Agrumes : “Le volume d'export dépendra en premier lieu des prix à l’intérieur” (source professionnelle)
Les premiers signaux de la campagne exportatrice des agrumes laissent entrevoir une dynamique proche de celle de l’an dernier. Les volumes exportables dépendront surtout de l’arbitrage entre les prix du marché local et ceux de l’international.
Selon une source professionnelle jointe par Médias24, la campagne exportatrice d’agrumes s’oriente vers une trajectoire proche de celle de l’année précédente.
"Pour ce qui est des oranges, les exportations avaient atteint environ 80.000 tonnes l’année dernière. Les perspectives actuelles laissent penser que les volumes pourraient se situer dans une fourchette de 80.000 t à 100.000 t cette année. Toutefois, il est encore trop tôt pour établir une projection définitive", explique notre source.
Il convient de préciser que le volume des exportations dépendra avant tout de l'attractivité du marché local.
"Si les prix intérieurs s’avèrent plus attractifs que ceux de l’export, une partie de la production sera absorbée par la consommation nationale, ce qui réduira d’autant les quantités dirigées vers l’international", poursuit-il.
Par ailleurs, la Nadorcott continue de gagner en importance, mais la campagne actuelle est marquée par un calibre plus petit des fruits. Ce phénomène résulte directement des conditions climatiques et de la sécheresse, et touche toutes les variétés de petits fruits.
"Un calibre réduit pose problème pour les exportations, certains marchés étrangers ayant des exigences strictes sur la taille du fruit. Dans ce contexte, la compétitivité de la clémentine par exemple dépendra encore une fois du rapport de prix entre marché intérieur et marché extérieur. Si la demande locale compense le handicap du calibre, les producteurs privilégieront le marché marocain", précise notre interlocuteur.La faiblesse de la campagne en Espagne et en Turquie crée un contexte plus favorable pour le MarocUn élément favorable pour le Maroc réside toutefois dans la situation de ses principaux concurrents. L’Espagne et la Turquie, acteurs majeurs sur ce segment, connaissent cette année une campagne difficile.
"Cette contre-performance ouvre une fenêtre d’opportunité pour les exportateurs marocains, qui pourraient en tirer profit pour augmenter leurs ventes ou obtenir des contrats plus rémunérateurs. En 2023-2024, le Maroc avait expédié près de 630.000 t d’agrumes, toutes variétés confondues. Pour cette nouvelle campagne, le scénario le plus réaliste est celui d’un maintien à un niveau similaire, sans progression significative mais sans recul majeur non plus", conclut notre source.
Exportations d'agrumes : à ce stade, il est difficile de prévoir
Les prévisions de Morocco Foodex annoncent une campagne exportatrice 2025-2026 globalement en hausse, avec un total d’exportations estimé à 669.386 t, soit une progression de 10% par rapport à la campagne précédente (610.573 t).
Dans le détail, les volumes projetés indiquent une forte hausse des exportations d’oranges, qui devraient atteindre 132.616 t, en progression de 51%. La clémentine Nour suivrait la même tendance avec 36.820 t, soit une augmentation de 35%.
Les clémentines classiques progresseraient également pour atteindre 199.450 t, en hausse de 16%. En revanche, la Nadorcott afficherait un recul, avec une prévision de 300.500 t, ce qui correspond à une baisse de 7% par rapport à la campagne 2024-2025.
Sur le plan régional, les projections placent le Souss comme premier pôle exportateur avec près de 428.000 t, dont 191.000 t de Nadorcott et plus de 114.000 t de clémentines. Marrakech suivrait avec 86.400 t, puis le Gharb avec 57.800 t, l’Oriental avec 45.500 t et, enfin, Béni Mellal avec 52.000 t.
Toutefois, ces estimations doivent être considérées avec nuance. Les chiffres avancés ne sont pas définitifs et restent tributaires de nombreux facteurs, notamment la taille des fruits et l’évolution des prix sur le marché intérieur. Autrement dit, il est encore prématuré d’affirmer avec certitude que les volumes atteindront les niveaux annoncés.
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