transhumance, réservoir de biodiversité et patrimoine culturel amazigh, l’Oukaïmeden impose une approche de développement intégrée, capable de concilier tourisme, pastoralisme et préservation des équilibres sociaux et écologiques.
Article : La météo pour le lundi 27 avril 2026
Voici les prévisions météorologiques pour le lundi 27 avril 2026, établies par la Direction générale de la météorologie.
Article : Plan d’aménagement de Marchica : un nouveau souffle socio-économique pour Nador et Beni Ensar
L'aménagement de la lagune de Marchica s’apprête à un nouveau chapitre. Au-delà des avancées de la première phase, il dessine une nouvelle transformation urbaine et touristique d'ampleur, de Nador à Beni Ensar, jusqu'au village d'Arkman. L’enquête publique s’est achevée vendredi.