Justice. Les grands procès de la rentrée
Des batailles juridiques de haut vol : entre conflits commerciaux, accusations de corruption et drames personnels, la rentrée judiciaire promet des procès captivants.
À l'occasion de la rentrée judiciaire, plusieurs procès majeurs retiennent l’attention. Certains contentieux opposent de puissantes multinationales. D’autres mettent en cause des personnalités politiques de premier plan, soupçonnées d’avoir trempé dans des affaires de trafic ou de corruption.
À côté de ces dossiers emblématiques, d’autres procès à dimension humaine rappellent la dure réalité de certaines violences.
Médias24 suit de près ces procédures. Voici un panorama des grands procès en cours ou imminents, qui marqueront cette rentrée judiciaire.
Procès super-médiatisés
> L’affaire Bioui-Naciri : un procès sous haute tension
C’est sans doute l’un des procès les plus médiatisés de ces derniers mois. Abdenbi Bioui, ex-président de la région de l’Oriental, et Saïd Naciri, figure politique et ancien président du Wydad de Casablanca, sont accusés d’avoir pris part à un vaste réseau de trafic international de drogue.
Les deux hommes, aux côtés d’une dizaine de coprévenus, répondent de multiples chefs d’accusation : exportation illégale de stupéfiants, faux et usage de faux, escroquerie, trafic d’influence et association de malfaiteurs.
Les audiences, tenues à la cour d’appel de Casablanca, ont vu défiler des témoins clés. Certains sont très attendus. Il s’agit notamment de Latifa Raâfat, ex-épouse de Hadj Ahmed Ben Brahim, surnommé “Escobar du Sahara”.
Les débats sont alimentés par des révélations sur des transactions immobilières suspectes, des flux financiers considérables et des écoutes téléphoniques controversées.
La prochaine audience, la première de la rentrée, est prévue le 18 septembre.
> Bank of Africa vs Babour Sghir
Ancien député, Babour Sghir est poursuivi aux côtés de M’fadel El Halaissi, ex-directeur général délégué de Bank of Africa, et d’autres prévenus. Ils sont accusés de corruption, détournement de fonds publics, escroquerie et association de malfaiteurs.
Condamnés en juillet 2024 à des peines allant de deux à huit ans de prison ferme, ils ont interjeté appel. Mais la procédure piétine. Ouverte en octobre 2024, elle a été reportée à plusieurs reprises, retardant l’examen du fond. Babour Sghir reste par ailleurs impliqué dans d’autres affaires judiciaires.
> Turbo devant les juges
Reda Abakrim, connu sous le nom de “Turbo”, fait face à deux procès distincts, tous deux liés à des accusations de meurtre. Le premier concerne l’assassinat de Réda Faras, ex-mari de la chanteuse marocaine Rym Fikri. Jugé en première instance, ce dossier connaît une forte couverture médiatique en raison de la notoriété de la chanteuse.
Le second procès porte sur le décès d’un jeune homme en France. Il est examiné en appel, avec une audience programmée le 15 septembre. Dans les deux affaires, la gravité des accusations et les conditions violentes des faits reprochés nourrissent une forte attente de justice.
Enjeux commerciaux
>Oppo vs Renault : la marque “Reno”
Dans cette affaire, le constructeur automobile français, Renault, conteste l’utilisation par le fabricant chinois de smartphones, Oppo, de la marque “Reno” au Maroc. Estimant qu’il y a confusion avec son propre nom, le constructeur automobile réclame la déchéance de la protection de cette marque internationale déposée par Oppo.
Le 28 avril 2025, le tribunal de commerce de Casablanca a prononcé la déchéance de l’“extension de la protection au Maroc de la marque internationale Reno”, déposée le 7 mai 2019 par Guangdong Oppo Mobile Telecommunications.
Mais Oppo a fait appel. Et la prochaine audience est prévue à la mi-septembre. La défense de Renault est attendue pour répondre au recours d’Oppo.
> L’affaire Baricitinib : demande d’annulation du brevet
Depuis deux ans, l’ONG ITPC Mena conteste la validité du brevet du Baricitinib, un médicament utilisé notamment dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde. L’affaire est portée devant le tribunal de commerce de Casablanca.
Mandaté par la justice, le professeur Ahmed Essadki a livré une expertise favorable à la brevetabilité du produit, ce qui va à l’encontre de la requête de l’ONG.
Le jugement a été mis en délibéré et devrait être rendu d’ici la fin du mois de septembre.
> Artemis vs Juridia : un duel autour des bases juridiques
Artemis, éditeur marocain de contenus juridiques, accuse la société Aritale Maroc Sarl d’avoir plagié sa base de données pour développer Juridia, un système dopé à l’intelligence artificielle.
L’affaire, portée devant le tribunal de commerce de Rabat depuis avril 2025, a déjà donné lieu à plusieurs audiences.
Artemis demande l’arrêt immédiat de la distribution et de la promotion de Juridia, ainsi qu’un dédommagement financier. La prochaine audience est fixée au 17 septembre.
Ce litige illustre la montée en puissance des contentieux liés à l’innovation numérique et à la propriété intellectuelle.
Des procès attendus
Deux affaires particulièrement sensibles sont encore au stade de l’instruction, mais pourraient donner lieu à des procès prochainement.
> Drame d’El Jadida
La première est celle du jeune Bachir, 13 ans, victime d’agressions sexuelles collectives à El Jadida en août dernier. L’instruction est en cours et le procès peut démarrer à tout moment.
> L’empire Harroch devant les juges
La seconde concerne Jonathan Harroch, incarcéré à Oukacha depuis octobre 2024 pour traite d’êtres humains.
Outre cette procédure pénale, en cours d’instruction, plusieurs procédures civiles et commerciales sont en cours ou ont été tranchées contre des sociétés qui lui sont affiliées.
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