Black Eyed Peas, Caravan Palace, Nubya Garcia : Jazzablanca clôt son premier week-end en apothéose
De la finesse du jazz au déferlement pop, Jazzablanca a vécu samedi soir l’un de ses moments les plus intenses. Nubya Garcia a livré un set délicat et habité, Caravan Palace a fait danser le public avec son électro-swing déjanté, avant que les Black Eyed Peas ne fassent basculer Anfa Park dans une euphorie collective.
Casablanca, 5 juillet 2025. Troisième soir, et l’air d’Anfa Park vibrait déjà bien avant les premières notes. Sur l’asphalte encore tiède, les gens affluaient par vagues, entre rires et éventails improvisés, portés par cette promesse unique que sait offrir Jazzablanca : celle de s’évader, ensemble. Le soleil tombait doucement, et dans la lumière dorée de ce samedi d’été, Casablanca retenait son souffle.
C’est Nubya Garcia qui l’a libéré la première. Saxophone en main, présence calme mais magnétique, la Londonienne a livré un set à fleur de peau. Entre jazz contemporain, soul profonde et éclats caribéens, sa musique glissait dans l’air comme une caresse. Tantôt mélancolique, tantôt volcanique. Parfois presque chuchotée, parfois criée. Une respiration essentielle au cœur de l’agitation. Dans le public, des yeux se ferment. Des visages s’inclinent. Et chaque silence entre deux notes semble dire plus que les notes elles-mêmes.
Puis la tension remonte. Les basses s’épaississent. Et soudain, une décharge : Caravan Palace entre en scène. Le collectif parisien, maître d’un électro-swing aussi barré qu’élégant, transforme la grande scène Casa Anfa en dancefloor rétro-futuriste. Depuis 2008, ils mélangent house vintage, swing des années folles et pulsations électroniques avec un goût certain pour le spectacle. Sur scène, ça bouge, ça explose, ça respire. Chorégraphies fluides, énergie contagieuse, humour et précision. Le public entre dans la danse sans réfléchir. Des cercles se forment, des mains se tendent, des cris éclatent. Ça vit, ça pulse, ça s’embrasse presque.
Mais rien ne pouvait vraiment préparer à ce qui allait suivre.
Il est un peu plus de 23h quand une vague traverse le parc. Black Eyed Peas. Légendes. Monument planétaire de la pop urbaine. Et Casablanca est prête. Dès les premières secondes de Let’s Get It Started, les corps explosent. La foule, plus de 10.000 personnes, se transforme en mer de bras levés, de refrains hurlés, de regards complices. Enchaînant tube sur tube, les Black Eyed Peas déroulent un show sans relâche : Boom Boom Pow, Don’t Stop the Party, Where Is the Love?. Chaque morceau devient un cri collectif. Une euphorie partagée. Les sourires se croisent, les épaules dansent, personne ne regarde sa montre.
Et puis vient le sommet : Pump It, I Gotta Feeling, et tous les classiques attendus. Final grandiose, apotheose absolue. Casablanca s’élève, littéralement. Des cris, des larmes, des bras tendus vers le ciel. Ce n’était pas juste un concert : C’était un moment, une claque, une communion.
Ramener les Black Eyed Peas ici, à Jazzablanca, c’est plus qu’un coup d’éclat : C’est une affirmation. Celle d’un festival qui grandit, qui ose, qui sait offrir à sa ville des nuits plus grandes qu’elles. Et qui, ce soir-là, a fait danser Casablanca jusqu’à l’oubli.
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